L’adage veut que l’on ait qu’une seule chance de faire une bonne première impression. Message reçu par les filles du Saint-Grégoire RMH pour cette ouverture à domicile, une semaine après s’être nettement imposées à Pessac. Tous les ingrédients réunis, en prime, avec un adversaire de premier rang, de l’ambiance et trois points ! 2026-2027 est bel et bien lancé et à plutôt une belle « gueule »…
Ici c’est Saint-Grégoire…
L’entame de match est pourtant plutôt à l’avantage des « Volcaniques », revanchardes après s’être inclinées deux fois sur quatre la saison passée face aux Bretonnes. Bien que privées de trois joueuses, ayant toute évolué en D1, les Auvergnates mettent les bons ingrédients et allument fort.
Ema Cordier inscrit le premier but de la saison à domicile mais pour Lisa Stritt, dont c’était la première à domicile, les premiers ballons sont surtout à récupérer au fond des filets malgré trois premiers arrêts dans les dix premières minutes. Logiquement, Clermont vire en tête au bout de 13 minutes (6-9).
Oui mais voilà, comme le chante l’inoxydable Max dans une Ricoquais bruyante malgré la petite chambrée du soir, « Ici c’est Saint-Grégoire… ». Du coup, les « Rose et Noir » répondent à leurs adversaires du soir avec sérénité.
Avec autorité également, talent mais surtout une cohésion collective assez épatante après seulement quelques semaines de vécu commun. Les voilà qui recollent d’abord au score en à peine deux minutes (10-10, ) avant de s’échapper et de faire un premier écart (15-12, 25′).

Les tirs puissants d’Alice Monteillet, les jumps et l’adresse de Siham Aït-Mohou et les arrêts de Lisa Stritt avec une défense qui pose les barbelés font vaciller les favorites de la D2 et Saint-Grégoire, qui a pris la main au score, ne la lâche plus. A la pause, le SGRMH est logiquement devant (17-15).
Une seconde période presque parfaite
Au retour des vestiaires, Eden Dumoulin et ses coéquipières sont bien décidées à ne pas laisser Clermont rêver à un retour. Mieux, très vite, l’écart se creuse et grimpe à +5 pour les locales (40′ 24-19). Avec des automatismes et des circuits déjà très bien huilés mais aussi une densité dans l’effort épatante, les Bretonnes impressionnent.

En pivot, Azilis Vidie et Justine Raulo, chacune dans son style, font la loi dans le secteur intérieur tandis qu’Ema Cordier et Candie Le Gonidec brillent à leur tour aux ailes. Dans son but, en plus de marquer une fois de loin dans le but vide, Lisa Stritt régale avec 12 arrêts pour sa première, étant élue joueuse de la rencontre. La soirée est parfaite pour les championnes de France 2026 qui abordent le dernier quart d’heure nettement en tête ( 27-22, 47′).
La raison d’un petit relâchement coupable, comme à Pessac ? Peut-être mais sans dommage réel, Clermont n’ayant pas la profondeur de banc pour réellement remettre en cause un succès local logique et incontestable. Juste réduire la marque pour terminer à quatre unités (33-29).
Cependant, la répétition de ces minutes sans n’échappe pas au coach Romain Corre : » C’est un petit bémol à mes yeux s’il faut en trouver un, nous devons savoir gérer l’environnement d’un match, c’est la loi du haut niveau et on va réfléchir tous ensemble sur cela. Sur ce match, c’est là où l’on peut faire mieux. »
L’exigence, comme trait caractéristique du Finistérien, nous connaissons mais celui-ci souligne surtout la belle prestation de son équipe : « Le début de match et les ingrédients mis par Clermont nous oblige à y être tout de suite. Nous avons su prendre la mesure du jeu, en étageant un peu plus en défense et en trouvant des espaces.
Nous avons pu monter les ballons et c’était vraiment pas mal. En deuxième mi-temps, on redémarre bien et on peut profiter du scénario pour faire des rotations. » Une histoire écrite avec talent par ses joueuses : « La force des filles a été dans la gestion, sans paniquer. Elles ont été lucides en attaque et justes en défense. C’est là où nous faisons l’écart.
C’est un vrai plus et chapeau aux filles d’avoir géré ça. On ne va pas bouder notre plaisir, on savait que ce serait l’un des plus gros match que l’on a au programme cette saison et le gagner comme ça, nous aurions signé tout de suite ! ».

L’exigence pour viser plus haut
Deux matchs, deux victoires donc pour le SGRMH, dans les temps de passage et en progrès par rapport à Pessac : « L’équipe est montée en régime sur la justesse du jeu, sur l’aspect défensif et la solidarité. Nous nous sommes faites bouger à sept contre six le semaine passée et là, nous avons réussi à répondre au même défi du 6 contre 7. Avoir su gérer cette problématique, c’est une autre satisfaction de cette soirée. »
« Les recrues ? Elles n’ont pas toutes joué, on a hésité à les faire entrer mais à seize, quand ça tourne bien, ce n’est pas toujours facile de faire tourner tout le monde mais bien sûr qu’elles joueront, il n’y a aucun souci, tout le monde travaille bien. Dans les rotations, tout le monde aura son mot à dire. »
Déjà en haut du classement, les « Rose et Noir » se déplaceront samedi à Montpellier « avec appétit et le bonheur de jouer à Bougnol, une salle mythique. Un rendez-vous génial où il ne faudra pas être spectatrices. » Forte d’un statut de favorites ? « Nous y allons sans statut, coupe le coach, juste avant l’envie de gagner, comme à chaque match.
On ne se pose pas la question d’un statut. On bosse sur notre projet, être sur le podium et construire l’équipe pour aller au plus haut niveau. Pour ça, à nous de nous appliquer sur chaque entraînement, chaque action, chaque match. L’ambition à terme se prépare dès maintenant. »
Les promus Héraultaise sont prévenues, Saint-Grégoire ne viendra pas pour faire des selfies !




