De retour du côté de Colette Besson deux ans après son départ, Ewan Le Carour, 24 ans, revient avec l’envie de chasser les doutes et de se relancer dans le club qui le révéla il y a quatre ans. Un pari où chacun a clairement tout à gagner !
Matinée d’entraînement, en phase de préparation. Alors qu’il est midi passé et que certains camarades sont déjà partis, Ewan Le Carour enchaîne les tirs à distance, avec une réussite insolente. Le look n’est plus le même : « J’aime en changer, régulièrement », s’amuse l’intéressé.
Les cheveux sont longs, deux boucles d’oreilles dorées brillent mais surtout, le bras télescopique est déjà parfaitement réglé à longue distance : « A l’entraînement, les sensations sont bonnes, c’est vrai que ça rentre souvent. Maintenant, il faudra aussi le faire en match… »

Deux années riches d’enseignements à Vitré
Deux ans après son départ chez le voisin vitréen, l’arrière formé à Quimper retrouve donc le club qui l’a révélé en Nationale Une après être passé par l’antichambre du Rennes PA : « J’ai démarré avec Bastien en N2 puis j’ai intégré l’équipe URB notamment lors de la seconde saison avec Pascal Thibaud. Je garde évidemment un très bon souvenir de cette période. J’étais jeune, j’avais du temps de jeu et j’ai pu gagner en expérience. »
Bastien Demeuré prend alors la tête de l’équipe, pense pouvoir compter sur sa valeur montante mais l’Aurore de Vitré chipe l’un des chouchous de Colette Besson au coeur de l’été : « La proposition qui m’a été faite était difficile à refuser, sur tous les plans, que ce soit sportif, économique ou dans le moyen terme. Je sentais que c’était le moment pour moi de voir autre chose et j’ai dit oui. »
Du côté de la Poultière, deux années passées, tout en contraste, avec une première où le temps de jeu est là et une seconde où il l’est moins. Au-delà des statistiques et jugements allant avec, le joueur rembobine : « Là-bas, j’ai connu un basket différent. En deux ans, j’ai côtoyé pas loin de 20 joueurs alors qu’à Rennes, un noyau dur restait, chaque année. La seconde année, nous n’étions que deux à rester et on m’a confié le brassard.
C’était une bonne expérience, qui m’a appris et permis de mûrir mais c’est surtout au quotidien, avec d’autres méthodes, que j’ai pu m’enrichir. »
Pas meilleures, pas moins bonnes, juste différentes. Celles-ci étoffent la palette d’un garçon encore jeune : « Je pense avoir progressé sur mon bras, avec plus d’adresse à trois points, en essayant de faire un point fort de cet aspect du jeu. Défensivement, le projet de jeu était différent. Nous avions une défense de zone, un système différent. Bastien ou Pascal, auparavant, optaient plus sur une individuelle, très physique. A Vitré, je ne m’y suis pas toujours retrouvé. »

Un retour inattendu
Au point d’avoir un joueur en perte de vitesse dans sa progression ? : « En compétition, j’ai été moins bon, je l’accepte mais grâce au travail de la semaine, j’ai aussi élargi ma palette, beaucoup progressé au quotidien, y compris sur l’aspect mental.
J’ai compris l’importance de la visualisation, de comprendre ma position dans le mouvement et ce que je dois en faire. J’ai tout de même pris part à 80 matchs en deux ans et cela compte. Je pense sincèrement revenir plus fort qu’il y a deux ans. »
Un retour inattendu, qui ravit le public de Colette Besson mais peut surprendre, si tôt dans le timing. Après Quimper, Rennes et Vitré, retour dans la capitale, donc : « Je ne fais pas une priorité de rester en Bretagne, mon sac était prêt pour aller ailleurs aussi, s’amuse le joueur. Au printemps, le club m’a signifié qu’il ne comptait pas sur moi pour la suite.
Dans l’intérêt de tous, il était mieux que l’aventure s’arrête là. Il a alors fallu des offres, des possibilités, mais celles-ci ne sont pas venues… La vérité, c’est que je n’avais rien puis l’URB m’a contacté. Nous avions toujours gardé le contact avec Bastien, en échangeant de temps à autre. »

La donne est alors simple. Alors qu’elle vient de perdre Johan Randriamanjara, la formation rennaise doit se renforcer. Le coach confirme : « Je souhaitais un joueur qui connaissait la N1 et encore mieux, notre club. Y avoir joué, comme pour Ewan, était alors l’idéal. »
Rapidement, les contacts sont établis et les bases du défi à venir posées : « Je connais bien Ewan et son fonctionnement, et lui le mien. Il a tout à gagner en relevant le challenge et nous aussi. Ses qualités sont toujours là et sa main s’est même améliorée. Je suis certain que l’on va vivre quelque chose de très intéressant ».
« Etre la bonne surprise de la saison »
Même son de cloche du côté du joueur, ravi de retrouver une ville qu’il a appris à aimer et un coach qu’il avait surtout connu comme adjoint : « Bastien a des méthodes très intéressantes. C’est une nouvelle relation avec lui, il était très proche de nous quand il était assistant.
Aujourd’hui, sa fonction l’amène à mettre plus de distance mais il reste proche de nous, comprend nos codes et sait nous parler, nous challenger. Il a sa vision basket, c’est un passionné et c’est toujours génial d’écouter et de suivre ses conseils. »
Sur son retour à Rennes, le joueur est pleinement optimiste : « J’aime beaucoup cette ville à l’environnement très favorable. Le club, depuis mon départ, a encore progressé et se structure de plus en plus, sur comme en dehors du terrain. Nous sommes partis sur un contrat de deux ans, évolutif au bout de la première année où j’ai tout à prouver.
C’est le jeu, à moi de tout faire et de prouver que j’ai ma place, que je peux apporter et devenir un joueur majeur de cette équipe. Dans le jeu, on m’attend au shoot à distance, dans la défense bien sûr et efficace dans la rotation sur un poste où on a la qualité. »
Revenu avec le plein d’humilité mais aussi de détermination et de confiance en lui, Ewan Le Carour Version 2 entend bien faire parler de lui ballon en main, sans complexe ni rancune vis-à-vis d’un milieu qui lui a tourné le dos quelques mois : « C’est ainsi, nous sommes nombreux à vouloir évoluer à ce niveau et les places sont chères. Il faut bosser, se taire, apprendre et prouver une fois sur le terrain. Il n’y a aucun passe-droit et à moi maintenant de tout faire pour être la bonne surprise de cette saison. » Une envie partagée de tous, à vérifier très bientôt du côté de Colette Besson




