Ainsi va la vie du sport de haut niveau, faite d’arrivées et de départs dans chaque club, chaque été. Certains marquent plus que d’autres et après l’arrêt d’Alexandre Guéroult et Vincent Wenger notamment la saison passée, quatre « Historiques » s’en vont cet été. Cela méritait bien un petit salut !
Alexis François
Le plus ancien des quatre, revenu au REC en 2019 après être passé par Narbonne et Lyon, raccroche donc, deux ans après son frère Romuald, avec qui il aura ainsi pu évoluer au plus haut niveau avec son club formateur. Evoluant au centre ou à l’aile, il cumule plus de 100 apparitions sous la tunique « Noir et Blanche » et aura brillamment participé à la montée en puissance de son club avec les deux titres de champions de France au palmarès, ce après une rupture des ligaments croisés, mais surtout, une contribution à la vie de groupe, au quotidien.
Sur le site officiel du club, Vincent Bréhonnet souligne un rôle toujours tenu avec justesse : « Alexis a toujours tout donné pour le collectif. Au détriment même de sa santé parfois, ce qui le pousse à arrêter. Merci à lui pour tout ce qu’il a apporté au REC. Je lui ai déjà dit un certain nombre de fois, il va beaucoup manquer à mon quotidien. »
Un quotidien à venir sans le rugby, la faute à un corps sacrifié au combat et aujourd’hui meurtri, comme le souligne Kévin Courties :« C’est l’archétype du rugbyman qui a mené son corps loin, trop loin pour le club. » Si sur le terrain, nul n’est irremplaçable et une solution peut toujours se trouver, dans les vestiaires, ce sera autre chose avec un garant de l’esprit REC en moins.

Ryan Dubois
Un combattant, talentueux et une tête bien faite, pour qui l’après est déjà assuré, direction la gestion de patrimoine et le courtage en crédit : Ryan Dubois a livré ses derniers combats sur les terrains de rugby lors de ce printemps 2026. Arrivé au REC à 21 ans, après être passé par La Rochelle et Agen, le demi-centre, parmi les capitaines désignés malgré lui, va lui aussi beaucoup manquer à un groupe qui voyait en lui un totem, un guide.
Chez nos confrères de Ouest-France, Kévin Courties déclare à son sujet : « S’il y avait une équipe-type à faire sur les 20 dernières années, Ryan serait certainement titulaire. Il a été acteur, avec deux titres et une descente. Il a tout assumé la tête haute. » En Bretagne depuis 2018, il aura accompagné la montée en puissance du club participant aux bons comme moins bons moments.
Joueur polyvalent, capable d’affronter n’importe quel adversaire droit dans les yeux, il arrête ainsi à seulement 29 ans, heureux cependant, de son choix, là aussi dicté par une usure physique. Un arrêt avant d’être obligé de dire stop ou comment choisir sa sortie en étant tout en haut. Chapeau, l’artiste !
Lucas Ollion
Un sacré personnage ! Joueur talentueux, arrivé des équipes jeunes du RC Vannes, Lucas Ollion, demi de mêlée, arrivé au départ pour un prêt dans l’optique de s’aguerrir, aura passé sept ans dans la capitale bretonne, avec un paquet de souvenirs à la clé, deux titres de champions de France et des moments uniques, sur comme en dehors du terrain. Polyvalent, imprévisible, ce pur talentueux n’en a pas fini avec l’Ovalie et jouera l’an prochain en Suisse, du côté du Servette Genève.
Un nouveau défi pour un garçon salué par son coach : « Un Breton, pur, pas toujours dur sur les déboulés tongiens bord de touche mais suffisamment courageux pour se mettre en face. Du talent plein les pieds et les mains avec une tête bien faite. Luch’, c’est à la fois de la détermination et beaucoup de »conneries ». Mais attention, on parle ici de la vraie »connerie », celle qui soude un groupe autour d’une expression, d’une image ou d’un morceau de guitare, un élément essentiel des dernières années. »
Sur le site officiel, même tendance côté partenaire, avec Vincent Wenger : « Lucas, c’est d’abord un cœur énorme qui s’engage toujours à 100% et s’implique totalement lorsqu’il t’accorde sa confiance. En tant que joueur, j’aime à dire que c’est un vrai »barbecue » : quand les braises sont enflammées il peut atteindre un niveau exceptionnel. C’est un génie honnêtement. Cela lui a déjà porté préjudice mais si les braises sont bien chaudes, il est injouable. ». Pas de doute, la Suisse n’est pas encore prête !

Alexandre Fau
Au premier coup d’œil, lors du premier match la saison prochaine, il manquera, inévitablement. « Il », c’est ce casque rouge, si identifiable de loin, bien souvent au cœur des combats. Celui d’Alexandre Fau, talonneur au talent de scoreur de premier plan, acharné de travail et leader dans l’âme, devenu breton de cœur. Débarqué à Rennes en 2018 à 23 ans, reparti une saison puis revenu, il a bien sûr pris part et fortement contribué aux deux titres de champions de France Récistes mais aussi marqué de son talent son passage rennais.
Auteur de 20 essais en « Noir et Bleu », son altruisme restera autant que les stats, comme en témoigne sur le site officiel du club Luvuyo Pupuma (2021-2023 au REC), aujourd’hui à Nice : « Je veux remercier Alex pour tout ce qu’il a fait pour moi, on a vécu de très belles choses ensemble, un titre de champion, des séances quotidiennes à Basic-Fit, des voyages, il m’a fait découvrir la France. C’est un très bon mec, doublé d’un très bon joueur avec une carrière remarquable. Je lui souhaite le meilleur pour la suite, avec sa famille. Sincèrement merci à lui. »
Même son de cloche du côté du coach, qui perd un relais précieux : « Alexandre avait un gabarit non adapté au poste mais une générosité exacerbée au service du projet collectif. Je trouve qu’il incarne aussi cette capacité à se mettre en danger pour maintenir l’équilibre du jeu. C’est un artisan majeur des deux titres et de la reconstruction de l’équipe après la descente en Nationale 2. Alexandre rentre chez lui pour fuir son vrai amour avec la Bretagne… Ça le rattrapera ! » Si besoin de retrouver la terre promise, le REC sera en tout cas sa maison tout indiquée !





