Handball – D2F : Saint-Grégoire s’offre sa finale en dominant Vaulx (32-26)

Alice Monteillet reçue 6 sur 6, n'a pas ménagé ses efforts @Crédit photo JRS

Un nul suffisait, voire une défaite avec au maximum deux buts d’écart, et moins de 32 buts encaissés… La donne était claire et surtout accessible pour ce Saint-Grégoire 2025-2026, à soixante minutes d’une finale de championnat au goût si particulier. Si beaucoup l’ont oublié, l’an passé à pareille époque, les « Rose et Noir » bouclaient leur saison reléguées sportivement et ne furent sauvées administrativement que quelques semaines plus tard.

Que de chemin parcouru cette saison pour les filles de Romain Corre, premières de la saison régulière, sans faire de détails et prolongeant une invincibilité démarrée à domicile le 1er mars 2025 sur toute la saison, avec treize victoires de rang dans une Ricoquais devenue imprenable. Malgré sa résistance à l’aller (30-32) et une très bonne première période, les banlieusardes lyonnaises n’ont pas fait mieux que les autres et ainsi subi la loi bretonne.

Quelqu'un sur le toit

Un premier acte au coude à coude

Dans une salle bondée, le premier acte est pourtant très disputé. Chacune des deux équipes a du répondant et personne ne se détache : « On a senti des filles qui voulaient, à tour de rôle, montrer qu’elles étaient là, confirme Romain Corre. On ne passe pas à côté mais on encaisse un peu trop de buts, sans réussir à prendre le dessus, dans un combat qui ressemblait à celui du match aller. « 

Parfois en tête, les visiteuses posent les soucis mais les « Rose et Noir » et notamment Alice Monteillet avec un gros 4/4 dans le premier quart d’heure, donnent la réplique (9-8, 15′). Le match est intense, les gardiennes inspirées de chaque côté avec six arrêts pour Marie Pouliquen et cinq pour Tea Marinovic et après avoir eu deux buts d’avance (10-12, 22′), les Rhodanienne encaissent une première déflagration sur le Money Time.

Ayant réglé la mire offensivement et fermé les vannes en défense, les Grégoriennes passent un 5-2 qui permet d’éviter le doute et de rentrer aux vestiaires avec une petite unité d’avance (15-14).

Justine Raulo et les Grégoriennes prolongent leur série de victoire à domicile @Crédit Photo JRS

Et la foudre tomba…

Si l’entame de match avait été timide, le retour des vestiaires côté SGRMH est tonitruant : « Au repos, je n’ai pas eu à élever la voix ou autre mais nous avons parlé, ensemble, et réajusté certaines choses… ». Le résultat est éclatant, et sans appel. Sans solution offensivement, face à une défense énorme amenant trop de tirs forcés et ratés, les visiteuses vont totalement perdre pied. De l’autre côté, Eden Dumoulin et ses coéquipières ne laissent passer aucune occasion et collent un 12-3 lors du premier quart d’heure tuant tout suspense (27-17, 46′).

La foudre est tombée sur la tête de Vaulx et l’affaire réglée, alors qu’un quart d’heure reste à disputer. L’occasion de faire plaisir à tout le monde mais surtout, d’effectuer des rotations nécessaires, entre économie d ‘énergies restantes encore pour finir la saison et minutes offertes à des joueuses en ayant besoin.

Logiquement, Vaulx resserre un peu le score mais ne peut jamais rêver à une remontada, remportant tout de même le dernier quart d’heure (5-9) mais ne pouvant que constater la nette supériorité bretonne sur un second acte totalement maîtrisé (32-26).

« Un autre Clermont » en finale…

La qualification attendue pour la finale est donc bien là, logique et récompensant un groupe une nouvelle épatant, que Romain Corre, son coach, ne va pas pour autant lâcher, tant que la saison ne sera pas terminée :  » Je suis très fier des filles et c’est un honneur d’entraîner cette équipe là. Maintenant, la saison n’est pas finie et tout le monde le sait au club.

Il ne faut pas que l’enjeu nous empêche de progresser. Pour bousculer Clermont, il faudra être bien meilleur que ce soir. Si on se satisfait de ça, ça ne suffira pas. Il y a un peu de fatigue mais il faut aussi continuer à bosser, être meilleur sur pas mal de détails.« 

Un coach qui sait son exigence et l’assume :  » Je suis peut-être chiant mais elles le savent, c’est comme ça. Je ne les lâcherai jamais car elles peuvent encore progresser. Elles le montrent mois après mois depuis le début de la saison. Là, nous avons deux semaines pour travailler, s’améliorer et être les meilleures possibles.

Nous devrons sortir nos deux meilleurs matchs de la saison face à un adversaire calibré pour son barrage et l’accession, qui proposera tout autre chose que lors de sa venue en avril, en ayant de plus récupéré ses gauchères et étant actuellement dans une grosse, en ayant battu deux fois Bouillargues. C’est très solide. »

Pas de complexe à faire pour autant, avec déjà 16 victoires en 20 matchs cette saison et l’ambition d’un premier titre, légitime : « Maintenant qu’on est là, bien sûr que l’on veut gagner. Le club a effectué de gros progrès forcément, continue d’avancer et nous voulons poursuivre dans cette voie. Nous voulons terminer en beauté chez nous à l’aller et garder nos chances pour aller les défier chez elle. »

Le match inversé avec déplacement au retour par rapport au statut VAP ? Pas un souci pour le coach breton, tout sauf nombriliste, une fois de plus dans son analyse :  » Elles enchaîneront le barrage trois jours plus tard face à une D1.

Ce n’est pas déconnant de la part de la Fédé de leur permettre de recevoir au retour, c’est aussi valoriser le développement d’un club et d’un projet dans son ensemble. Si un jour cela nous arrive, nous ne serons pas malheureux d’en bénéficier… »

Et quel exploit en cas de succès, qui se prépare dès aujourd’hui avec le 23 mai et la première étape en ligne de mire.

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.