Football – L1 : Le Stade Rennais sort du piège Paris FC et peut rêver (2-1)

Le "Joker" Breel Embolo a encore frappé, au plus grand bonheur du Stade Rennais @Crédit Photo JRS

Dans une soirée où la pluie fine continue s’est même trouvée sublimée par une douche froide après dix minutes en seconde période avec l’ouverture du score parisienne, les rêves rennais d’Europe sont ressortis secs, intacts et exaucés. Tout sauf une évidence, mais surtout un grand soulagement.

Oui, le Stade Rennais sera bel et bien de nouveau européen l’an prochain et la nouvelle est excellente, comme le confirmait après la rencontre Franck Haise : «  L’objectif est atteint, celui d’être européen. Il peut se passer encore plein de choses dans une semaine – 3e, 4e, 5e ou 6e, ce n’est pas la même chose – mais avec ce groupe qui a une aventure commune depuis le début de saison, c’est un vrai bonheur d’être là ce soir et d’avoir un dernier gros match à jouer au Vélodrome. »

Pour s’offrir ce droit à un scénario qui s’annonce dingue et déconseillé aux personnes cardiaques, le Stade Rennais a souffert. A l’image de l’ensemble de sa saison à domicile, où rien ne fut jamais ou presque simple, Valentin Rongier et ses coéquipiers ont du s’employer, se réinventer en cours de match et surtout, ne rien lâcher. Non, le Stade Rennais n’a aucune marge mais en revanche, gagne souvent à la fin… 17 fois pour le moment, donc dix à domicile, avec un total de 37 points pris à la maison sur 51. Pas mal pour une équipe souvent critiquée.

Une domination sans partage

En première période, le Stade Rennais met les ingrédients, dans une animation légèrement changée par rapport à la dernière défaite concédée à Lyon. En défense, Lilian Brassier cède sa place à Anthony Rouault et Alidu Seidu à Mahamadou Nagida. Au milieu, Sebastian Szymanski est recentré derrière Esteban Lepaul avec Mousa Al-Tamari et Ludovic Blas chargés d’animer les couloirs.

Le résultat est convaincant, Rennes dominant le PFC sans partage. L’emprise est totale et la maîtrise très intéressante. Impressionnant pour gratter et bonifier les ballons, le duo Valentin Rongier -Mahdi Camara est une nouvelle fois éblouissant. Devant, Mousa Al-Tamari, véritable poison par sa vitesse pour la défense parisienne, passe proche d’obtenir un pénalty (25′) non checké par M. Léonard mais frappe aussi juste à côté (17′ et 19′). Ludovic Blas, en position idéale au point de pénalty, rate sa reprise et envoie le ballon au-dessus (10′).

De la tête sur corner, Anthony Rouault de la tête, passe tout proche de l’ouverture du score (28′), tout comme Esteban Lepaul, en coupant au premier poteau (36′).

Pour la dernière occasion du premier acte, Sebastian Szymanski s’y colle et force Kévin Trapp a une belle envolée sur une frappe enroulée de l’entrée de la surface (42′). Côté Parisien, rien ou presque si ce n’est une frappe au ras du poteau d’entrée de jeu (6′) de Pierre Lees-Melou.

Ultradominant, le Stade Rennais n’est pas récompensé au repos : « J’aurais aimé que sur la très bonne première mi-temps on puisse être plus efficace et que l’on marque au moins un but. Le scénario en a voulu autrement. »

Une réaction gagnante !

On se dit alors que le PFC d’Antoine Kombouaré, en mode béton, ne va pas tenir bien longtemps… La suite toute autre avec l’une des rares incursions dans les seize mètres rennais finalement gagnante pour Willem Geubbels, seul aux six mètres, qui ne se fait pas prier pour battre Brice Samba (53′).

Le pire scénario s’écrit alors : « On est menés sur l’une de nos rares erreurs, le groupe l’a corrigée en marquant deux buts en 70 secondes, le scénario est assez dingue mais c’est ce qui fait le charme de foot. Être menés comme ça, c’était improbable par rapport à ce que l’on donnait. »

Sonné, « il a fallu quelques minutes pour digérer ce coup du sort », le Stade Rennais repart de l’avant et M. Leonard refuse un nouveau pénalty aux rennais pourtant assez clair pour une obstruction d’Hamari Traoré sur Mahdi Camara. Esteban Lepaul lui, sollicite Kevin Trapp de la tête, sans succès. Place au coaching de Franck Haise avec avec l’apport d’Arnaud Nordin et Breel Embolo :  » Ceux qui sont arrivés dans la partie ont contribué à se relever. C’est la qualité d’un groupe qui s’est forgé une identité tout au long de la saison. »

Une contribution qui se matérialise très vite pour les « Rouge et Noir », probablement au fait des autres résultats de la soirée alors défavorables. A la 74′, sur un corner de Quentin Merlin, Esteban Lepaul a la meilleure course et marque la tête au premier poteau, égalisant enfin !

Et de 20 pour Esteban Lepaul avec le Stade Rennais @Crédit Photo JRS

20ème but de la saison pour le meilleur buteur du championnat et juste récompense, fêtée comme il se doit… soixante secondes plus tard à peine, avec un second but ! Mousa Al-Tamari, en percussion, décale Arnaud Nordin à gauche dont le centre est habillement dévié par Breel Embolo. Suffisant pour battre Kévin Trapp et renverser la table (2-1) !

Breel Embolo décisif à son entrée avec le second but rennais @Crédit photo JRS

La fin de match est moins folle, bien plus crispante et dans les arrêts de jeu, Ciro Immobile, entré en jeu, est tout près de gâcher la fête mais rate, heureusement, totalement sa frappe, pourtant en position idéale (90’+’2).

Quelle coupe d’Europe pour le Stade Rennais ?

Rennes valide sa victoire, plus que logique, et donc, son retour en Europe : « Il fallait de l’énergie face au PFC qui a encore montré ce soir qu’il est difficile à manœuvrer. Comme depuis trois mois que je suis avec le groupe, j’ai vu de belles attitudes. » Une impression largement confirmée par une équipe ne lâchant rien, certes pas infaillible, mais bien décidé à réussir.

A Marseille, les joueurs retrouveront également un certain Habib Beye, moins à la fête depuis son départ de Bretagne et sur un fil à Marseille. Avec en tête un exploit à réussir. Si loin d’y penser il y a trois mois, Rennes n’est finalement qu’à une victoire et un scénario favorable (pas de victoire pour Lyon face à Lens, revers pour Lille face à Auxerre, qui jouera son maintien) pour être directement au paradis (3ème) ou en tour préliminaire (4ème).

Gare aussi à une défaite à Marseille, qui enverrait l’OM en Europa League et Rennes en Europa League Conférence. Un choix de riche, et du plaisir en vue, à l’issue incertaine : « Ce qui est bien c’est que nous sommes assurés d’être européens mais nous allons y aller avec de l’ambition, avec beaucoup de pression mais que pour nous d’ailleurs, conclut Franck Haise.

C’est top d’avoir ces matchs-là à jouer. Je le dis honnêtement, je ne pensais pas il y a trois mois que l’on pourrait être à se battre pour la troisième place. Ça va être une bonne semaine à préparer. »

Après une saison aussi rocambolesque, toute autre conclusion était impossible…

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.