Ils étaient pourtant prévenus. D’abord par les mots de leur coach en avant-match, bien conscient de l’aspect piégeux de jouer, à domicile, une équipe jouant sa survie mas aussi par le scénario vécu contre Istres, à l’issue heureuse fin avril. Cela n’aura pas suffit. Dans une moiteur à peine plus supportable que la chaleur étouffante ayant accompagné la journée, les Irréductibles ont rendu les armes sans les avoir vraiment usées, face à des Alsaciens tout heureux du joli coup réalisé.

Jamais dans le bon tempo…
L’entame de match, comme lors de la venue d’Istres, ne laisse rien présager de bon. Dans un faux rythme et en échec dès les premiers tirs, les Cessonnais courent d’entrée après le score. Très vite, Sélestat compte trois buts d’avance (3-6, 8′) mais Cesson, dans un rare sursaut, marque un 4-0 pour passer devant cinq minutes plustard (7-6). A la mène, on pense alors les Irréductibles lancés même si très laborieux mais Sélestat ne lâche rien.
A la 21′, les locaux réussissent même à prendre deux buts d’avance, leur plus grande avance de la rencontre (13-11) mais subissent d’abord une première remontée à 14-14 puis une double infériorité numérique, avec les exclusions d’Alex Moran et Mathieu Salou à quelques secondes d’intervalle (24′)..
Sélestat en profite pour reprendre la main et s’affirmer, sous la main d’un Tony Mendy auteur d’une performance XXL avec au total un 12/13 de haute volée ! A la pause, face à des Cessonnais bien trop inconstants et passifs, Sélestat a deux unités d’avance (14-16).

Le très « Vilain » tour de Léo
Scrutés à leur retour du vestiaire, Mate Sunjic et ses coéquipiers ne sont guère plus inspirés et ne parviennent pas à refaire leur retard. Sélestat, emmené par l’efficacité de Mendy, ne gâche pas ou très peu et Denis Serdarovic sort quelques arrêts qui font mal, quand les Cessonnais continue de cafouiller, sans rythme, des deux côtés du terrain.
Au fil des minutes, les Alsaciens se détachent à la marque et voient leur avance augmenter à +4, forçant Sébastien Leriche a posé son temps mort (20-24, 38′). Dans la foulée de celui-ci, Cesson réagit enfin et revient à un but en quelques minutes (23-24, 43′). L’embellie, hélas, est éphémère et directement enrayée par le retour fracassant dans les buts de Leo Vilain dans les buts.
Le jeune portier formé au PSG réussit alors un show digne des plus grands et sort cinq arrêts de rang, dont deux jets de sept mètres, tous bonifiés ou presque sur les contre-attaques. Grâce à lui, Sélestat s’envole (24-30) et ne sera plus jamais inquiété malgré un ultime retour à -3 dans le Money-Time (27-30) là encore très vite enrayé.
« Il a manqué de tout »
Logiquement, Cesson s’incline, lourdement (31-37), avec une défense dépassée sur cette triste soirée face à un adversaire qui jouait une « finale » tandis que les Irréductibles, eux, n ‘ont jamais trouvé le bon tempo. Le coach, Sébastien Leriche, contenait une colère froide en conférence de presse : » Je n’ai pas d’explication. C’est un match où l’on est complètement à côté de nos pompes. Rien n’est allé. Nous n’avons jamais réussi à être en ordre de marche collectivement, notamment défensivement. Il a manqué de tout. »
Si ses joueurs avaient su réagir face à Istres, ce ne fut pas le cas cette fois-ci : « C’est une déception, même dans les attitudes. Il a manqué de l’énergie, du combat. Dans le langage corporel, ce n’était pas beau, on voyait bien que l’on était dominés, démunis. Fatalistes, même, c’est un mot qui résume bien l’impression donnée. On était amorphe, en dessous de tout et je n’ai pas aimé ce que j’ai vu. Et comme Séléstat, comme prévu, a fait son match, avec de très bonnes choses et beaucoup de qualités, le résultat est totalement logique. »

Un match raté, à ranger aux côtés de celui réalisé à Istres en première partie de saison et à faire oublier au public au plus vite. Cela tombe bien, se profile dès mercredi prochain, le derby face au HBC Nantes, qui vient en quinze jours de perdre ses trois objectifs de la saison, Europe, coupe de France et championnat.
Des Nantais sans doute groggy, mais qui demeurent évidemment un gros morceau, injouable si les Irréductibles réitèrent la même prestation que celle offerte face à Sélestat. Un derby potentiellement incertain au regard des dynamiques mais qui reste un match à part, avec 4500 personnes et la fête pour la dernière de la saison à la Glaz. Soigner sa sortie à domicile, voilà un enjeu valant le coup pour des Cessonnais que l’on espère revanchards.





