Handball – Saint-Grégoire : Et si elles rajoutaient une cerise sur le gâteau ?

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Place au Final Four pour les filles de Saint-Grégoire. @Crédit photo : JRS

Elles l’ont fait ! À l’issue d’une fin de saison parfaite, les filles du SGRMH ont coiffé sur le poteau Clermont et Bouillargues pour terminer premières du championnat, à la surprise générale. Loin du repêchage de juillet dernier, au-delà d’une équipe, c’est tout un club qui continue de grandir, prépare ses ambitions de demain et entend bien terminer en beauté avec un titre à aller chercher le 30 mai prochain.

Le REC Rugby, à deux reprises, le CPB Handball féminin avec la Coupe de France, ou encore la Coupe de France de volley masculine, sans oublier, évidemment, celle du Stade Rennais en 2019… Des moments de liesse, de partage, d’émotions aussi, gravés à vie. À Rennes comme ailleurs, la rareté fait la richesse, et terminer en tête ou soulever un trophée n’est jamais anodin. Le sport a cette particularité : on y perd bien plus souvent qu’on y gagne.

Autant de vérités forcément présentes dans les têtes des « Rose et Noir » du Saint-Grégoire RMH au moment d’attaquer la phase des play-offs de D2, avec, d’un côté, beaucoup de fierté et de joie et, de l’autre, l’envie de terminer le travail pour rendre inoubliable, pour de bon, une saison qui l’est déjà. La nouvelle formule du championnat de Division 2, décidée en urgence en… septembre dernier, offre ce paradoxe bien connu dans le rugby : célébrer son champion « officiel » uniquement après des phases finales composées d’une demi-finale aller-retour puis d’une finale aller-retour.

« Il reste quatre matchs, et c’est là que tout va se jouer »

Officiellement, et dans les livres d’histoire, la première place à l’issue des 18 matchs de saison régulière relève presque de l’anecdote. Bienvenue dans ces mondes parallèles où le champion peut avoir terminé quatrième de la saison régulière, sur un fil… Une donne qui n’empêche pas le club breton de savourer l’authentique exploit accompli : décrocher la première place grâce à deux ultimes succès face à Clermont puis à Besançon, après avoir dominé Bouillargues et Vaulx-en-Velin (3e et 4e) ces dernières semaines.

Avec quatorze victoires en dix-huit matchs, dont neuf à domicile – où les Bretonnes ont tout gagné -, le bilan frôle la perfection. De quoi rendre forcément heureux et fier le coach Romain Corre : « C’est une énorme satisfaction. Les filles terminent en tête et peuvent être très fières de ce qu’elles ont accompli. C’est une belle récompense pour les joueuses, mais aussi pour tout le club : les bénévoles, les salariés, tout le monde. Maintenant, ça ne garantit rien. Il reste quatre matchs, et c’est là que tout va se jouer. »

Un travail à finir pour une récompense totale

Car le paradoxe est là : malgré le marathon remporté, c’est un « fractionné de sprints » qui attend désormais le SGRMH pour valider, par un titre, une saison épatante. En terminant premières, les Bretonnes se sont déjà offert le privilège de recevoir au match retour et donc, en cas de contre-performance à l’aller, de renverser la situation devant le public de la Ricoquais, particulièrement gâté cette saison : « On va aborder les matchs avec humilité, parce qu’on a encore vu aujourd’hui qu’il y a des axes d’amélioration, notamment en attaque. Il reste du travail. On va continuer sans se projeter trop loin, et on verra jusqu’où ça nous mène. »

Pour aller au bout, Eden Dumoulin et ses coéquipières devront d’abord se défaire de Vaulx-en-Velin, déjà battu deux fois cette saison, puis s’imposer face au vainqueur du duel Clermont-Bouillargues. Les ressources mentales seront indispensables, tout comme la capacité d’adaptation, au regard des incertitudes autour de plusieurs joueuses clés en 2026, comme Lalie Brouillet, Aziliz Vidie ou Justine Boucheur-Le Roy.

Ce qui serait un casse-tête pour beaucoup d’entraîneurs est, ici, une source de fierté : « À Besançon, les filles ont su s’adapter aux absences. Eden a évolué en demi-centre plus d’une demi-heure, Milica a reculé d’un cran. Ce groupe est plein de ressources, avec une grosse force mentale et une vraie capacité d’adaptation. » De quoi espérer mener ce groupe, parfaitement équilibré entre jeunesse et expérience, vers un premier titre à ce niveau et conclure de la plus belle des manières la meilleure saison de l’histoire du club. Et ensuite ?

Quelqu'un sur le toit

Des départs annoncés, une continuité à construire

Puisqu’il n’y aura pas de montée, faute de statut VAP – qui n’était pas une priorité il y a encore un an -, le club se projette désormais autrement : confirmer, pérenniser et construire l’ambition de demain. L’obtention du statut VAP est envisagée à horizon 2027-2028, sous réserve de confirmation des bonnes dynamiques sportives actuelles, comme l’indiquait le président Jean-Luc Bosse. En parallèle, l’effectif se prépare déjà pour la saison prochaine. Plusieurs départs ont été annoncés.

Perrine Petiot, arrivée fin août et véritable leader du jeu, met un terme à sa carrière : une perte importante. Dans les buts, Marie Pouliquen quitte également le club après une saison en Ille-et-Vilaine. Lou Saramito poursuivra sa progression dans un club de l’élite, tandis que Soukaïna Benachou, souvent freinée par les blessures, s’en va aussi. Marie Guillevic, après quatre saisons, ne sera pas de la prochaine aventure, tout comme Samaël Pajoul, peu utilisée en D2. Enfin, Milica Trifunovic, joueuse professionnelle, quitte elle aussi le club après deux saisons sous les couleurs « Rose et Noir ».

Côté arrivées, rien d’officiel pour l’instant, mais près de 80 % du recrutement serait déjà finalisé. Le club mise sur un mélange de jeunesse et d’expérience, avec une ligne directrice claire : ambition et continuité. Quel que soit le verdict des phases finales, le plus difficile commence maintenant pour le SGRMH : maintenir sa montée en puissance, consolider ses infrastructures et ses moyens financiers, tout en confirmant sa dynamique sportive. Et pourquoi pas, d’ici là, célébrer dignement la saison fin mai… en posant la cerise sur un magnifique gâteau « Rose et Noir ».

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.