Championnes de France la saison passée à l’issue d’une épopée qui restera dans l’histoire du club, les « Rose et Noir » repartent à l’assaut d’une division 2 profondément modifiée, où rien ne sera identique à l’exercice précédent. Point donc, d’acquis ou de certitudes, mais des ambitions à justifier par les actes, sur le terrain.
Ne comptez pas sur eux pour fanfaronner ou crier haut et fort qu’ils sont les plus beaux et les plus forts. Non, ni Jean-Luc Bosse, le président du Saint-Grégoire RMH, ni Romain Corre, élu meilleur coach de D2 l’an passé, ne sont faits de ce bois-là.
Eux préfèrent travailler, avec méthode et patience, et continuer de construire le Saint-Grégoire de demain, qui ambitionnera si tout se passe bien, de jouer la montée à l’horizon 2028.
Avec un plan d’action déjà évoqué côté coulisses (lire le JRS de juin) et une feuille de route précise côté terrain : « La première chose, de ne plus parler de l’année dernière, introduit d’entrée le coach. Si nous pensons qu’évoquer ou se souvenir de ce titre en permanence nous servira, nous allons au devant de grosses désillusions… »
Une concurrence beaucoup plus rude
Comprendre surtout le message de ne pas se reposer sur des lauriers, avec l’obligation de remise en cause à plusieurs égards pour continuer de progresser. D’abord le groupe des « Rose et Noir » a pas mal changé, avec sept départs et cinq arrivées.
Il faudra forcément un peu de temps et de travail pour que tout s’enclenche bien et la garantie d’un recrutement réussi n’est jamais établie à 100 %.
Ensuite l’adversité s’est elle aussi renforcée, et pas qu’un peu : « Cette saison, en D2, il y aura plus de trente joueuses qui évoluaient la saison passée dans l’élite », prévient Romain Corre. Le niveau ne sera pas le même et la concurrence risque d’être beaucoup plus rude.
Et pour cause ! En plus des deux relégués, Sambre et Le Havre, la D2 accueille des petits nouveaux comme Montpellier, Chambéry et les Finistériennes du Roz Hand pour un championnat à 14, contre dix équipes l’an passé.
Huit matchs de plus donc, même si l’an passé, les Play-Offs avaient offert quatre rencontres de plus à l’issue des 18 de la saison régulière et une gestion physique forcément plus complexe, avec notamment un enchaînement infernal de rencontres dans la dernière ligne droite où il faudra répondre présentes.

La logique voudrait aussi voir en Saint-Grégoire un favori à sa succession mais là encore, Romain Corre prévient : « Nous ne sommes favoris de rien du tout. Aujourd’hui, deux équipes vont clairement lutter pour la montée, Le Havre et Clermont et se sont armés dans ce sens, Sambre garde son expérience de la LBE la saison passée. Après, le championnat est très ouvert mais je suis aujourd’hui incapable de savoir où nous nous situerons. »
Langue de bois ou vraie incertitude, drapée d’humilité ? « Notre équipe est jeune, elle doit faire beaucoup plus encore que l’an passé pour exister dans le premier tiers et notre objectif sera cette montée en gamme dans la qualité, le travail et l’efficacité. Le travail amènera les résultats qui eux, amèneront un classement et à terme, peut-être, des objectifs chiffrés de points ou de classement. »
Dans un club qui continue de se structurer sans brûler les étapes ni faire n’importe quoi avec son budget, l’ambition est de préparer l’avenir, avec des joueuses à fort potentiel, qui aspirent à la D1 mais qui doivent encore travailler pour y aller : « C’est notre rôle de les emmener jusqu’en haut. Certains y arriveront, d’autres pas, on ne peut pas le prévoir aujourd’hui mais plus il y aura de réussites individuelles, plus notre projet collectif touchera au but. Si nous pouvons y aller tous ensemble… »

Clermont a lancé la saison à domicile
Pas de podium ou autre déclaration d’intention donc, mais l’envie de développer un peu plus encore un groupe ultra séduisant et spectaculaire la saison passée. Avec une razzia de titres individuels combinés au titre de champion, le challenge va être plaisant à suivre et la première sortie de la saison à Pessac a donné une première indication très positive. Pour cause, au bout de 35 minutes, les « Rose et Noir » menaient 8-22…
Spectaculaire mais à nuancer, la rencontre s’étant terminé à 31-37. Bonne nouvelle, Clermont, finaliste l’an passé, sera l’invité du premier match de la saison à domicile (match disputé depuis, gagné par le SGRMH).
Un test parfait (et réussi !) pour pendre la vraie première tendance d’une équipe new-look où « personne n’est titulaire et tout le monde aura un rôle à jouer dans la saison. »
Georges Brassens disait « Sans technique un don n’est rien qu’une sale manie. » Aux « Rose et noir » de travailler pour peaufiner celle-ci et réussir le plus dur, confirmer !




