Une Fan-zone simple et conviviale, où VIP et grand public se mélangent dans une atmosphère d’été en mai. De la simplicité mais aussi une grosse ambiance ajoutées à un match de folie, largement remporté. Tous les ingrédients étaient ainsi là, réunis, pour offrir la soirée parfaite au Saint-Grégoire RMH, la dernière de la saison à domicile.
Et quelle soirée ! Epatantes, bluffantes, une fois de plus pour l’assistance présente en nombre à la Ricoquais, mais pas pour leur coach, Romain Corre: « Je leur ai dit au début de match qu’elles avaient été bluffantes jusque-là et qu’il fallait qu’elles continuent de l’être sur deux matchs encore, jusqu’au bout. A la pause, à +4, je leur ai dit vous ne pouvez plus me bluffer, là… ». Et pourtant…

Une défense impassable, une attaque efficace
Le début de match est clermontois, sans discussion, peut-être pas au score, mais dans l’impact. Les Bretonnes donnent beaucoup pour ne pas être dépassées par l’intensité et le défi posé par les Auvergnates. Les défenseures mettent les coups, et les attaquantes mises sous l’éteignoir (2-2, 7′). A force de subir le jeu, les locales prennent même un petit écart, logique, mais en rien rédhibitoire (3-6, 10′).
Au contraire, sous l’impulsion d’une Justine Boucheur-Le Roy exceptionnelle, une fois de plus, tout au long de la rencontre, les « Rose et noir » refont très vite leur, retard et même mieux. Trois buts de rang inscrits pour l’arrière bretonne avec autorité (10 sur 12 au total !) et voilà le SGRMH qui passe devant (7-6, 12′) pour ne plus jamais lâcher la main sur le score et commencer un véritable récital.

Avec Marie Pouliquen auteur des bons arrêts aux bons moments et une défense exceptionnelle autour de Lalie Brouillet et Claire Scheid notamment, mais aussi Justine Raulo et Azilys Vidie, ça ne passe pas : « Ca a été un gros combat, digne d’un très haut niveau, notamment en défense », confirme le coach local.
Les Grégoriennes construisent leur succès d’abord dans l’agressivité devant leur zone associée à une grosse efficacité côté offensif. Sûrement, l’écart se creuse avec notamment l’entrée en jeu de Perrine Petiot, nominée pour le titre de joueuse de l’année et auteure de deux buts capitaux, dont une lucarne exceptionnelle, dès ses premiers ballons. Au repos, un premier écart est fait (14-11).
Trois buts encaissés seulement en un quart d’heure…
Le début de seconde période, dans le bruit et la chaleur d’une salle en fusion, est similaire à celui vécu une demi-heure plus tôt. Clermont est mieux et rapidement, rattrape presque son retard (15-14, 35′). Le moment choisi par Justine Boucheur-Le Roy pour envoyer un missile à mi-hauteur à 9 mètres qui redonne l’air nécessaire pour une marche en avant qui sera inarrêtable.
Au fil des minutes, les buts défilent et l’écart se creuse. Alice Monteillet est une nouvelle fois inarrêtable à droite, la défense est portée par une entrée décisive de Sarah Vukovac, très efficace, qui ferme la porte derrière et voilà le SGRMH sur la voie royale. Sans lâcher le moindre centimètre en défense, les filles de Romain Corre font feu de tout bois en attaque et régalent un public qui les voit s’envoler au score.
Portées par l’ambiance, les « Rose et noir » n’encaissent que trois buts lors du dernier quart d’heure, une performance incroyable face à des Clermontoises qui s’apprêtent le 6 juin prochain à disputer leur barrage de montée. L’écart s’accroit et l’affaire se boucle à 29-21, dans une salle totalement conquise : « La première mi-temps de cette finale s’est bien passée, on ne voulait pas calculer, donner tout ce que l’on a et finir sans regret.
On regardera le score à la « mi-temps » , au bout de soixante minutes. Par contre quand tu regardes et que tu vois +8, il faut se dire là c’est beau, bravo » relate après coup Romain Corre.
Un scénario imaginé par le coach ? « Je n’imaginais rien, tout pouvait se passer, vraiment. Nous aurions aussi pu le perdre, Clermont est une grosse équipe. Mais je pense aussi qu’il y a ici une vague rose et noire, et que c’est dur pour tout adversaire aujourd’hui de ne pas être submergé à un moment ou un autre par ce public. Nous avons fait une superbe première manche et maintenant, il faut aller chercher la seconde… »
Pour autant, peut-on prendre le temps de savourer une telle soirée quand on est coach, depuis le banc ? Pas vraiment : « Ce soir je me suis dit, là elles sont solides et nous devons continuer à les accompagner au mieux, avec le staff. On doit être à la hauteur de ce qu’elles font et c’est fort, ce qu’elles font., vraiment… »

Finir le travail le 30 mai prochain
Avec huit buts d’avance au moment de se déplacer en Auvergne, le SGRMH s’avance avec le titre tout proche, à portée. Le moment pourrait être historique mais pour autant, Romain Corre préfère prévenir, à raison : « A Clermont, si la salle est pleine, c’est plus de 4000 personnes. Là-bas, c’est de la folie et elles jouent un titre.
Ce que nous avons fait ce soir, elles peuvent aussi le faire. Attention, tout peut se passer. En championnat, on s’en sortait bien à -3 chez elles. Il faudra mettre les ingrédients. Clermont peut être incroyable, elles seront en mode machine de guerre et nous devrons répondre à cela. »
Réponse pour la conclusion définitive d’une saison exceptionnelle samedi prochain du côté de Clermont pour la finale retour, à 20h30. S’il n’y aura, quelle que soit l’issue, pas de montée sportive pour le SGRMH, qui n’avait pas déposé de statut VAP en début de saison, la montée en gamme est incontestable et l’année totalement réussie, porteuse de beaucoup d’espoirs et d’ambitions pour la prochaine. A démarrer si possible en position de champion en titre…





