Volley – Ligue B : Exclu JRS : Eric Hallé quitte le REC Volley

Deux saisons délicates pour les REC Volley
Eric Hallé quitte le REC Volley Crédit : Photo Rallier Sport

« Ce n’est pas une décision simple à prendre, elle est dure et douloureuse mais elle a été murement réfléchie, et elle est assumée car en cohérence avec ce que j’avais dit il y a deux ans. Je ne pars fâché avec personne, mais juste « épuisé » de lutter contre les vents contraires. »

C’est en ces termes qu’Eric Hallé, manager du REC Volley et bénévole depuis 20 ans, nous annonce en exclusivité son départ du club, une nouvelle qui devrait secouer le monde du volley rennais.

Celui-ci, figure emblématique du club et joueur historique ayant contribué aux belles heures du REC (11 saisons de joueur dont cinq en Ligue A), quitte donc son poste après avoir évoqué cette hypothèse depuis de nombreuses semaines auprès du bureau.

En cause, plusieurs facteurs, qui auront eu raison de la passion d’un homme indissociable du volley rennais : « Il y a deux ans, nous avons travaillé de concert avec le bureau, plusieurs partenaires économiques du club, pour avancer sur la structuration du club et notamment, le passage en société adossé à un fond de dotation. »

Un projet ambitieux à l’arrêt…

Le projet évoqué, bien ficelé, porté dès début 2025 opérationnellement par la directrice générale du club embauchée à cet effet, reste beau et séduisant sur le papier, avec des étapes à venir comme « la construction d’une nouvelle salle sur le site de Courtemanche, 15 à 20 investisseurs prêts à « y aller », un retour en Ligue A à moyen ou court terme… »

Hélas, malgré une volonté affichée du club et après avoir défini les contours du projet, rédigé et fait valider en assemblées générales les statuts et autres documents juridiques requis, rien de tout cela n’est aujourd’hui acté ou en cours : « Un élan était là, une volonté commune de tous, à tous les étages du club, certes avec les moyens du bord mais aussi beaucoup de volonté.

Je m’étais réengagé sur mon poste à la condition d’aller au bout de ce projet. En parallèle de ça, j’avais repris la gestion des comptes après le départ de Pierre Lelagadec avec qui je collaborais auparavant, et durant deux ans, nous avons redressé les comptes, après deux accidents de parcours subis par le club, en passant de -135 000 € à + 40000 € de fonds propres fin juin 2025.

Sur ce volet, les progrès étaient là. Mais… « Ma condition pour continuer était d’aller au bout de ce projet et ce n’est pas le cas. Je me tiens donc à ce que j’avais annoncé à l’époque. »

La cause ? Des ambitions et projets rattrapés par une réalité économique toujours aussi complexe : « Nous passons plus de temps à gérer le quotidien, avec son lot de contraintes, de contrariétés, de gestion aussi des années passées avec de réelles difficultés à joindre les deux bouts… La dynamique s’est infléchie depuis 2025 et la situation économique générale empêche toute avancée, surtout dans le domaine du sport en général… »

« Nous ne pourrons pas continuer ainsi éternellement »

Si le terrain du partenariat privé demeure ainsi tendu avec le contexte actuel, d’autres difficultés ont aussi poussé le manager réciste à partir :  » Comment ne pas évoquer les 120000 € de subventions retirées par la Ville de Rennes en deux saisons à partir de 2023-2024, qui nous permettaient de gérer à minima l’ensemble de nos secteurs mais aussi de nous stabiliser. Cette diminution nous a remis en situation délicate.

Nous nous sommes trop fait balader, sans être dupes … Certaines décisions sont opaques, des questions souvent laissées sans réponse. Enlever pour donner à d’autres sans nous expliquer le pourquoi du comment…

Le manque d’intérêt réel, concret, autour de notre projet, est usant. La politique sportive de la Ville de Rennes n’est selon moi pas tournée vers le haut niveau. Il y a le sujet des subventions, parmi les plus faibles pour une ville de cette taille, même si on doit comprendre que l’argent public ne peut pas financer à lui seul le sport professionnel, il y a le sujet des infrastructures, inadaptées au sport spectacle vers lequel on nous demande d’aller pour financer nos projets.

Le REC Volley remporte la coupe de France Fédérale !
La joie des « Noir et Blanc » après leur victoire en coupe de France. @Crédit photo : JRS

Je ne critique pas, je sais que c’est compliqué pour les collectivités, mais c’est en réalité un choix, probablement pas suffisamment assumé, il faut en prendre acte, c’est ce que je fais. C’est dommage car Rennes pourrait être une place forte du sport de haut-niveau responsable, tous sports confondus.

Ajoutez-y les batailles juridiques depuis 7 ans, pour certaines totalement ubuesques, et les conséquences associées, qui mobilisent une grande partie de notre temps et nous empêchent de développer…J’ai donné ma part, et pour moi ce n’est plus possible de continuer à gérer dans un contexte dégradé.« 

Dirigeant bénévole, le père de Titouan et Mattéo, ses fils formés au club et toujours dans l’effectif pour le second, ajoute :  » Aujourd’hui, le modèle pour notre club mais aussi dans notre sport doit évoluer, nous ne pourrons pas continuer ainsi éternellement.

Une loi spécifique pour le financement du sport de haut-niveau serait probablement nécessaire par ailleurs, il y a eu quelques tentatives dernièrement. Je dis donc aurevoir à un fonctionnement, l’associatif, que je j’estime à regret obsolète pour le sport de haut niveau. Je n’étudierai l’éventualité d’un retour que dans le cadre de structures professionnalisées.« 

Une rupture, donc, ferme et définitive, qui n ’empêche pas le désormais ex-manager du club de « rester le premier supporter du club, attentif à la saison à venir » et qui s’est investi pleinement jusqu’au bout pour défendre le dossier rennais devant les instances, avant de se retirer, les deux équipes maintenues au deuxième niveau national.