Football – L1 : Lyon avait les crocs et s’offre le Stade Rennais (4-2)

Le but de folie de Mousa Al-Tamari n'aura pas suffit @Crédit Photo JRS

Si quelqu’un l’avait dit, même du bout des lèvres, beaucoup auraient crié au fou ! Oui, en s’imposant au Groupama Stadium ce dimanche soir, le Stade Rennais tenait l’opportunité folle de prendre seul la troisième place du championnat, à deux journées de la fin et donc, par la même occasion, son destin en mains. Raté !

Pour réussir un coup crucial dans le Rhône, fort de quatre succès de rang, Franck Haise choisit la technique et le sens du jeu de Sebastian Szymanski au détriment de Ludovic Blas. Pour le reste, du classique, face à des Gones au complet.

L’un des buts de l’année pour Mousa Al-Tamari !

D’entrée, dans un stade plein, le KO est dans l’air. D’abord celui de Corentin Tolisso, sonné dans un duel avec Abdelhamid Aït-Boudlal. Plus de peur que de mal pour le champion du monde 2018. Ensuite celui de toute l’assistance devant le chef d’oeuvre de Mousa Al-Tamari, auteur d’un des buts de l’année avec une volée du gauche exceptionnelle côté gauche en pleine lucarne opposée sur un long ballon dans la surface d’Esteban Lepaul (5′, 0-1). Un but de « dingue » pour donner le tempo de la soirée.

Lyon, choqué par la beauté du geste de l’international jordanien, ne reste néanmoins pas sans réaction et pousse pour revenir. Corners, centres devant le but de Brice Samba, les hommes de Paulo Fonseca dominent les débats mais voient des Rennais menaçants sur chaque transition. Sur l’une d’elles, Mahdi Camara joue mal le coup en choisissant une frappe écrasée au lieu de chercher le centre (23′). Bien que devant au score, Rennes souffre.

Et Lyon renversa la table…

Acculés dans leur camp, incapables de sortir balle au pied, les Rennais vont finalement être logiquement punis. Sur la gauche, Corentin Tolisso offre un délice de centre à Roman Yaremchuk qui se fraie un chemin entre Lilian Brassier et Abdelhamid Aït-Boudlal pour crucifier de la tete Brice Samba à bout portant (37′, 1-1).

Lyon ne s’arrête pas là et deux minutes plus tard, Alfonso Moreira part en solo depuis le rond central. Rattrapé par Mousa Al-Tamari et fauché par Brice Samba, il obtient un pénalty logique. « Coco » Tolisso le frappe et donne l’avantage à l’OL, qui renverse la table en quelques minutes (2-1, 40′).

Mal en point, Rennes réussit à ne pas sombrer et passe même tout près d’égaliser par Breel Embolo à bout portant, mis en échec par Dominik Greif dans les arrêts de jeu d’un premier acte remporté par l’OL (mt, 2-1).

En seconde période, Rennes pique de nouveau d’entrée. Musa Al-Tamari déborde et centre, Breel Embolo laisse passer intelligement et Esteban Lepaul, en embuscade, égalise, avec la complicité d’Abner, qui dévie la trajectoire du tir rennais pour un 2-2 d’entrée qui fait du bien (48′).

Deux minutes plus tard, presque surpris d’être aussi seul dans la surface, le meilleur buteur du championnat s’offre une très belle occasion de doublé mais dans un angle fermé, butte sur le gardien lyonnais. Rennes a laissé passer sa chance…

Un second acte raté dans les grandes lignes, un OL meilleur

Oui, car Lyon, sur sa première sortie, profite d’une mauvaise relance rennaise et Alfonso Moreira parfaitement servi par Abner, vient prendre à contre-pied Brice Samba en face à face. Lyon repasse devant, bien trop rapidement (53′, 3-2).

Trop approximatif dans les relances, le Stade Rennais finit par le payer dans son obstination à ressortir « propre » de derrière sans être toujours inspiré ou armé techniquement pour le faire. Mahamadou Nagida rate ainsi sa passe et les Lyonnais, en trois touches, trouvent Endrick dans la surface, parfaitement placé, pour fusiller du droit Brice Samba et donner deux buts d’avance à l’OL, et quatre points au classement (4-2, 76′).

Deux minutes plus tard, Brice Samba, à deux reprises, sauve les siens du KO définitif d’abord devant Alfonso Moreira de la main gauche puis devant Pavel Sulc, du pied droit. Rennes est tout proche de la rupture, débordé et finalement sorti de son match.

Sans réel espoir d’y revenir, la formation bretonne essaie surtout de ne pas sombrer, ni d’affaiblir son goal-average en vue des deux derniers matchs.Il y parvient, non sans mal et s’incline logiquement (4-2).

Plus de joker mais en destin européen encore en mains

Oui Rennes y a cru mais s’incline très logiquement face à plus fort et rate une occasion en or de s’emparer d’un troisième place peut-être trop grande pour lui. Pourtant, avec quatre points de retard sur son adversaire du soir et deux sur Lille, quatrième, le club breton a le droit de rêver encore à une qualification directe ou par les barrages en Ligue des Champions.

Il devra surtout gagner pour s’assurer d’être au moins en Europa League en restant devant Monaco et Marseille, à l’affut. Même si l’ultime joker est grillé, le Stade Rennais a encore une belle carte à jouer et son destin européen entre les pieds, à condition d’arrêter les cadeaux, que ce soit face au très piégeux Paris FC à domicile ou au Vélodrome contre un OM malade pour une dernière qui s’annonce incandescente à bien des égards.

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.