L’histoire se répète et les mots manquaient presque à Bastien Demeuré pour expliquer cette défaite chez le dernier de poule : « Ce soir, nous n’avons pas défendu. Certes, il y a eu le long déplacement et Avignon a aussi très bien joué, mais hormis Vitré, nous n’avons pas réussi à gagner deux fois contre la même équipe cette saison. Nous restons irréguliers, notamment à l’extérieur, et j’ai du mal à l’expliquer. Nous n’arrivons pas à nous guérir là-dessus ».
À l’instar de Poissy ou du Centre Fédéral, l’URB s’est donc de nouveau inclinée chez un mal classé et devra encore patienter pour assurer son maintien, mais surtout élever le curseur, en particulier loin de ses bases. Très vite, la soirée s’annonce prolifique et en à peine trois minutes de jeu, le score est déjà de 16-14 en faveur des locaux !
Oui, 30 points en seulement trois minutes. De quoi ravir les spectateurs présents, mais nettement moins les deux entraîneurs du soir : « C’étaient portes ouvertes ». Si la cadence offensive et l’adresse diminuent (logiquement) par la suite, le premier quart-temps n’en reste pas moins très fructueux (32-31). Une première période également marquée par les nombreuses fautes, 16 côtés rennais, dont trois pour Cheick Sekou Condé, Julian Ngufor et Eliot Thillier.

Avignon en feu derrière la ligne
Pénalisant pour la suite de la rencontre et une donnée dont profite évidemment Avignon en forçant les duels. Uniquement sur la première période, les sudistes se présentent 20 fois sur la ligne des lancers-francs (15/20 à 75%). Si la défense bretonne ne parvient pas à stopper les assauts adverses, Avignon n’y arrive pas davantage et l’URB mène d’un petit point à la pause (56-57).
Seulement victorieux à cinq reprises cette saison, les locaux font pourtant preuve d’une adresse impressionnante derrière la ligne (15/29 à 51%) et inscrivent trois tirs primés dès l’entame de seconde période. Une reprise plus que compliquée pour les « Noir et Blanc » avec les sorties consécutives sur blessures de Paul Billong et d’Eliot Thillier. Si le premier nommé reviendra en début de quatrième quart-temps, l’ailier rennais ne refoulera pas le parquet : « À priori une entorse ».
Alors menée de dix points après cinq minutes en seconde période, l’Union Rennes Basket décide de passer en zone. Un choix payant : « Nous sommes revenus, car ils ont eu du mal à attaquer la zone », précise Bastien Demeuré. Malgré sa quatrième faute, Cheick Sekou Condé continue son travail dans la raquette adverse avant que Julian Ngufor ne permette aux siens de recoller en fin de quart-temps (75-74). Sous l’impulsion de son ailier, Rennes prend même cinq unités d’avance à six minutes du terme de la rencontre.

« Ce qui fait mal, c’est ce dernier ballon. La balle nous glisse des mains et ils s’en sortent »
Mais Avignon s’accroche, toujours porté par son adresse derrière la ligne. Le match bascule dans les dernières secondes. Alors que les locaux mènent 93-92, ballon en main, les Bretons parviennent à contenir l’attaque au milieu de terrain, mais le ballon ressort miraculeusement et Maël Poiroux punit au buzzer : « Ce qui fait mal, c’est ce dernier ballon. La balle nous glisse des mains et ils s’en sortent. C’est frustrant, mais notre jeu était quoiqu’il arrive stérile sur la fin et nous n’arrivions pas à nous passer le ballon ».
Le coup de trop. Dans la foulée, l’URB ne parvient pas à remettre le ballon en jeu au terme des cinq secondes réglementaires et perd la possession. Avignon ne tremble pas sur la ligne et s’impose pour la sixième fois cette saison (98-94).
L’opportunité était pourtant belle de se mettre quasiment hors de danger, raté pour cette fois-ci. Pour acter définitivement son maintien, l’Union Rennes Basket devra rester maître à domicile vendredi face à Berck et montrer un autre visage loin de Colette-Besson le mardi suivant à Metz, avant-dernier de la poule. Il reste donc un dernier coup de collier à mettre afin de vivre une fin de saison tranquille et sans sueurs froides si possible.
