La victoire, cette récompense d’un match âprement disputé et d’une semaine de travail, ne suffit pas toujours à compenser les mauvais moments et les coups durs. Encore plus dans un groupe soudé comme celui du SGRMH, qui a perdu pour plusieurs mois l’une des siennes en fin de première période : « Il y a la victoire ce soir, mais la blessure de Julia éclipse tout le reste. Nous sommes vraiment de tout coeur avec elle » confie d’emblée le coach Romain Corre.
Alors que les « Rose et Noir » sont devant au score, Julia Rodrigues s’effondre dans les neuf mètres, se tenant le genou. La douleur saute aux yeux et la civière vient évacuer l’internationale brésilienne, arrivée cet été en Bretagne.
Si, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le diagnostic n’est pas encore fixé mais l’indisponibilité de la joueuse pour laquelle la crainte porte sur le genou risque d’être longue. Ses coéquipières le savent et ne l’ont pas oubliée :« Dès la sortie du match, les filles ont fait une photo avec son maillot, pour lui envoyer aux urgences, en lui disant on a gagné pour toi. C’est aussi ça, notre groupe, et toutes nos pensées vont vers elle » confie à froid Romain Corre.

Un trou d’air pour permettre à Bouillargues d’espérer…
Fidèle à son habitude, la formation de Romain Corre, qui enregistre le retour de Lisa Stritt, entame parfaitement la partie, en se détachant rapidement au score avec d’abord quatre buts d’avance (2-6, 7′) puis six (4-10, 11′). Pour autant, les Gardoises ne sont pas du style à baisser la tête et gênent les leaders du championnat en défense comme sur leurs attaques.
Un peu plus en difficulté dans la finition et victime de l’un de ses « traditionnels » trous d’air déjà vus depuis le début de saison, les Bretonnes voient leurs adversaires grignoter et revenir sur leurs talons, sans jamais pour autant laisser la main à la marque.
A la pause, malgré une supériorité assez nette vue à chaque accélération, le SGRMH est devant mais a perdu Julia Rodrigues en fin de premier acte, avec l’inquiétude que l’on sait… (17-19).
Un festival de buts
En début de seconde période, Bouillargues parvient à maintenir le mano-à-mano une petite dizaine de minutes, tenant le leader à un petit but (23-24, 37′) avant un éclat fatal imposé par Eden Dumoulin (8/8) et ses coéquipières, en feu offensivement !
Le 1-5 passé par les visiteuses est fatal pour les Gardoises et le suspense et l’écart creusé définitif. Dans les buts, Lisa Stritt retrouve du temps de jeu tandis que Maxine Casamajou, auteur d’une nouvelle sortie très intéressante (10 arrêts) prend place sur le banc.
Le courage ne suffit pas à Bouillargues, qui ne lâche pas, et Saint-Grégoire déroule un handball entre agressivité défensive, cohérence et maturité dans la finition, pour ne jamais se faire peur lors du dernier quart d’heure. Avec un jeu très ouvert et allant de l’avant de chaque côté, c’est un festival de buts qui est offert au public mais jamais le SGRMH n’est réellement mis en péril. Romain Corre prévient tout de même : « Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans les clous sur le projet défensif du club. Nous prenons trop de buts et il va falloir changer cela. Ce soir, grâce à une grosse efficacité offensive, cela passe mais ça ne sera pas toujours le cas. »
Le score final, 36-41 tout de même, est là, pour Saint-Grégoire, mais le coach prévient : « La force du groupe, sa qualité et son mental, malgré les évènements, sont là. Elles filles savent marquer beaucoup de buts, rester dans ce que l’on fait mais plusieurs fois dans le match, nous aurions pu maîtriser. En revanche, il faut prendre moins de buts et faut remédier à cela. On a réussi à gagner, là, mais attention… !

Un final XXL pour novembre
Avec sa première victoire de la saison validée au-delà des 40 buts, forcément dédiée à Julia Rodrigues, les Bretonnes confirment et de loin leur statut de meilleure attaque mais vérifient aussi de nouveau le prix à payer pour cela, avec une défense qui doit resserrer les rangs, surtout au vu des échéances à venir : « Contre Saint-Junien Rochechouart, il va falloir être très solides. C’est une équipe qui met de l’impact, qui est très forte et joue très bien au handball.
Il faudra être bien plus costaud que ce samedi si nous voulons faire un résultat, notamment dans le projet de prendre moins de buts. Nous devrons sortir notre plus gros match de le début de la saison pour gagner à la maison. «
Après ce choc mercredi à la Ricoquais face à Rochechouart, viendra Le Havre le samedi 22 novembre. Les « Rose et Noir » vont ainsi affronter les 4ème et 3ème du championnat, avec l’occasion de creuser un premier écart et d’envoyer un gros message avant la trêve internationale qui viendra boucler l’année civile 2026.
Une année, quoi qu’il arrive, totalement historique pour Saint-Grégoire qui n’en finit plus d’épater et de séduire, et qui tiendra à soigner son final de novembre, avant de prendre soin de ses blessées durant la trêve pour repartir du meilleur pied possible.




