Il s’est passé quelque chose ce vendredi soir de novembre. Les supporters présents à Colette-Besson ont véritablement joué le rôle de sixième homme, prenant place aux côtés du cinq de Bastien Demeuré et donnant une dimension particulière à un succès très bien construit. Dans une salle en feu, les Rennais décrochent ainsi une sixième victoire d’affilée en championnat.
Ce parcours fait-il d’eux un candidat sérieux aux premières places de la première phase de la saison ? C’est possible mais pourtant, l’URB s’avance au coup d’envoi avec une équipe légèrement remaniée. Si elle enregistre le retour de Zayd Yahiaoui et le retour de Morgan Belloir, après sept mois d’absence, ceux-ci compensent les absences de Maxime et Gaby Pointel.
Camille Jean, pour sa part, n’a pas pu s’entraîner normalement de la semaine et s’attaque à ce match diminué, offrant ainsi du temps de jeu à Baptiste Josse. Même diminué, le meneur rennais envoie !

Une première période accrochée
Rennes débute la rencontre avec un manque d’agressivité, comme en témoigne le nombre de fautes commises dans le premier quart-temps : une seule. « Je pense qu’on n’était pas dans l’intensité nécessaire. On a laissé deux ou trois lay-ups, on ne fait pas de fautes, on donne des paniers faciles. Si on fait une bonne défense agressive et si on est prêts dans les rotations, on doit provoquer des fautes. Quand on est à une faute à la fin du premier quart-temps, ça confirme qu’on n’est pas dans l’intensité nécessaire », souligne Bastien Demeuré.
Un manque de précision se fait également ressentir dans les premières minutes, avec plusieurs pertes de balle évitables (17-15). Le second quart-temps est similaire au premier : les deux équipes ne parviennent pas à prendre l’avantage durablement. Rennes possède jusqu’à huit points d’avance au milieu de ce deuxième acte, mais ne rentre aux vestiaires qu’avec une petite unité d’avance (45-44).
Ewan Le Carour, incontestable homme de match, se montre lui à son avantage, entre une grosse activité défensive (8 rebonds défensifs au total !) et une réussite au shoot à la hauteur de ses grosses qualités en la matière. Le joueur de 24 ans inscrit ainsi deux tirs à longue distance aux moments clés (4/8 au total) et cumule 11 points (16 en fin de partie), portant son équipe aux côtés d’un ZyonDobbs lui aussi précieux (mt, 45-44).

« Si le public n’est pas là ce soir… »
Au retour des vestiaires, Tours revient fort dans le match. Les Tourangeaux prennent rapidement neuf points d’avance, soit le plus gros écart de la rencontre, profitant d’un moins bien rennais mais ajustant aussi la mire de son côté, notamment aux tirs primés (50-59). Un mal pour un bien, tant Rennes ne sombre pas et sort défensivement une intensité de folie et une abnégation faisant plaisir à voir.
Grâce aux lancers francs inscrits de Camille Jean et un travail de David Amarh, lui aussi précieux (14 points chacun), les Rennais recollent puis poursuivent sur leur dynamique jusqu’à la fin de ce quart-temps, en cherchant à provoquer des fautes pour inscrire des « points gratuits » (16-19).
L’URB attaque les dix dernières minutes derrière au score mais avec une salle poussant avec elle. L’intensité, déjà très élevée depuis le début du match, augmente encore de plusieurs crans. A sept minutes du termes, Ewan Le Carour, puis Joffrey Sclear, une nouvelle fois précieux, inscrivent chacun tir à trois points qui renverse tout.
L’ambiance, à guichets fermés, devient alors incroyable. Les supporters poussent et les Rennais, chasseurs à Challans et Tarbes, deviennent les chassés, devant rester en tête à la marque: « Je pense que si le public n’est pas là ce soir, on ne retrouve pas cet ADN défensif.
Heureusement qu’on avait une salle pleine, encore une fois à guichets fermés. Je pense que c’est surtout grâce aux supporters que l’on a trouvé les ressources nécessaires pour retrouver cette assise défensive. Après, on a mis les paniers qu’il fallait, mais le public a énormément apporté. J’espère que nous garderons cette ambiance tout au long de la saison pour essayer de conserver cette invincibilité à domicile », explique Bastien Demeuré après le match.
Ce scénario différent pour les Rennais est bien géré, malgré quelques sueurs froides. Face à Challans ou à Tarbes-Lourdes, les Bretons ont réussi à porter l’estocade mais Tours, même en s’y employant, butte. Malgré les derniers lancers francs rennais manqué et un shoot désespéré au buzzer qui passe à côté chez les coéquipiers de l’ancien rennais Kameronn Selebangue, l’URB l’emporte !
« Défensivement, sur les quinze dernières minutes, j’ai retrouvé mon équipe, en tout cas dans l’intensité collective, et je pense que c’est ça qui nous fait gagner ce soir. On est restés concentrés sur le jeu. L’équipe adverse a pris deux fautes techniques. Tu gagnes de deux points, nous, on n’a jamais parlé à l’arbitre, et ce sont tous ces petits détails qui font qu’à un moment donné, ça tombe de notre côté.«

Un match contre une Elite 2 ?
La bande de Bastien Demeuré enchaîne ainsi un huitième succès toutes compétitions confondues, le sixième en championnat, une période historique pour le club en N1. Sans pour autant se prendre pour d’autres, les Rennais,n en tête du championnat avec Challans, attaquent ainsi novembre certes un peu fatigué mais plein de confiance et d’envie de porter au plus loin la belle série actuelle, avec Angers vendredi prochain au programme.
Pas le temps pour autant, de fêter ou savourer trop cette belle soirée, avec une récupération express à venir avant un long déplacement lundi dans le Nord, pour défier Boulogne-sur-Mer en coupe de France. En cas de victoire, les huitièmes de finale offriront une équipe d’Élite 2, le vainqueur du match entre Poitiers et Caen. De quoi poursuivre une belle saison où tout reste encore à écrire.
URB – Tours 80-78. (17-15, 28-29, 16-19, 19-15).
Brice Bertho




