JRS101- Basket : David Amarh, leader en devenir à l’heure de la confirmation

David Amarh, nouvel atout de l'URB
David Amarh, nouvel atout de l'URB @crédit photo JRS

Il a effectué le cours voyage de Lorient à Rennes cet été pour renforcer la raquette de l’URB mais surtout, franchir un cap dans une carrière lancée pour de bon. A la sortie d’un parcours atypique, David Amarh n’entend pas s’arrêter là et compte bien confirmer la confiance placée en lui.

Des filets de la cage de foot gardée avec passion aux mailles du panier à conquérir ou à défendre, il est question de taille, de détente, de dominer son adversaire, également. Il est aussi question de lecture du jeu, d’anticipation, de vitesse.

Rien ne se perd et tout se recycle, y compris une carrière de gardien de but amateur ayant finalement donné des bases précieuses à celui devenu Poste 5 incontournable de l’Union Rennes Basket cette saison.

David Amarh, 24 ans, n’était pas destiné à une carrière pro dans le basket mais s’est donné la chance d’y arriver : « Je pense avoir été opportuniste, saisissant les occasions quand elles se présentent et aujourd’hui, c’est une satisfaction d’être là même si j’ai encore beaucoup à prouver. ».

La déception Nanterre avant le départ pour un apprentissage basket XXL à Vanves

Du côté de Villeneuve-la-Garenne, ce fan invétéré du FC Barcelone et de Leo Messi, issu d’une famille de sportifs où se côtoient basket, foot et athlétisme avec les frères et sœurs, attaque le basket sur le tard, sur les conseils d’amis voyant en sa grande taille un argument incontournable : « Je jouais au foot à un petit niveau dans le club de ma ville et on m’a proposé le basket.

J’avais des amis plus âgés qui évoluaient au Stade Français, à un niveau régional et ils m’ont proposé d’aller faire un essai. J’y suis allé et je n’ai plus quitté les parquets. »

En U16, U17 et U19, celui qui joue alors ailier fort assure et fait impression. Il n’est pas le plus grand mais régale, entre vélocité et puissance, et vit même un essai à Nanterre pour intégrer le centre de formation. Là-bas, c’est un refus et une vraie déception : « J’ai vécu cela comme un échec, ça a été dur et du coup, je n’ai pas voulu en faire d’autres ailleurs. ».

Pour autant, le talent du garçon est bien là et tape dans l’œil de Corentin Sauzeau, joueur de Vanves, alors en National 2. Quelques centimètres s’ajoutent sous la toise en fin de croissance et une proposition pour être partenaire d’entraînement avec les seniors tombe.

Banco et place à un rythme de fou : le lundi et le vendredi avec le Stade Français, le mardi, mercredi et jeudi avec Vanves : « J’ai forcément pris de l’épaisseur physiquement, beaucoup travaillé au contact de joueurs de N2. J’ai découvert et appris le basket à ce moment-là et aussi mis dans ma tête l’envie d’être pro. Il fallait être plus smart, plus intelligent dans l’utilisation du corps, du ballon. Ce fut vraiment enrichissant ».

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Arte, la Clio 3 et un carton plein en N1 !

Une première année est ainsi disputée comme partenaire d’entraînement avec des matchs dans son club le week-end, avant la proposition, acceptée, d’intégrer la N2, avec des perspectives de jeu.

Hier grand chez les petits en catégories jeunes, David Amarh devient un « petit » chez les grands : « C’était assez surprenant de voir autant de joueurs grands, très grands et j’ai vite compris qu’il faudrait que je compose avec d’autres qualités pour faire ma place. »

Cela tombe bien, le néo-rennais n’en manque pas et son sens du jeu, sa rapidité, ses qualités défensives et une habileté certaine font mouche.

La seconde saison à Vanves est convaincante mais pas simple au quotidien. Avant ses entraînements, à 20 heures, il travaille dans les bureaux de la chaîne de télévision Arte, à Issy-les-Moulineaux, en employé polyvalent de 8 h à 17 h : « Un travail physique, dur, où je touchais à tout. Il y avait ensuite trois heures entre la séance et la fin du boulot. Cela faisait trop loin rentrer de chez moi, dans le 92 alors je dormais dans ma Clio 3. Une vraie bonne voiture, je vous promets (rires) ! C’était une période pas toujours simple mais qui m’a construit. ».

Les efforts du garçon sont récompensés lors de la troisième saison, avec un studio et un job de surveillant en collège, plus adaptés, proposés. David performe, son équipe aussi. Il tape à l’œil de Levallois, tout juste monté en N1 : « Vanves m’a fait grandir et l’opportunité de passer un cran au-dessus ne pouvait pas rester sans réponse.

Levallois avait un gros projet, et j’ai pu jouer dès la préparation. Ils m’ont proposé un appartement et une formation. Mon projet de devenir basketteur pro a pris de l’épaisseur avec des infrastructures top et le vrai temps hors salle pour récupérer, se préparer. J’ai vraiment kiffé. ».

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Colette Besson et un shoot fatal sur le buzzer

Sur le terrain, les résultats sont là et Levallois se qualifie pour la poule haute. David Amarh découvre aussi pour la première fois Colette Besson, un souvenir particulier : « On prend un trois points sur le buzzer, je ne sais plus si c’est de Paul Billong ou Kameron Selebangue mais je me souviens parfaitement que nous perdons (rires). J’avais adoré ce match et l’ambiance de la salle. »

Malgré ses belles performances, Levallois fait d’autres choix dans la raquette et le joueur est repéré par un certain…Pascal Thibaud. Dans l’attente de l’arrivée de son joueur américain, l’ancien coach de l’URB fait du néo-rennais son numéro 1.

Les débuts sont parfaits, avec des victoires enfilées comme des perles et des performances de haut niveau. Puis à l’automne, l’embellie s’estompe et Pascal Thibaud finit par être remercié : « Je n’oublierai jamais la confiance qu’il m’a offert, l’opportunité de me montrer. Par la suite, son adjoint, Thomas Le Roux qui a pris la suite, a été clair et j’ai fait les frais de certains ajustements. Nous avons mieux fini collectivement mais de mon côté, c’était moins ça. »

Un rôle de leader lui allant comme un gant

Bastien Demeuré, qui avait déjà repéré le joueur pour l’avoir affronté avec le Rennes PA quelques années auparavant, n’attend pas mai pour échanger avec le joueur, lui présenter son projet et le convaincre, avec un rôle nouveau à lui offrir, attendu ou presque par le joueur : « Au-delà du contrat pro, le premier en tant que tel sans cours ou boulot à côté, c’est le discours qui m’a plu, convaincu et les nouvelles responsabilités confiées. Ici, Bastien me demande d’être un leader, de prendre la parole dans le vestiaire.

De savoir aussi ne pas me frustrer quand ça ne va pas et de rester positif et d’emmener les gars avec moi. Je force ma nature pour cela mais ça me plaît, je progresse avec les conseils et l’apport de Bastien. C’est une chouette expérience avec un vrai groupe de super mecs. Il y a une saison géniale à vivre ».

A l’image du succès arraché à Challans, avec une réussite consécutive à une abnégation totale pour pouvoir saisir l’occasion au bon moment, l’URB réussit un beau début de saison, avec déjà, de belles références.

L’ambiance est là, l’ambition aussi : « Pour nous, c’est clair, nous voulons disputer la poule Haute. L’équipe a tout à y gagner, expérience, qualité, confiance. Ces dernières années, des équipes totalement inattendues comme Loon Plage ou Hyères Toulon sont allées très loin alors n’ayons pas peur de ne rien nous interdire… »

Désormais lancé, voilà David Amarh prêt à en découdre dans chaque raquette, avec un rôle de leader lui allant comme un gant. Comme une évidence pour l’ancien gardien de Villeneuve-la-Garenne, bien décidé à s’installer dans la durée à ce niveau, et plus si affinités.