Avec un effectif encore rajeuni mais paraissant au premier abord plus équilibré, l’Union Rennes Basket réussit une très belle entame de saison, avec déjà quelques jolis coups dans l’escarcelle. Alors que le club continue sa structuration côté coulisses pour préparer demain, l’avenir semble souriant sur le terrain.
Ce genre de final n’arrive clairement pas tous les jours et peut offrir deux effets : celui d’un coup de massue pour celui qui le prend, pleine face et celui d’un booster incroyable, pouvant lancer une saison. A Challans, alors qu’elle accuse 8 points de retard en attaquant la dernière minute, l’Union Rennes Basket, au prix d’un incroyable retournement de situation, a renversé la table.
D’abord en revenant à 5 points grâce à une défense tout terrain puis en exploitant au maximum la fébrilité du grand favori du championnat chez lui, en zone press, avec six points à zéro collés en 24 secondes.
Victoire, au final, 80-81 en ayant été devant au score 8 secondes et un exploit retentissant : « C’est un petit hold-up, c’est vrai mais nous avons eu le mérite d’y croire encore à ce moment-là du match et d’être lucides pour réussir ce qu’il fallait faire… » commentait alors Bastien Demeuré.

Un derby référence en confirmation d’un authentique exploit
Restait à savoir si ce troisième succès de la saison, le premier à l’extérieur après ceux pris face à Laval et aux Sables d’Olonne, allait être suivi d’une confirmation, tant dans le contenu que dans les points. Un derby à Fougères est alors proposé, pour enchaîner, après avoir déjà sorti ce même voisin une semaine plus tôt en coupe de France. La réponse est sans appel, impressionnante.
Pour la première fois de sa jeune carrière, Bastien Demeuré s’impose chez les « Bleu et Blanc » et ceux-ci sortent une copie quasi-parfaite, 89-67, écrasant la concurrence entre agressivité défensive autour David Amarh et Ewan Le Carour et brillant offensivement sous la houlette de Camille Jan, Timothé Koffo et Zyon Dobbs.
Le tout guidé par l’indémodable Joffrey Sclear, une nouvelle fois exemplaire des deux côtés et voilà l’URB prête à tutoyer le sommet de N1 en cas de succès lors de son match en retard contre Vitré.
Une aubaine et une ambition nouvelle se dessinant ? Non, mais plutôt une dynamique porteuse et permettant au staff rennais de travailler son projet sereinement, avec déjà des points précieux entassés dans la perspective de l’objectif poule haute : « Lors des deux premières saisons, j’ai échoué d’abord à un match, puis à deux de ces play-Offs. J’espère que nous y serons cette année » nous confiait Bastien Demeuré le mois passé.
Des nouveaux déjà au diapason
Pour ce faire, le coach breton dispose de sérieux atouts dans sa manche. S’il n’a pas encore pu profiter de la taille et de la science du jeu de Morgan Belloir, bientôt de retour sur les parquets, l’arrivée de David Amarh dans la raquette met pour le moment tout le monde d’accord.
Cinquième « rebondeur » défensif de la division avec une moyenne à 5.6 par match, l’ancien joueur du CEP Lorient fait la loi en défense et, en plus, marque en moyenne 14 points par match, amenant de vraies garanties à son coach, avec une moyenne à sept rebonds offensifs de l’autre côté du terrain !
Autre recrue annoncée en mode “cadre” par Bastien Demeuré au moment des présentations, Camille Jean commence à prendre ses marques et le volume attendu. Son talent individuel et sa propension à faire jouer les autres au bon moment prend de l’épaisseur et annonce de beaux lendemains.
Timothé Koffo, lui, sait quoi faire de sa grande taille et après cinq matchs disputés, affichait 12 contres soit le meilleur total, de loin, le plus élevé de la division. Un joueur spectaculaire, encore jeune dans le circuit et déjà en gros progrès après à peine deux mois passés à Rennes.
Prometteur, tout comme Maxime et Gaby Pointel, désormais bien installés dans le groupe, et évidemment Zayd Yahiaoui, encore un peu irrégulier dans la performance mais tellement brillant sur ses moments forts. Zyon Dobbs, enfin, confirme au fil des matchs que les dirigeants rennais ne se sont pas trompés en le faisant revenir tandis que Joffrey Sclear est toujours aussi précieux, dans la transmission du message URB sur le parquet que par sa précision et son sens du jeu.
En pleine maturité, le capitaine continue de marquer de son empreinte l’histoire du club et devrait bientôt devenir le meilleur marqueur de l’histoire rennaise. Pas de quoi lui prendre la tête pour autant ou lui donner l’impression d’avoir touché au but. Dans nos colonnes, ce dernier ne déclarait-il pas le mois dernier : “ Connaître une dernière montée avec Rennes, d’ici deux à trois ans? Oui, c’est un rêve, ce serait incroyable…”.
Un club entier qui avance
Non, le sujet du moment n’est pas (encore) à imaginer l’étage du dessus mais en revanche, demain se prépare dès aujourd’hui et sur le terrain, les joueurs du président Olivier Perez font le travail.
En coulisses, cela travaille dur aussi, avec des équipes marketing, communication et commerce élargies et efficaces et un travail mené vers la professionnalisation et le passage en société en cours. Pour grandir, l’URB doit confirmer sur le terrain mais surtout renforcer ses bases, à Colette Besson comme autour.
En ce sens, URB dans la Cité continue d’animer la vie citoyenne rennaise, à l’image de son dernier événement XXL place du Parlement.
Un succès total dans une journée dédiée à l’art urbain, au basket évidemment mais surtout, une invitation pour les jeunes de quartiers à tous se rejoindre dans le centre ville, dans une configuration de haut vol, à la différence des autres années où le club rendait visite aux jeunes dans leurs quartiers. L’occasion d’offrir une vraie rencontre entre le coeur de la ville et ses contrées plus éloignées, autour de la passion du basket.
Un ADN, rassembler et divertir, prolongé au-delà des murs de Colette Besson et véritable poumon d’un projet aujourd’hui tiré vers le haut par une bande de jeunes joueurs sans peur ni pression. Avec Tours et le CEP Lorient à la maison, et deux déplacements à Angers et Bordeaux, les rendez-vous pour confirmer et affirmer un peu plus de belles ambitions pour 2026-2027 ne vont pas manquer.






