« Ressortir frustré d’une défaite contre ce PSG, que personne n’a battu cette saison en championnat, cela en dit long sur l’état d’esprit et la performance des joueurs que je ne peux que saluer, y compris ceux qui ne sont pas rentrés. Ils ont défendu leur maillot, jouer leur chance et tous ont été au rendez-vous et cela confirme l’ambition de ce groupe. »
Les mots pesés et posés par Sébastien Leriche, à la sortie d’une soirée épatante à la Glaz Arena et peut-être de la meilleure performance réussie à domicile face au PSG depuis très longtemps, sonnent comme une validation.
La validation d’un mois, mais plus largement d’une saison, où les Irréductibles, si l’on excepte le passage à vide de novembre-décembre, n’ont de cessé de progresser. D’abord dans la cohésion et l’union qui se dégagent d’un effectif pourtant totalement remanié l’été dernier. Ensuite sur la constance, la régularité et la capacité à enchaîner les performances, résultats à la clé. Et, enfin, sur une qualité de jeu ayant poussé ce vendredi le PSG dans ses retranchements.
Le lien est là, unissant un groupe au regard tourné vers la victoire pour seul objectif, peu importe qui est en face : « Sur la fin de saison, nous n’avons pas l’ambition d’être dixièmes, neuvièmes ou septièmes mais de gagner tous nos matchs, tout simplement, balaie Mathieu Salou en conférence de presse d’après-match.
Le classement, nous avons la chance de ne pas avoir à nous en préoccuper comme l’an passé, avec la menace du maintien à chaque match. Là, nous jouons pour tout gagner et franchement, c’est plutôt appréciable. Ce soir, nous ressortons satisfaits de ce que nous avons fait, un match complet où nous n’avons pas à rougir. On est frustrés, car cela se joue à quelques détails, à peu de choses… »

Un premier acte mal payé
De retour d’une commotion cérébrale qui l’a privé du dernier déplacement victorieux à Dunkerque, l’arrière droit des Irréductibles n’a pas hésité à traduire ses intentions à son entrée en jeu, au quart d’heure. A ce moment de la partie, Paris essaie de se détacher de Bretons teigneux et bien décidés à garder éveillée une salle pleine comme un œuf.
Si les Irréductibles sont parvenus, dans un début de rencontre très rythmé, à coller un 3-0 plein de culot au PSG pour passer en tête, puis à compter même deux unités d’avance (6-4, 6′), la chose a aussi eu pour effet de mettre les leaders du championnat dans leur partie avec un 1-5 en réponse qui fait mal (7-9, 15′). Non, il ne faut pas trop titiller ce PSG…
Avec des montées de balles souvent fatales au cœur d’une défense ne trouvant pas les solutions, Luc Steins et ses coéquipiers font mal aux Cessonnais, pourtant pas en reste en attaque avec des ailes très efficaces portées par Théophile Caussé et Xavier Labigang et la grinta d’un Asier Nieto une nouvelle fois au four et au moulin.
A la 22′, Mathieu Salou, entré quelques minutes auparavant, démarre son récital. Avec cinq buts inscrits tout en puissance en 6 minutes, le Morlaisien permet de garder son équipe dans le coup, à quelques buts d’un PSG clinique en attaque. Au repos, Cesson accuse tout de même un débours de quatre buts, plutôt sévère au vu du très beau duel livré… (17-21).
Tout Cesson y a cru
La seconde période s’apparente alors, pour beaucoup, acquise d’avance au PSG, qui tient une avance susceptible de lui permettre une gestion de bon père des familles. Il n’en sera rien, avec des Irréductibles remontés à bloc et devenus irrésistibles ! Mate Sunjic, entré en fin de première période, sort un arrêt, Elohim Prandi frappe à côté et Luka Karabatic perd une balle d’attaque. Paris doute.
En face, Michal Baran (2), Xavier Labigang (2) et Mathieu Salou eux, ne ratent pas la mire et souhaitent la bienvenue à Jackie Green, entrée en jeu. Incroyable mais vrai, Cesson recolle à 22-22 en sept minutes, avec en prime, un « 2 minutes » pour Luka Karabatic ! L’exploit est en route mais hélas, dans la foulée, Erik Szeitl est lui aussi sorti par l’arbitre et le PSG reprend l’avantage.
L’histoire bascule peut-être ici, Paris appuyant sur l’accélérateur pour creuser un écart décisif grâce à trois arrêts décisifs de Jackie Green, impérial notamment aux sept mètres (3 sur 4 !). Sur cet exercice, Xavier Labigang (2), Alex Moran et Gustavo Rodrigues sont mis en échec et Cesson a dès lors laissé passer sa chance, concédant un 2-8 démontrant le coup de chaud puis le coup de sang des parisiens, bien décidés à remporter leur 24ème succès de la saison (24-30, 50′).
Un dernier 5-1 pour la route…
Là où d’autres se seraient écroulés, Cesson remet un coup d’accélérateur. L’exploit, possible ? Dur d’y penser et pourtant, avec une grosse abnégation, du talent, des défenses gagnantes et une grosse détermination, jusqu’au bout, Cesson gagne sa seconde période et se rapproche à deux petits buts, avec un 5-1 collé aux champions de France excusez du peu. A 31-33 et moins de deux minutes à jouer, Cesson rêve d’un nul mais Ulstad Lyse boucle l’affaire avec un dernier but validant la victoire des siens (31-34).
Tout Cesson y a cru, et c’est déjà là une victoire, ou presque : « Nous avons réussi à emmener toute la salle dans notre espoir de réussir l’exploit, c’est fort, souligne Sébastien Leriche. J’ai aimé le caractère de l’équipe, qui n’a jamais lâché et notre seconde période défensivement, bien meilleure que la première, où nous avons été beaucoup plus fermes. On partait de loin et on finit proches car quand on court après le score après Paris, c’est dur… Vraiment les points positifs sont nombreux. »

Face à Istres, pas de blagues !
Fin de série, donc, avec une première défaite après trois succès de rang alors qu’Istres se profile jeudi prochain à la Glaz Arena. Une rencontre dans un tout autre registre, avec un goût de revanche prononcé en mémoire du match aller : « Le groupe a de l’orgueil et du caractère et n’a pas oublié ce que nous avions proposé là-bas, au-delà de la défaite. Nous étions passés complètement à côté. »
L’intention d’effacer l’ardoise est là mais pour autant, pas de blagues face à une équipe pour le moment relégable : « Il ne faut pas penser que ça va être facile contre Istres après ce qui a été proposé contre Paris. Ce sera peut-être même, au contraire, encore plus difficile face à une équipe qui joue sa survie. Ce n’est jamais simple d’affronter ces formations là alors nous devons être prêts, rester dans la dynamique avec la confiance que nous avions déjà avant Paris et continuer sur cette lancée. »
Celle d’un classement final dans le TOP 8 possiblement à portée d’ici à début juin, surtout en mettant de tels ingrédients à chaque sortie.






