L’objectif est atteint. Merci Lens, au passage, qui en remportant la coupe de France, a fait passer le Stade Rennais de la Ligue Europa Conférence à la plus sexy Europa League. Une vraie satisfaction ou un moindre mal ? Il y a débat et surtout, confirmation, à minima, attendue l’an prochain.
Depuis des mois, nombreux sont les supporters s’amusant à rebaptiser le Stade Rennais en Racing Club de Rennes, avec les arrivées des anciens « Sang et Or », Arnaud Pouille, Seko Fofana, Przemyslaw Frankowski, Brice Samba puis Franck Haise et Lilian Nalis. Le rapprochement imaginaire des deux clubs a, en ce mois de mai, pu prendre encore un peu plus d’épaisseur avec l’arrivée d’Adrien Thomasson, en fin de contrat et la victoire en finale de la coupe de France des Artésiens, plus que jamais soutenus par la Bretagne. Et pour cause…
Incapable de performer à Marseille lors de la dernière journée de Ligue 1 et bouté hors du top 5 alors qu’il avait l’opportunité de prendre la troisième place, le club breton doit sa place en Europa League l’an prochain à la victoire lensoise face à Nice, une semaine plus tard. Au Nord, c’était les Bretons !

2.08 points par match sous Franck Haise, 1.47 sous Habib Beye…
Le Stade Rennais va ainsi retrouver « sa » coupe d’Europe, l’Europa League, compétition qu’il maîtrise le mieux et où il a pu vivre depuis dix ans ses plus belles émotions. Arsenal, le Bétis Séville, Villarreal ou Donetsk, les grands moments n’ont pas manqué, même s’ils n’ont pas, selon certaines éminences médiatiques parisiennes, marqué le cœur et l’esprit des amateurs de foot français.
Qu’importe, si le sceau de ces moments indélébiles n’a pas dépassé les frontières bretonnes, le peuple « Rouge et Noir » se réjouit, lui, de retrouver la scène continentale et les jeudis au Roazhon Park à partir de septembre. L’objectif est ainsi atteint, celui annoncé par le Board rennais en début de saison.
Celui pour lequel beaucoup d’argent a été dépensé, entre recrutement, plutôt réussi, mais aussi licenciements en cours de route. En route pour un énorme crash en février, le Stade Rennais a su réagir, à temps, en renvoyant à ses monologues Habib Beye et en recrutant, enfin, Franck Haise, déjà lorgné un an plus tôt par l’état-major rennais.
Un choix gagnant, avec une très grosse fin de saison menée par le nouvel homme fort du SRFC : 2.08 points par match, 25 buts inscrits, 16 encaissés, 8 victoires, un nul et trois défaites, de quoi être satisfait à l’issue de la saison : « Notre place, au bout de 34 journées, c’est la sixième. On fait partie des équipes qui se sont battues jusqu’au bout de la 3e à la 6e. Cela veut dire qu’il y a de la qualité dans ce groupe mais qu’il nous manque encore certaines choses. Cela peut être comblé par le travail et par quelques joueurs qui peuvent apporter un plus. »
Trop de points lâchés en route
Un plus pour éviter plusieurs loupés ayant coûté cher cette année. Car si la dernière sortie à Marseille fut ratée, ce n’est pas là que se trouvent à l’évidence les plus gros regrets. Tournez-vous plutôt vers les fameux matchs nuls face à Metz (0-0), Le Havre (2-2 et 1-1), Auxerre (2-2), Nantes (2-2) notamment, avec près de 10 points perdus bêtement alors que largement à portée de main, et les regrets deviennent évidents pour une équipe qui ne peut se satisfaire d’une sixième place.
Avec les faillites marseillaises, monégasques, l’irrégularité lilloise et les limites lyonnaises, Rennes avait réellement la place pour vivre l’une des plus belles saisons de son histoire, bouclée à 59 points en 34 matchs, soit 1.71 points par match…
Un chiffre à relativiser, surtout au regard de son évolution depuis l’arrivée du nouveau coach rennais (1.47 seulement sous Habib Beye, très loin des standards d’un vrai candidat à l’Europe) mais qu’il faudra évidemment élever la saison prochaine pour prétendre à mieux.

Adrien Thomasson première recrue, Nicolas de Tavernost officialisé
Pour cela, les grandes manœuvres ont déjà démarré alors que le livre de 2025-2026 est à peine refermé. Adrien Thomasson, capitaine du RC Lens, arrive donc libre de tout contrat et, du haut de ses 32 ans, apportera toute son expérience, sa hargne mais aussi sa finesse dans un milieu de terrain qui s’annonce très complémentaire et prometteur, à trois.
En concurrence avec Sebastian Szymanski, l’ancien joueur de Strasbourg, Nantes et Evian Thonon-Gaillard notamment retrouvera Valentin Rongier, avec qui il avait évolué en Loire-Atlantique. D’autres arrivées sont évidemment à venir dans un effectif qui devrait de nouveau être pas mal bousculé.
Brice Samba et Breel Embolo, joueurs cadres mais très couteux côté salaire, sont partis pour rester mais ne seront pas retenus en cas de belle offre. Abdelhamid Aït-Boudlal est suivi par Dortmund et Djaoui Cissé désireux de partir et probablement voué à être transféré à un montant important.
Côté arrivées, le Stade Rennais veut avant tout recruter malin, notamment du côté des fins de contrat, et ne pourra pas faire de folies avant de s’être séparé de ses indésirables Seko Fofana, Albert Gronbeak, Mikhaïl Faye ou Jordan James, les trois derniers ne souhaitant pas vraiment revenir et invités à trouver preneur pour libérer une masse salariale encore plombée par le mercato 2024 notamment.

Des ambitions revues à la hausse
Côté coulisses, comme prévu, Guillaume Cerruti, annoncé partant au printemps, a officiellement été remplacé à la présidence du conseil d’administration par Nicolas de Tavernost, bien connu des fans de foot pour avoir piloté Ligue 1+ depuis un an mais surtout été à la tête des Girondins de Bordeaux, via le groupe M6 qu’il présidait, pendant près de 20 ans.
Un changement fort à la tête de l’institution, voulu par l’actionnaire, censé amener pérennité et stabilité dans le temps à un club loin d’en faire preuve depuis dix ans. Pour preuve, quatre présidents du conseil d’administration en deux ans, quatre présidents délégués en sept ans, trois directeurs sportifs et huit entraîneurs, difficile de parler de réelle stabilité.
Celle-ci devrait néanmoins être indispensable pour répondre aux ambitions de l’actionnaire, évoquant chez nos confrères d’Ouest-France la conquête, à terme, d’une coupe européenne avant même d’imaginer des participations régulières à la Ligue des Champions. Franck Haise, avec un effectif qu’il va façonner et des moyens solides, devrait avoir les moyens d’ambitions revues sportivement légitimement revues à la hausse, où bien figurer ne suffira plus.
Avec un seul trophée en 50 ans, le Stade Rennais n’a plus de temps à perdre et bien des émotions à vivre et partager. Ce dès août prochain où la disparition d’un potentiel barrage européen ne peut être assimilée qu’à une première excellente nouvelle pour une saison qui en attendra de nombreuses autres.
Article extrait du JRS de juin, à retrouver en cliquant ici.





