Handball – Cesson : Un mois pour basculer vers le grand huit ?

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Xavier Labigang face à Dijon. @Crédit photo : JRS

Février conclu avec un bilan équilibré de deux victoires et deux défaites, 13 matchs sont encore à jouer dans une saison où le groupe cessonnais n’a pas encore livré tout son potentiel. Mars et ses cols plutôt relevés s’annonce et dévoilera si oui ou non, ce CRMHB peut prendre de l’altitude.

Un calendrier ouvert

Pour certains, il s’annonce très compliqué, pour d’autres, plus confiants, très excitant. Il y a sans doute un peu des deux et ce n’est pas Sébastien Leriche, en bon Normand, qui dira le contraire, avec Chambéry, Saint-Raphaël et Tremblay après la trêve internationale au programme des Bretons. Trois équipes face auxquelles Mate Sunjic et ses coéquipiers s’étaient inclinés à l’aller mais à chaque fois de pas grand-chose, avec des enseignements clairs retirés et des contextes bien différents de ce printemps arrivant.

Face aux Savoyards, d’abord, dans une Glaz redevenue imprenable depuis trois rencontres et les succès face à Dunkerque, Toulouse et Dijon, Cesson a les armes pour bouger une équipe aujourd’hui dans le Top 6 et loin d’être intouchable. Sous la menace d’un petit wagon derrière elle, l’ancienne formation de Gustavo Rodrigues a déjà chuté à la Glaz et n’arrivera pas en majesté en début de mois, consciente d’être perfectible de par sa jeunesse sur bien des points.

Regagner à l’extérieur

La semaine suivante, Saint-Raphaël sera en revanche un sacré défi, tant Cesson peine à ramener chaque année un résultat positif du Var depuis des années. La difficulté se résume même aux résultats en déplacement, sur l’ensemble de la saison, des Irréductibles, en quête d’un succès depuis octobre et un succès ramené de Chartres à l’époque, une éternité qu’il serait bon de raccourcir au plus vite. Irréguliers, les joueurs de Benjamin Braux, en plein milieu de classement, entendent bien ne pas être ceux permettant de stopper la mauvaise série.

Tremblay, enfin, à la Glaz Arena fin mars, sera une belle opportunité de jauger les progrès de l’équipe, qui s’était inclinée d’un rien début novembre, victime d’un match de folie du meneur Mathéo Fadhuile et du gardien, ancien Cessonnais, Rubens Pierre. Avec aujourd’hui quinze points au compteur et un maintien qui semble en excellente voie, Cesson doit ambitionner les 20 points, dès que possible et pourrait bien commencer sa récolte en mars.

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Des individualités attendues

 Si la force de Cesson réside clairement cette année dans son collectif, avec un ensemble dont la cohérence et la compatibilité s’affinent de mois en mois, plusieurs individualités, en 2026, ont déjà fait des différences et devraient être des fers de lance d’une ambition tournée vers le haut sans forcément avoir l’œil dans le rétro. En tête Xavier Labigang, forcément, exceptionnel depuis le début de saison et encore épatant face à Toulouse, Nîmes et Dijon.

Certes il a connu un coup de moins bien à Aix, avec des échecs en à peine dix minutes sur le terrain, mais l’ailier gauche cessonnais, dans le top 10 des buteurs du championnat, est l’homme qui conclut à plus de 80% de taux de réussite. De ses performances XXL dépendra aussi la suite des événements offensivement. Un secteur où la suite de la saison d’Egon Hanusz, meilleur passeur du championnat, sera scrutée. Bien que forcément désormais identifié, le demi-centre hongrois continue de martyriser les défenses adverses et reçoit souvent un traitement de faveur à la limite du réglementaire.

Erik Szeitl devra tempérer ses interventions

Très peu concerné par les rotations, Cesson ne disposant pas vraiment d’un autre demi-centre de métier, il reste à croiser les doigts pour que le physique tienne bon jusqu’au bout. Gustavo Rodrigues enfin, tête de gondole du mercato estival, a montré à Aix tout ce que l’on est en droit d’attendre de lui. Rugueux en défense, puissant et efficace en attaque, l’international brésilien doit endosser le rôle pour lequel il a été recruté. Plutôt à son aise sur les grosses affiches, pour lui, mars, et ça repart !

Erik Szeitl, enfin, ultra précieux en attaque dans son rôle de pivot via sa connexion avec Egon Hanusz mais aussi sa capacité à performer sur les blocs, devra tempérer ses interventions, avec deux expulsions prématurées en février, contre Toulouse (record de rapidité en la matière dans l’histoire du championnat) puis face à Dijon, en moins de 3 minutes. En attaque, la confirmation de la montée en régime impressionnante d’Asier Nieto est attendue, si celui-ci est enfin épargné par les blessures.

Préparer l’ambition et l’année prochaine

Si l’Europe paraît aujourd’hui inaccessible pour tout bon connaisseur du championnat et de ses habitués au top 8, la donne change l’an prochain, y compris, peut-être pour Cesson. Fini le Top 5 (voire exceptionnellement la sixième place) obligatoire pour imaginer l’hypothèse d’un destin continental. Pour la saison 2026-2027, les Play-Offs sont instaurés et le top 8 dans son intégralité sera concerné par la bataille.

Ainsi, le strapontin dédié à la cinquième place se jouera en phases finales, avec le cinquième contre le huitième et le sixième face au septième sur des matchs allers retours, avec derrière, une finale pour délivrer le ticket tant désiré. Une excellente nouvelle pour relancer une attractivité quasi nulle dès lors qu’une équipe est détachée au cœur du ventre mou et à l’abri de toute chute à l’étage inférieure.

La perspective d’arracher une première participation à l’Europe

Un profil qui est celui visé par Cesson, désireux d’accrocher la neuvième place et plus si affinités, et qui peut donc prendre ses repères cette saison dans la perspective du nouveau format à venir. Se bagarrer pour le meilleur classement possible désormais, oui, mais avec la perspective d’arracher une première participation à l’Europe, voilà une nouveauté pour laquelle le CRMHB doit commencer à travailler dès maintenant sur le terrain, et ce en allant chercher le meilleur classement possible.

Pour cela une salle pleine, des victoires à la maison et quelques points à l’extérieur, des jeunes qui gagnent leurs galons et des individualités au rendez-vous. La recette est là, parfaite et la photo serait belle. Mais si l’histoire se parcourt et se dévore dans les livres, en sport, elle s’écrira toujours sur le terrain et démarre dès maintenant pour Cesson, qui n’a plus aucune raison de s’empêcher, demain, de rêver plus grand.

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.

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