Handball – N1 : Jérémy Laurent : « En repartant du CPB, je ne suis plus le même coach, ni le même homme »

Après deux saisons passées au CPB, Jérémy Laurent quitte la Bretagne et rejoindra la N1 et le centre de formation du Paris 92, neuvième du dernier championnat de Ligue Butagaz Energie. Une véritable promotion pour un jeune entraîneur qui revient pour nous sur son aventure rennaise.

Ton départ a été annoncé courant mai après deux ans seulement passés en Bretagne. Pourquoi avoir choisi de quitter le CPB ?

Le club m’a averti de premiers contacts en mars et a ouvert la porte à un départ si l’opportunité m’intéressait vraiment. Dans mon parcours, diriger un centre de formation pro était un objectif, même si je ne l’imaginais pas si tôt. Les discussions ont eu lieu, en toute transparence et la décision a été prise en avril.

J’ai eu le plaisir de travailler dans l’année à distance sur des projets communs avec Kévin Charles, coach de la réserve de Paris 92. Celui-ci a été promu adjoint en équipe Une et a glissé mon nom pour me remplacer à la tête de l’équipe de N1 et à la direction du centre de formation. Cette opportunité, difficile à refuser, doit aussi me permettre de valider le Titre 6 à moyen terme, que j’ai pour objectif de valider avant mes 30 ans. Je n’imaginais vraiment pas, en arrivant il y a deux ans, que tout irait si vite…

De quoi sont donc remplis tes bagages au moment du départ ?

En partant du CPB, je ne suis plus le même coach, ni le même homme. Ici, tout est fait pour performer, progresser. L’accompagnement est constant que ce soit de la part des dirigeants comme des bénévoles, sans qui tout cela ne serait pas possible. Je n’oublierai jamais toutes ces personnes, dévouées, parfois plus heureuses ou meurtries que nous après un résultat positif ou négatif.

J’étais ici responsable de toute la filière féminine, jusqu’aux plus petites, et je pars avec tellement de sourires, quelques larmes aussi et une vraie affection et reconnaissance du boulot réalisé ensemble, avec les différents coachs ou accompagnants. Comme les joueurs, les éducateurs sont une équipe, je repars riche de cela et de tout ce qui a été partagé, avec tout le monde. On m’avait dit en arrivant que le CPB était une famille, on ne m’a pas menti.

« La suite pour moi est arrivée plus vite que prévu… »

Un club qui reste à part, qui met l’individu au cœur du projet, joueur ou entraîneur, avant le résultat en lui-même. Tu confirmes ?

Jamais quand les résultats n’étaient pas là, le club ne s’est désuni ou une pression quelconque n’a été mise sur les filles ou sur moi, au contraire. On discute, on échange et on cherche les solutions ensemble, sans incriminer. Il y a bien eu quelques défiances, ici ou là autour du club, des mots, mais les résultats ont répondu pour nous.

Je suis heureux de voir que nous terminons cinquièmes alors que nous étions à la dixième place à Noël. Le groupe a prouvé qu’il fallait croire en lui, et c’est une très belle victoire. Chez les jeunes, l’important était de développer le goût de la pratique tout en montant vers la compétitivité, au fur et à mesure, et les résultats sont là aussi très positifs.

Au sortir de ces deux saisons à Rennes, qu’as-tu appris au contact de ce groupe ?

Beaucoup de choses. Quand les résultats n’allaient pas, il y a eu beaucoup de résilience, d’investissement à l’entraînement et une volonté de remonter, de rester positif. Jamais nous n’avons parlé entre nous de relégation, nous étions focus sur nos capacités. Au-delà des résultats, elles m’ont aussi apporté la combativité, m’ont poussé à toujours accompagner mieux. Ne pas avoir de rancune aussi, accepter des visions différentes, écouter, être patient.

Je pense notamment à de nombreuses discussions avec Mathilde Lemaire mais aussi avec la plupart des filles. Toutes m’ont appris quelque chose et la relation a été formidable. Ce groupe était réceptif, il a toujours cru à ce qu’on lui proposait et fonçait pour l’appliquer du mieux possible. J’aurais vraiment volontiers poursuivi avec elles mais voilà, la suite pour moi est arrivée plus vite que prévu.

Quel est ton dernier mot au moment de tourner ta page bretonne ?

Je quitte une région que j’ai adorée, où le climat est loin d’être aussi terrible qu’on le dit. Je trouvais ça beaucoup plus dur à Caen (rires) pour le Sudiste que je suis ! J’ai adoré l’accueil, la gentillesse des gens, j’ai rencontré ici des amis que je compte garder pour la vie.

Côté sportif, nous avons été dans la lignée de l’énorme travail réalisé avant mon arrivée et j’ai tenté de renforcer la place de l’équipe en N1, tout en permettant aux deux autres équipes seniors de performer et en développant la formation.

Ce fut génial, et je remercie encore tout le boulot des bénévoles, vraiment, j’y tiens. Je pars le cœur gros, très heureux et je ne manquerai pas de revenir dès que j’en aurai l’occasion !

Article extrait du JRS de juin à retrouver en cliquant ici.

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.