Romain Corre avait prévenu, et sans doute senti le coup venir samedi soir dernier, au sortir de la victoire de ses filles face à l’USAM dans une Glaz Arena bouillante : « Ce sera compliqué à Pessac. Nous avons gagné deux fois cette saison mais à chaque fois, elles nous ont posé de gros problèmes. » A la poubelle le fameux adage du jamais deux sans trois, et c’est la troisième défaite seulement de la saison qui vient logiquement sanctionner les bretonnes à l’issue de leur voyage en Gironde.
Dans la banlieue bordelaise, les « Rose et Noir » ont tout simplement vécu une soirée sans. Sans Aziliz Vidie, blessée au doigt mais surtout sans la réussite et cet élan, ce dynamisme qui porte l’équipe depuis le début de la saison. Une de ces soirées laborieuses, qui démarrent souvent par un éclat après lequel il faut courir au fil des minutes. Le premier, d’entrée, avec un 4-1 en six minutes, indique qu’il faudra batailler dur mais cela n’offusque pas les visiteuses.

Une course derrière Pessac finalement perdante
Avec l’efficacité de Justine Boucheur-Le Roy, auteure de quatre buts, les Bretonnes recollent au quart d’heure de jeu (8-7). Cependant, elles ne parviennent pas, tout au long du premier acte, à passer devant à la mène. Mises sous pression par le jeu intense des coéquipières de l’ancienne grégorienne Cidgie Leroux, Eden Dumoulin et ses coéquipières ne décrochent cependant pas à la marque et restent dans le coup, arrivant au repos avec seulement deux unités de retard au compteur.
En seconde période, le mano à mano continue, avec beaucoup trop de déchet défensif dans une défense rennaise trop permissive. Trop peu d’arrêts de gardiennes (4 pour Marie Pouliquen, 3 pour Sarah Vukovac) et en face, Juliette Gallais trop souvent en évidence face aux tireuses adverses avec 15 arrêts au total : ces deux ingrédients sont aussi à la base du succès des Pessacaises, qui jusqu’au bout, ne lâchent rien.
Après avoir compté trois buts d’avance (18-15, 33′), celles-ci subissent le retour du SGRMH en puissance, jusqu’à se retrouver pour la première fois de la partie derrière au score au moment d’entrer dans le Money-Time (25-26, 49′). A courir après la marque, cependant, on s’épuise et les Bretonnes ne fructifient pas la bascule sur les ultimes minutes.
Pire, Pessac parvient à repasser devant grâce à Alblavie Mwadi puis Mathilde Plais pour conclure à 32-30, assez logiquement du reste, les Girondines ayant tout de même fait plus de 90 % de la rencontre en tête au score. Clermont battu, ce revers ne change pas grand chose au classement mais rappelle, au besoin, que la marge est faible pour quiconque dans ce championnat où chaque victoire l’est au prix d’un combat et d’un nombre d’erreurs réduit.

Retrouver la victoire à Bègles, dans quinze jours
Après la rencontre, Romain Corre dresse le bilan d’une soirée compliquée :« On a couru après le score, nous repassons devant à dix minutes de la fin, on y a cru et pensé avoir trouvé la solution. Nous avons cru pouvoir refaire le coup de l’emporter, comme d’autres fois cette saison sauf que là, non. Nous avons eu trop d’imprécisions, donné beaucoup plus de ballons que nous n’en avons récupéré pour réussir cela. »
Sans s’inquiéter plus que de raison, le coach breton constate : « Il y a eu un manque de maîtrise de certaines situations claires. Leur gardienne a su faire les arrêts qu’il fallait au bon moment. La fin de match se joue à rien et aurait pu tourner d’un côté ou de l’autre. C’est dommage que nous n’ayons pas su changer assez vite de comportement sur le terrain pour renverser le scénario du match plus tôt. »
Avant de conclure : « Cela arrive et nous rappelle juste la difficulté de gagner un match et il faudra batailler jusqu’au bout pour continuer à en remporter d‘autres. Nous avons un peu de temps pour nous reposer, nous allons analyser tout cela pour faire le meilleur match possible à Bègles dans quinze jours. Cela signifie aussi que l’on doit continuer à bosser avec intelligence pour ambitionner de maîtriser jusqu’au bout ce que l’on est capables de faire. Nous savons que nous pouvons réussir de très belles choses alors travaillons comme nous le faisons depuis le début de la saison. »
Le rendez-vous est pris pour Bègles, le 14 mars prochain.
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