Basket – Nationale 1 : Johan Randriamananjara, un polyvalent venu chercher de la stabilité en Bretagne

Portrait Johan Randriamananjara
A la découverte de Johan Randriamananjara. @Crédit photo : JRS

Capable d’évoluer ailier comme ailier fort mais aussi de remonter le terrain ballon en main, Johan Randriamananjara est un véritable couteau suisse. En s’engageant pour deux ans avec l’URB, l’international malgache de 26 ans a privilégié la stabilité, notamment après un début de saison dernière sans club et plusieurs mois difficiles passés loin de la compétition.

Pas d’inquiétude, si vous trébuchez dans la prononciation du nom de Johan Randriamananjara, vous n’êtes pas les seuls. Hugo Benitez, son ami et ancien coéquipier à Bourg-en-Bresse nous raconte : « Quand on jouait ensemble, on rigolait pas mal lorsque le speaker galérait à prononcer son nom de famille sur les matchs à l’extérieur (rires) ». Une petite pensée pour les speakers, notamment au moment de découvrir la feuille de match.

Dans l’Ain, il devient également ami avec un autre Benitez, Elian, le petit frère. Il nous en dit plus sur le numéro 77 de l’URB : « Concernant son jeu, il est capable de tout faire sur un terrain. Il peut tirer ou passer. Il est physique et athlétique. C’est vraiment un ‘all-around player’ ». Le terme, désignant un joueur complet, a, pour l’anecdote, été utilisé par les deux frères au moment de définir le style de jeu de Johan Randriamananjara, joueur polyvalent par excellence.

« J’ai choisi le basket parce qu’on gagnait plus de matchs (rires) »

S’il y a un autre point sur lequel les deux Benitez s’entendent, c’est sur l’humour de l’international malgache : « C’est quelqu’un de très marrant et il est très vif d’esprit », reprend l’aîné. Son arrivée en Bretagne lui a d’ailleurs permis de reprendre les études, un Bachelor en communication et marketing à Rennes School of Sports : « Après le bac, j’ai tout misé sur ma carrière. À 25-26 ans, c’est une bonne période pour reprendre les études et c’était un gros plus au moment de venir à Rennes. La reprise a été assez intense mais j’ai trouvé mon rythme ».

Si sa carrière sportive a rapidement pris le pas sur ses études, c’est aussi car tout est allé très vite pour le jeune Johan. Natif de Bondy et ayant grandi à Marne-la-Vallée, d’où le numéro 77 de son département d’origine (Seine-et-Marne), son parcours l’emmène dès 16 ans à l’INSEP, pépinière du basket français où les jeunes pousses tricolores peuvent évoluer en Nationale 1 avec le Pôle France : « C’est moins le cas aujourd’hui avec les centres de formation mais c’était vraiment le graal à l’époque », se souvient-il.

En remontant quelques années en arrière, le hasard fait quand même bien les choses : « Je voulais faire du foot le mercredi mais on ne pouvait m’emmener qu’aux entraînements du basket le samedi. J’ai quand même longtemps pratiqué les deux sports en match, mais il a fallu faire un choix. J’ai choisi le basket parce qu’on gagnait plus de matchs (rires) ».

« J’ai dû défendre sur Isaïa Cordinier »

Si les débuts furent surtout conditionnés à une question pratique, la suite est ascendante pour « le Breton métissé », surnom donné par les frères Benitez : « Jusqu’à mes 13 ans, j’ai joué à Val d’Europe, mon club de Seine-et-Marne où ma sœur entraîne d’ailleurs encore un petit peu. Ensuite, je suis parti au Pôle Espoirs de Châtenay-Malabry dans le 92. C’est là que j’ai quitté le cocon familial. Je l’ai plutôt bien vécu car c’est là que j’ai su que je voulais devenir basketteur professionnel. Ça a été un petit peu plus dur pour mes parents mais je rentrais quand même tous les week-ends pour jouer avec Charenton. »

Après deux ans au CREPS (avec un titre de champion de France U15 avec Charenton), la suite s’écrit donc à l’INSEP, pendant trois ans. À la sortie, il rejoint le centre de formation de Bourg-en-Bresse où il signe son premier contrat professionnel lors de sa deuxième année au club : « La première année, j’étais davantage avec les espoirs mais la deuxième, j’ai eu la chance de signer mon premier contrat professionnel en tant que dixième homme.

J’ai pu faire pas mal d’apparitions et j’ai énormément appris auprès de joueurs référencés. Je me souviens, après une grosse semaine d’entraînement, j’avais commencé dans le 5 pour un match contre Nanterre et j’ai dû défendre sur Isaïa Cordinier. C’est vraiment un club qui compte pour moi et j’ai aussi rencontré mes meilleurs potes là-bas. »

Elian Benitez : « C’est grâce à moi qu’il a trouvé sa copine (rires) »

Le premier appel de la Bretagne arrive et Johan Randriamananjara rallie Quimper et le Finistère : « Je faisais partie de la rotation avec à peu près 15 minutes de moyenne par match. J’ai eu moins de temps de jeu la deuxième année donc la question sur l’après ne s’est pas vraiment posée et j’ai pris la direction de Cergy-Pontoise ».

Si la saison se passe bien et qu’il découvre le rôle de « vrai titulaire avec des responsabilités », Quimper revient à la charge et il n’hésite pas à y retourner. Une nouvelle expérience bretonne gâchée par une élimination précoce en play-offs : « Nous perdons au premier tour contre Rueil alors que nous étions ultra-favoris. Nous avions un groupe exceptionnel mais collectivement, nous n’avons pas réussi à aller où nous voulions ».

Peut-être un mal pour un bien ? Dans l’équipe de Rueil évolue alors un certain Elian Benitez. Questionné à ce sujet, il nous livre que son ami n’a pas tout perdu cet été-là : « C’est grâce à moi qu’il a trouvé sa copine (rires) ! Nous battons Quimper en play-offs et il est donc en vacances plus tôt. Il est parti seul, à Lisbonne, de mémoire, et c’est là-bas qu’ils se sont rencontrés ». Si l’amour frappe à la porte, les clubs tardent à le faire et il se retrouve sans projet au début de la saison 2024-25.

Une blessure au genou qui le fait rater l’AfroBasket l’été dernier

Un véritable déclic pour le joueur de 26 ans : « Je suis resté dans cette situation jusqu’à mi-décembre. C’était assez compliqué car je pensais au moins trouver une pige. Plus le temps passe, plus tu te poses des questions. C’est aussi là que tu te rends compte que rien n’est acquis et que c’est une chance de pouvoir faire ce métier. Je suis parti à Nantes chez ma copine et j’ai pu m’entraîner avec le NBH et les espoirs. Ça m’a permis de me maintenir. Berck est ensuite venu. J’avais une vraie source de motivation et je pense que c’est là que j’ai joué mon meilleur basket ».

Une période délicate qui explique, en partie, son choix de rejoindre l’Union Rennes Basket après la parenthèse enchantée dans le Nord : « Je voulais de la stabilité et signer au moins pour deux ans mais il y avait aussi plein d’autres éléments. Le feeling est bien passé avec Bastien (Demeuré), j’ai pu intégrer l’école, ma copine est à Nantes et étant de région parisienne, ce n’est pas très loin. Forcément, ça s’est fait naturellement ».

Si l’ailier admet « pouvoir faire mieux », ce dernier n’a pas non plus été aidé par une gêne au genou qu’il traîne depuis un certain temps, l’obligeant à se faire opérer : « Je sais que je serai à 100% après l’opération ». Une blessure le contraignant même à rater l’AfroBasket l’été dernier.

« Je suis un grand fan du PSG et mon père m’emmenait au Parc des Princes quand j’étais petit »

Récemment, en février, il a tout de même pu prendre part à trois rencontres de qualification pour la coupe du monde avec les Ankoay : « Nous avons joué contre le Congo, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Nous perdons seulement de 8 points contre le Congo mais les deux suivants, c’est le niveau mondial. Tu joues contre des joueurs de très haut niveau ».

En attendant la fin de championnat à venir, Johan Randriamananjara aura aussi les yeux rivés sur une autre compétition : la Ligue des Champions : « Je suis un grand fan du PSG et mon père m’emmenait au Parc des Princes quand j’étais petit. Je ne rate presque aucun match et j’essaie de regarder ça en rentrant ». Prière donc de ne pas spoiler le principal intéressé un mardi soir à Colette-Besson.

Signature du journaliste.