Basket – URB : C’est l’heure du grand saut pour Morgan Belloir

Portrait de Morgan Belloir.
De retour sur les parquets, Morgan Belloir nous raconte sa première expérience en NM1 à 29 ans. @Crédit photo : JRS

Après 20 ans au CS Betton Basket (NM3), le pivot Morgan Belloir relève le défi de franchir le cap (et deux divisions) de la N1M avec l’Union Rennes Basket depuis cet été. Vivant pour la première fois du basket à 29 ans, il nous explique son choix et revient sur ses premiers mois au sein du club rennais.

Pour les plus fidèles de la salle Colette-Besson, forcément, le patronyme Belloir est tout sauf inconnu au bataillon. Pour Morgan, il va désormais falloir se faire un prénom après le passage remarqué et emblématique de Brieuc, son aîné, forcément interrogé au moment d’évoquer son petit frère : « Morgan, c’est mon petit frère. C’est également mon ancien coéquipier et le parrain de mon fils.

Notre relation, comme beaucoup de relations fraternelles, a été compliquée pendant un certain nombre d’années. Malgré les bêtises habituelles, ce qui nous réunit, c’est le basket : une passion que notre père nous a transmise et qui nous a permis de nous rapprocher en jouant ensemble, une fois arrivés en senior, pour le club de Betton. »

Sur le tempérament, le grand blond enchaîne :« Morgan, c’est quelqu’un de joyeux, un peu chambreur, qui reste fidèle aux personnes qu’il aime. Comme après chaque qualité vient toujours un défaut, ce n’est pas le mec le plus organisé que je connaisse ! » Le petit frère n’est apparemment pas le seul à chambrer dans la famille…

« Le vol de l’albatros… »

Un « petit » frère qui ne passe pas inaperçu du haut de ses 2,10m. Dans la raquette bettonnaise, Brieuc dépassant lui aussi le double mètre, les deux frères ont tout connu, en plus d’avaler les rebonds : « Avec Morgan, les plus beaux souvenirs de basket sont les matchs joués ensemble à Betton, la montée en Nationale 3, les moments de partage après les victoires et le vol de l’albatros dont il a le secret ». D’autres anecdotes arriveront un petit peu plus tard.

Mais alors, avec une telle envergure, comment se fait-il que Morgan Belloir n’arrive au haut niveau qu’à 29 ans ? La raison est relativement simple. Si des contacts ont bien existé lors de ses jeunes années, notamment en Bretagne, le pivot n’a tout simplement jamais donné suite, privilégiant ses études de kiné et son club de cœur : « J’ai fait toutes mes classes à Betton et je suis arrivé en seniors vers 16-17 ans avec d’autres coéquipiers de ma génération. L’équipe venait de descendre de N3 et on jouait le maintien en pré-nationale.

Nous avons fini par remonter en N3 à l’issue de la saison 2022-23. En sortie de lycée, j’ai préparé pendant deux ans le concours d’entrée à l’école de kiné, à Villejean puis à Beaulieu, et je suis finalement rentré en école de kiné en 2016, à Paris. J’y suis resté quatre ans mais j’avais encore ma licence à Betton et je rentrais toutes les trois semaines pour jouer ».

Déjà des contacts avec l’URB à ses débuts

Et les contacts dans tout ça ? « Sur mes premières années seniors, il me semble que j’avais eu des demandes de tests de la part de Quimper et de Vitré. J’avais également été en discussions avec Pascal Thibaud pour potentiellement intégrer l’URB, où jouait mon frère, mais j’avais les concours de kiné à ce moment-là », se remémore Morgan Belloir.

Plusieurs années plus tard, Bastien Demeuré a donc trouvé les mots justes, mais pas que, puisque le choix de Morgan de rejoindre l’URB prend presque une forme philosophique : « La saison dernière, Bastien est venu me voir plusieurs fois avec la N3 de Betton. Nous avons discuté et il m’a dit qu’il serait intéressé de tenter le pari et de me faire jouer à ce niveau-là, sans passer par la case RPA. Plus jeune, j’étais davantage sollicité pour mon potentiel que pour le joueur que j’étais. Je n’étais pas le plus performant.

L’année dernière, avec Betton, je fais une très bonne saison et l’équipe aussi en terminant deuxième. À ce moment précis, j’ai senti que j’étais sollicité pour le joueur que j’étais et non plus pour mon potentiel. Professionnellement, j’avais aussi envie de voir autre chose après deux ans et demi dans le même cabinet de kiné. Ma famille m’a aussi beaucoup soutenu, dont mon frère qui a été le premier à me pousser, et tous m’ont conseillé d’y aller ».

« J’ai la confiance du staff »

Freiné par une blessure pendant la préparation, le nouveau pivot rennais retrouve petit à petit les parquets. S’il admet ne pas être « encore à 100% », le processus est en cours et le « plaisir de rejouer » bien présent : « Très clairement, il y a une différence dans la dimension physique, dans la vitesse de jeu ou encore dans la prise d’informations. Les préparations de matchs sont aussi différentes et rien n’est laissé au hasard. Il faut encore que je trouve ma place offensivement mais j’ai la confiance du staff ».

Si sa grande taille sera un atout incontestable pour la deuxième partie de saison, elle ne l’a pas toujours été. Nous redonnons la parole à Brieuc, pour conclure : « Malgré sa grande taille, Morgan a le vertige. Quand nous étions plus petits, nos parents nous ont fait la surprise d’aller à Disney. Après avoir fait l’attraction Indiana Jones, en sortant du manège et tout en s’agrippant à la rambarde de sécurité, les jambes tremblantes, du haut de ses 8 ans, Morgan nous a annoncé avoir pensé à la mort pendant l’attraction. Fou rire garanti ! »

Avant d’ajouter : « Passionné par les chaussures, Morgan a offert une belle paire de Jordan pour la naissance de son filleul. Ne connaissant pas les pointures des enfants, il lui a pris une paire en 27 : elles seront parfaites pour ses 3/4 ans. J’attends toujours la même paire pour mon anniversaire ». Une histoire de basket(s) jusqu’au bout, en attendant de voir dans quelques décennies le filleul à la relève ?

Signature du journaliste.