Pour la première fois depuis bien longtemps, le Stade Rennais avait une occasion en or, ce dimanche, de s’emparer de la première place, en solo, du championnat de France de Ligue 1. Il a même eu l’occasion de le faire, au coeur des arrêts de jeu, en arrachant un improbable succès mais Mousa Al-Tamari ne lève pas la tête à temps. Sa frappe passe à la « Trap » et sur le contre, Valentin Rongier se trompe en concédant le penalty…
Pour couronner le tout, sur sa passe magique qui aurait du être décisive, Esteban Lepaul se blesse à la cheville : « Le connaissant, s’il sort dans le temps additionnel, à 3-3, et dans un temps fort pour nous, parce qu’il me dit qu’il ne peut pas, je ne vois pas comment à très court terme, et jeudi c’est du très court terme, il pourrait jouer » confesse à chaud Franck Haise.
Je n’ai vu qu’une image, c’est difficile à comprendre. S’il n’a pas pu repartir, je sais que c’est un vrai problème. » Un problème qui n’est pas le seul…

Des inattentions coupables payées cash
Avant cela, le Stade Rennais, comme trop souvent cette saison, n’a guère convaincu. Un match qui n’apporte toujours pas les réponses, avec de nouvelles rotations infructueuses et n’offrant pas la stabilité que l’on est en droit d’attendre d’une équipe pourtant armée pour titiller le podium.
Et comme en face, c’est un autre concurrent au haut de tableau qui donne la réplique, la sanction tombe : « Quand on prend quatre buts à l’extérieur, ce n’est pas facile de prendre des points, même si la balle du 4-3 est finalement pour nous. Et c’est difficile de prendre le quatrième de cette manière… il faudra siffler tous les tirages de maillot dans les surfaces alors. Si on les siffle tous, pourquoi pas. Bien sûr que la faute, il faut éviter de la faire. »
L’arbitrage, le fameux arbitrage… Si celui-ci a forcément pesé dans un match avec 4 pénalties sifflés, tous à raison, et un but refusé pour une faute de Djaoui Cissé au tout début de l’action, ce n’est certainement pas là qu’il faut chercher les raisons du second revers, certes un peu cruel, de la saison rennaise.
Si à Lyon, Rennes avait été débordé de toutes part, il a de nouveau encaissé quatre buts, un sacré souci, et a semblé à réaction. D’abord mené 1-0 sur un but signé Maxime Lopez, offert par la nonchalance de Ludovic Blas sur une perte de balle totalement évitable dans l’axe, le Stade Rennais réagit sur penalty.
Esteban Lepaul l’obtient et le transforme, suite à une faute de Pierre Lees-Melou (28′, 1-1).
Sans se créer de réelle occasion si ce n’est sur une tentative de Ludovic Blas,les Bretons auraient du rentrer aux vestiaires à égalité mais dans les arrêts de jeu, Maxime Lopez signe un doublé, totalement oublié au second poteau… (2-1,47′).

La seconde période est meilleure. Plus de maîtrise, des occasions, et un bon quart d’heure. Néanmoins, à chaque nouveau penalty transformé par Esteban Lepaul pour recoller au score, les mêmes maux. Rennes se relâche, est incapable de garder le ballon et un semblant de sérénité, et manque terriblement de leader pour garder la maison bien rangée.
Pire, Lassine Sinayoko s’offre un doublé, réalisant un très beau ciseau retourné en toute tranquillité en gagnant son duel face au pourtant solide Charlie Cresswell puis transformant le péno de la gagne au fin fond du temps additionnel.
Presque sans surprise dans un match fou-fou où la qualité technique parisienne incarnée par Illan Kebbal et Pierre Lees-Melou et le réalisme de Sinayoko (deux passes décisives et deux buts…) ont fait la différence face au triplé, sur pénalty, de l’indispensable Esteban Lepaul, bien trop seul sur la ligne d’attaque rennaise.
Dès jeudi, le Stade Rennais enchaîne, avec du lourd au programme en défiant la Juventus, leader de l’Europa Ligue. Un sacré défi : « À Turin, il faudra tout faire mieux. Il n’y a pas que de la défense que j’attends du mieux, mais de tout le monde. On concède beaucoup trop d’occasions. Je trouve que l’on fait une bonne seconde mi-temps, mais il faut être régulier pour avoir des ambitions. »
Avec ou sans Esteban Lepaul, le Stade Rennais devra se montrer à la hauteur d’une semaine aux allures de tournant, avec un match déjà capital au Roazhon Park face à Strasbourg.




