La douce euphorie ayant enlacé le microcosme « Stade Rennais » après la première convocation d’Esteban Lepaul chez les Bleus et l’impressionnante collection de joueurs formés au clubs également appelés aura été de très courte durée. A peine 24 heures chrono mais là, pas de Jack Bauer pour sauver une équipe totalement passée à côté, loin, trop loin du niveau requis.
Celui demandé pour être prétendant au top 5, voire mieux. Celui demandé aussi pour rivaliser avec des Lyonnais séduisants, entreprenants et qui n’avaient pas besoin d’aide pour confirmer le fait d’être un très gros client. Invaincu jusque-là, le Stade Rennais s’est totalement planté ce samedi !
Nous vous épargnerons de revivre un naufrage collectif dont personne n’est à ressortir, excepté peut-être Brice Samba, une nouvelle fois décisif à plusieurs reprises et sans qui, la note aurait été bien plus salée…

» Le premier fautif, c’est moi »
Un doublé pour Ernest Nuamah (7′ et 30′) en première période, un but pour Zachary Athekame (48′) puis un bijou de Corentin Tolisso pour conclure (78′) et c’est surtout cela qui doit ressortir d’une soirée affreuse côté breton, qui se conclue sur la première défaite d’un Stade Rennais dont la composition d’équipe d’entrée de jeu interroge avec un trio d’attaque préférentiel laissé sur le banc…
En conférence de presse, Franck Haise assume : » Quand on est entraîneur, en l’occurrence avec les sept changements que j’ai fait et que l’on prend 4-0, le premier fautif, c’est moi. » Difficile, en effet, de contredire celui qui avait déjà de quoi être déçu jeudi soir après le nul concédé à Sturm Graz.
« Après, on est tombé sur une équipe qui nous a largement été supérieure dans tous les domaines. On a essayé mais on était trop loin de Lyon ce soir pour espérer quelque chose de positif. On a tiré au but, mais sur la dangerosité, il n’y a pas eu photo. Contre Lyon, il faut être excellent du début à la fin. Je ne minimise pas nos manques mais il ne faut pas minimiser la qualité du jeu de Lyon ce soir. »
Encore aurait-il fallu avoir la vraie détermination pour gêner des Gones installés dans un fauteuil tout au long de la partie face à une défense en panique permanente et trop souvent prise sur ses points faibles et une attaque inexistante ou presque, décriée, Arnaud Nordin – Boulaye Dia- Eliezer Mayenda :
« Je ne vais pas tirer des enseignements sur certains, notamment les trois joueurs offensifs qui travaillent bien. Sinon, je n’aurais pas été tenté de les lancer ensemble. Au-delà des trois joueurs, on a tous pris l’eau. »
Du repos pour Esteban Lepaul, le désert derrière lui…
Sur le banc pour la première fois de la saison, quelques heures après avoir été appelé chez les Bleus, Esteban Lepaul a ainsi enchaîné une nouvelle soirée muette, sans pour autant inquiéter son coach : « Il avait donné beaucoup, il a commencé tous les matchs. Quand j’analyse les datas, on est une équipe qui court beaucoup, qui fait beaucoup d’efforts.
Et on a besoin de ça, on est obligé d’être dans le volume. Je suis obligé de faire certains choix. Boulaye Dia n’est pas n’importe qui, c’est un très bon joueur. Il faut aussi, à un moment, lui laisser de la place.«
Une décision précipitant le non-match de son équipe ? « Je ne suis même pas certain que ce soir, ça aurait changé grand-chose si on avait mis que deux sur trois ou un sur trois. Je n’en sais rien finalement. Les choix, de toute façon, je ne vais pas les regretter. »

Rendez-vous contre Auxerre dans trois semaines
Ceux-ci, au vu de la prestation du soir de ceux à qui la chance était donnée, ne seront pas cornéliens si les choses ne changent pas à l’avenir et que les progrès ne sont pas observés pour les entrants…
Celui-ci se dessine ainsi après la longue trêve internationale et la réception d’Auxerre, pour rebondir, immédiatement. Tant au classement que dans la manière : « Je ne vais pas dire qu’il faut se taire parce que je suis là pour expliquer, mais il faut repartir au travail en se disant qu’on était très loin du niveau aujourd’hui.
Je n’oublie pas le positif qu’il y a eu avant mais il faut se rendre compte de la différence entre les deux équipes. Il y en a 13 qui vont partir avec leur sélection. Et puis nous, on va rester avec 9-10 joueurs. On va se mettre au travail avec de l’entrain, de l’envie, puis montrer contre Auxerre un autre visage. Celui qui, je pense, correspond mieux à mon équipe. »
Ce serait un moindre mal après ce non-match qui, espérons le, n’était qu’un accident de parcours et non un révélateur du niveau d’un Stade Rennais ayant pris tout de même 10 points sur 15 jusqu’ici. Les conclusions hâtives et les amoureux du négatifs attendront alors encore un peu. En cela aussi, la trêve tombe à pic…




