Si la VAR divise et continuera de diviser les amateurs de foot, tous admettent sa capacité à faire monter le palpitant… Ce dimanche, le Stade Rennais est passé par toutes les émotions, récupérant un penalty au cœur des arrêts de jeu raté à vitesse réelle par M. Lissorgue puis annulant un autre pour la balle de 3-3 aux Manceaux quelques minutes plus tard.
Après la rencontre, Franck Haise confiait : « Nos analystes qui ont les images, nous avaient prévenus des deux décisions. Pour Patrick (Videira, entraîneur du Mans), en revanche, c’est dur… C’est aussi pour cela que je lui ai glissé un mot, on connaît tous ces situations« .
Le fair-play est là et Franck Haise n’est pas homme à mentir. Car au-delà de cette décision favorable, il le sait : son Stade Rennais a clairement frisé la correctionnelle ce dimanche.

Au Roazhon Park, certains, sur le terrain et autour, s’étaient sans doute imaginé un match facile. Que nenni ! « Je le dis tous les jours et encore à la causerie, il n’y pas d’adversaires faciles en Ligue 1. Nous avons eu des moments de relâchement et en face, il y a des bons joueurs partout, le duo d’attaquants, au milieu ça travaille.
C’est une équipe complète. Quand vous lâchez trop de choses, c’est normal de se faire punir. En Ligue 1 il faut plus de maîtrise, ne pas offrir des buts sur des erreurs de concentration et de lecture. «
Le Stade Rennais pense pourtant s’être rendu la rencontre facile avec beaucoup de réussite. Dès la 5′, l’inévitable Esteban Lepaul trouve le chemin du petit filet tout en finesse et en précision, suite à un délice de déviation d’Adrien Thomasson, auteur de sa première passe décisive de la saison. Un but très propre techniquement et collectivement qui semble donner le ton.

Sans complexe, Le Mans réagit et ne se laisse pas abattre. Louis Mafouta met à contribution une première fois Nicolas Lemaître, titulaire à la place de Brice Samba, préservé (15′). Avertissement sans frais pour les « Rouge et Noir » suivi d’un second avec Dame Gueye qui loupe l’immanquable sur un service de Matoufa, très remuant (25′).
Entre suffisance et imprécision
Très souvent transpercé dans le jeu de transition manceau, le Stade Rennais réussit pourtant un improbable break dans la minute suivante sur l’une de ses rares sorties dans le camp sarthois. A l’angle de la surface, Valentin Rongier enroule un tir placé et trouve le petite filet (2-0, 26′).

Plutôt heureux de cette avance au vu du contenu proposé, le Stade Rennais multiplie ensuite les pertes de balles et approximations techniques, tant avec les pieds que dans les placements. Des joueurs ayant pourtant déjà prouvé leur qualité, mais peut-être pensant l’affaire entendue…
Ce à l’image d’Abdelhamid Aït Boudlal, à côté de son match, qui oublie totalement Louis Mafouta à la demie-heure de jeu pour la réduction du score (2-1, 30′). Une attitude loin d’avoir plu au coach rennais, peut-être autant agacé par le terrain que la pression mise en coulisse par l’entourage du joueur pour un départ : « Soit il apprend vite, soit on le change parce qu’il y a de la concurrence à tous les postes. Il peut faire de s choses bien, mais si tous les week-ends, c’est un but… »
Rennes n’est pas dans un bon jour et quelques minutes plus tard, Louis Calodat est tout proche d’égaliser mais Nicolas Lemaître dit non (32′). Dans les ultimes minutes, un tir de Sebastian Szymanski, de peu à côté puis une tentative de Mousa Al-Tamari, totalement absent des débats ce dimanche, inquiètent la défense mancelle mais sans succès.

Rennes sauvé par les événements
Si le premier acte bouclé fut très moyen, le second est pire ! Alors qu’il se doit d’enfoncer le clou et de se comporter en patron, le Stade Rennais est à côté de son match. Les latéraux ne proposent aucun dédoublement dignes de ce nom et encore moins de centres, avec un match terrible pour Quentin Merlin en la matière.
Au milieu, le trio Valentin Rongier-Adrien Thomasson-Sebastian Szymanski n’a pas son rendement de la première sortie face à Paris tandis qu’en attaque, seul Esteban Lepaul amène du danger, contrairement aux fantomatiques Issa Soumaré et Mousa Al-Tamari.
Le Mans est récompensé de ses intentions par un penalty, validé par la VAR, suite à une main de Przemyslaw Frankowski et transformé par l’inévitable Louis Matoufa (52′). Les minutes suivantes n’arrangent pas les choses et Franck Haise ne s’y trompe pas.
A l’heure de jeu, il change deux de ses hommes, avec les entrées d’Arnaud Nordin et Mahdi Camara. Avec du mieux, même si Mousa Al-Tamari rate deux grosses occasions coup sur coup à l’heure de jeu : « Certains entrants ont fait de belles choses notamment au milieu, offensivement. Mais on a rendu trop de ballons, on a eu du déchet dans des zones où il n’y avait pas de difficultés majeures. »

Sidibé expulsé en 43 secondes, Nicolas Cocik blessé…
Du coaching, Patrick Vide-ira en fait aussi mais n’est pas heureux au moment d’entrer son champion du monde Djibril Sidibé à la 69′. Celui-ci, dès sa première action 43 seconde plus tard, est expulsé pour une grosse semelle très dangereuse sur Esteban Lepaul… Réduit à dix, Le Mans n’est pas verni et Rennes tient une belle occasion de reprendre les devants.
Eliezer Mayenda et Ludovic Blas entrent à leur tour, tout comme Mahamadou Nagida. Rennes essaie, pousse et Arnaud Nordin est tout proche du 3-2 mais butte sur Nicolas Kocik. Celui-ci fait dont de son corps et de sa cheville au passage et laisse sa place à Ewan Hatfout (82′).

Ludovic Blas, auteur d’une très bonne entame, touche ensuite du bois deux fois en deux minutes. D’abord en coupant au premier poteau un centre de Frankowski qui va mourir sur le second poteau puis en voyant un délice de lob, suite à une belle interception en profondeur, s’écraser sur la barre… (89′).
Dix minutes d’arrêts de jeu sont ensuite annoncées, ouvrant l’espoir d’une victoire sur le fil. A juste titre, puisque le VAR, suite à une main de Boissé, offre un penalty au Stade Rennais. Avec détermination, Esteban Lepaul inscrit son troisième but de la saison, en force et avec rage, avec la bonne célébration qui va face aux supporters manceaux.
… et Rennes sauvé par le VAR
La suite est connue, avec au fond des arrêts de jeu, une nouvelle boulette rennaise, signée cette fois-ci Mayenda, pourtant auteur d’une belle rentrée, qui fauche Rabillard dans la surface… Heureusement, la VAR intervient une troisième fois dans ce match, pour « climatiser » les manceaux avec un hors-jeu préalable de Voyer…
Rennes s’en sort très bien et devra regarder plusieurs fois son match afin de corriger beaucoup de choses qui ne pardonneront pas face à d’autres équipes. A l’évidence, les « Rouge et Noir » se doivent d’afficher bien plus de maîtrise et de qualité et surtout, en a les moyens…
Abonnés aux 2-0 remontés à 2-2 l’an passé, les Rennais ont néanmoins évité d’en empiler un second en deux matchs et comptent quatre points sur six. Pas si mal tout de même et à valider dès dimanche prochain à Angers, contre une équipe plus solide et moins permissive que l’adversaire du jour.
Une belle occasion aussi de voir la capacité de réaction et d’apprentissage des joueurs de Franck Haise, avec un groupe peut-être modifié d’ici là, avec la clôture du mercato mardi soir. Des dernières heures qui pourraient être bien utiles pour compléter un effectif où, à l’évidence, quelques manques subsistent…




