Handball – Starligue : Cesson a eu chaud mais s’impose face à Istres (31-30)

La maestria d'Egon Hanusz décisive dans la victoire Cessonnaise @Crédit Photo Cyril Mosqueron

Les années passent mais le constat demeure. Depuis sept ans, Istres est rarement venu pour rien à la Glaz Arena qu’il avait inauguré le 14 mars 2019 en venant s’imposer et gâcher la fête (20-23) des Cessonnais. Depuis, une seule victoire pour les Bretons, le 29 septembre 2022, un nul et deux défaites face à un adversaire toujours pénible à jouer, bien qu’en grosse difficulté au classement.

La rencontre avancée de la 26ème journée de Starligue n’a pas dérogé à la règle et les Irréductibles sont encore une fois passé tout près de la correctionnelle face aux Taureaux.

Une première période fantôme

« Ils ont attaqué la partie avec la détermination et l’envie d’une équipe qui se bat pour son maintien, ont mis les ingrédients. Pas nous… ». Sébastien Leriche, après la rencontre, confirme l’impression laissée par ses joueurs. L’entame est plus que poussive et devient même lénifiante, avec une intensité aux abonnés absents et des maladresses à gogo.

Les deux premières possessions de chaque côté sont soldées par des échecs ou des arrêts de gardiens, les seuls ou presque du premier acte. Le ton est donné, avec un triste 3-3 au bout de huit minutes de jeu.

Si conquérants et séduisants face au PSG à peine une semaine plus tôt, les Bretilliens n’y sont pas du tout, bien que devant au score grâce à l’efficacité de Xavier Labigang (5 buts dans le premier quart d’heure, 10-9, 15‘) et Istres profite de l’aubaine pour rêver à un succès.

Après avoir couru après le score, les joueurs de Bastien Cismondo réussissent à faire basculer les débats en leur faveur sous l’impulsion d’Edmilson Araujo et Mohammad Sanad, clinique sur son aile. Cesson joue le coup de la panne, avec seulement deux buts en dix minutes et les Provençaux, profitant des multiples pertes de balles dans une Glaz anesthésiée, pour virer à la pause avec quatre buts d’avance, comme le PSG quelques jours plus tôt… (14-18).

L'accompagnement durable dans l'habitat.

Egon Hanusz et Jean-Emmanuel Kouassi en facteurs X !

Une révolte s’impose pour exister dans un match jusque-là ultra-décevant et sur les deux premières attaques istréennes, associées à deux grosses pertes de balle, Cesson accentue son retard, porté à -6 (14-20). Comme à l’aller, dans le match le plus raté de la saison face aux Mauves, les Irréductibles n’y sont pas du tout et se dirigent vers un gros loupé. Heureusement, la réaction arrive.

Et comme souvent dans ces cas-là, un ou deux exploits individuels remettent la machine en route. A la baguette, Jean-Emmanuel Kouassi, commence à enchaîner les parades, écœurant au fil des minutes les tireurs istréens (neuf arrêts au total en seconde période, dont six d’affilée au meilleur moment !) et le trio Egon Hanusz, Mathieu Salou, Erik Szeitl de l’autre côté, pour réinsuffler confiance et réalisme à une équipe jusque-là à côté de son handball.

Jean-Emmanuel Kouassi en mode Mur en seconde période @Crédit photo Cyril Mosqueron

Mention spéciale au meneur de jeu hongrois, exceptionnel de talent, une nouvelle fois. Frustré en première période et parfois énervé, ce dernier prend les affaires en mains, faisant briller ses arrières (8 passes décisives …) mais enflamme la Glaz, avec sept buts au total, dont trois bijoux. Et comme le bras de Mathieu Salou répond présent lors du second acte, pendant qu’Erik Szeitl réussit une très grosse performance en attaque (5/5) comme en défense, tout va mieux côté cessonnais.

« Ce n’était pas un problème tactique, mais d’engagement »

La remontada est en route et l’issue apparait au fil des minutes, comme inexorable. Plus fort techniquement, Cesson ajoute un ingrédient indispensable à ce niveau, comme le précise Asier Nieto après la rencontre : « On a fait la différence avec plus d’intensité, surtout en défense. Ce n’était pas un problème tactique, mais d’engagement. On a su réagir après la mi-temps et ça nous permet de gagner. »

Mathieu Salou décisif en seconde période @Crédit Photo Cyril Mosqueron

Avec la grinta et une vraie difficulté à passer devant au score (25-25, 48′), Cesson finit par prendre le contrôle de la partie, sans jamais pour autant détacher des Istréens accrocheurs. Egon Hanusz, avec notamment un exceptionnel tir sur jet franc aux neuf mètres, inscrit les trois derniers buts de la partie, comme un symbole.

Istres a tout de même une dernière cartouche dans les ultimes secondes mais échoue, au grand soulagement de Cessonnais ravis de fêter leur douzième succès de la saison (31-30).

Ils étaient pourtant prévenus…

Pour Sébastien Leriche, « il faut déjà retenir avant tout les deux points, parce qu’on était très mal embarqués. La première mi-temps a été catastrophique : aucun engagement, pas de caractère, pas de combat… Il n’y avait rien à garder. J’ai été très clair à la pause là-dessus. »

Avant de poursuivre : « La réaction en deuxième mi-temps vient d’un vrai sursaut d’orgueil. On a enfin mis les ingrédients qu’il fallait : plus d’intensité, de la solidarité, des arrêts importants, une meilleure efficacité offensive. Sans être parfaits, ça nous a permis de revenir dans le match, de repasser devant et de relancer aussi le public.

La bascule se fait avec plus d’engagement dès le début de la seconde période. On enchaîne quelques bonnes séquences défensives, on se libère, on revient rapidement et on prend l’avantage. J’ai quand même eu peur sur la fin, notamment sur certaines situations, mais on a su tenir. »

Un public au final satisfait mais qui n’avait peut-être pas imaginer ce match,au contraire d’un coach qui avait pourtant prévenu son monde tout au long de la semaine : « Je craignais un peu ce scénario après notre match précédent, où il y avait beaucoup d’euphorie. Nous avons averti, tout au long de la semaine avec le staff, que ce match allait être très difficile.

On passe d’une grosse ambiance à une salle plus calme, et si on ne met pas d’énergie sur le terrain, il ne se passe rien. En première mi-temps, on a été nos propres spectateurs, on n’est jamais entrés dans le match.

En outsider à Bougnol

Face à un adversaire jouant sa vie, cela a failli ne pas pardonner : « Il faut aussi reconnaître la qualité d’Istres, notamment défensivement. Ils nous ont mis en difficulté et nous, on était complètement à l’envers, individuellement et collectivement. À la pause, ce n’était même plus une question de tactique : j’avais l’impression qu’on ne jouait pas avec le même maillot.

J’ai donc insisté sur l’état d’esprit, sur la révolte, le combat. On a retrouvé de la sérénité en deuxième mi-temps. On a senti que la dynamique était enclenchée. Même avec quelques erreurs, on avait le sentiment que ça tournait en notre faveur. Mais attention, ça ne passera pas à chaque fois. »

Face à Montpellier, par exemple, vendredi prochain à 20 heures, une seule mi-temps réellement jouée sera insuffisante pour espérer un exploit du côté de Bougnol et un éventuel rapprochement d’une septième toujours accessible à quatre journées de la fin. Un vrai beau défi sans pression pour une équipe décidemment plus à l’aise en position d’outsider qu’en favori.

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.