Football – Ligue 1 : Rennes rate sa sortie au Vélodrome et cultive les regrets (3-1)

Place aux regrets pour le SRFC @Crédit Photo JRS

La partie la plus irrationnelle du « deal » à conclure pour la Ligue des Champions l’a été : oui Lens est allé exploser Lyon bien qu’alignant une équipe bis tandis que Lille s’est totalement loupé à domicile contre Auxerre (0-2). Rennes n’avait ainsi qu’à prendre un point, trois si affinités, pour pouvoir disputer le barrage de la Ligue des Champions voire obtenir en qualification directe et troisième place plutôt classe! Mais pour cela, encore aurait-il fallu jouer 90 minutes au Vélodrome, et non à peine 45…

Bien que l’Europe soit au rendez-vous à l’issue d’une saison totalement rocambolesque, l’amertume prédomine à la sortie d’un Vélodrome pourtant hostile à sa propre équipe… Comment rater de la sorte son entame de « finale », avec tant d’approximations et d’erreurs individuelles au moment où la solidité nerveuse et technique auraient dû être les arguments prioritaires pour réussir quelque chose ? Rageant !

Un début de match qui gâche tout

Le premier but est ainsi une succession d’approximations et de passivité, la défense laissant totalement Pierre-Emile Höjbjerg s’incruster et ajuster Mathys Silistrie d’entrée (1-0, 2′). Comme en coupe de France, au même endroit, Rennes est à l’envers et n’a pas saisi le contexte. Après match, Valentin Rongier rageait au micro de Ligue 1+ : « On est très mal entrés dans le match. Ici, il ne faut surtout pas faire ça, ils essaient d’emballer dès le début et d’emmener le public avec eux. On a tendu le bâton pour se faire battre… »

C’est peu de le dire, le pire arrivant quelques minutes plus tard avec cet insupportable obsession de relance à trois dans les six mètres, surtout quand la technique ou la sérénité, au choix, n’est pas au rendez-vous. Résultat, Mathys Silistrie rate totalement son dégagement, contré par Amine Gouiri, l’ancien de la maison, qui traînait par là…

Mais où est passée la bonne vieille « sacoche » sur six mètres et quel apport réel à ces relances que seul le Barça de Guardiola savait maîtriser à la perfection ? Neuf minutes de jeu, 2-0 et une affaire déjà pliée…Triste, consternant même, à la hauteur des espoirs placés dans ce match.

Un match trop ouvert…

La suite ? Pas de révolte, encore moins d’occasions franches jusqu’à un missile de Mousa Al-Tamari en fin de première période, légèrement dévié sur sa barre par Geronimo Rulli (33′). Dans la foulée, Pierre-Emerick Aubameyang permet à Mathis Silestrie, de loin, de se rattraper un peu. De l’autre côté, Mahdi Camara, pourtant seul face au but sans gardien après une passe en retrait de Ludovic Blas, tire sur Facundo Medina, revenu défendre sur sa ligne (38′).

Juste avant le repos, Mousa Al-Tamari croise trop se frappe, à l’angle des six mètres avant que Mathys Silistrie n’empêche Aubameyang de clore l’affaire de près. Au repos, Rennes reste en vie (2-0) dans un match beaucoup trop ouvert avec une défense rennaise en panique sur chaque offensive locale et un milieu de terrain, pourtant souvent si fort, cette fois-ci dépassé.

Trop de ratés…

Entré à la pause à la place de Sebastian Szymanski , peu à son aise, Breel Embolo est dans la lignée des copains. Alors que Pierre-Emerick Aubameyang rate une troisième tentative face au jeune gardien breton, décidemment trop sollicité, l’attaquant suisse, quelques secondes plus tard, rate l’immanquable à cinq mètres de la ligne, envoyant un parpaing largement au-dessus sur une remise parfaite de Mousa Al-Tamari (47′). Rennes vient de laisser passer sa chance et l’OM, en revanche, ne rate pas la sienne…

Bis repetita dans les relances ratées… La défense et le portier « Rouge et Noir » retentent la sortie de balle à la catalane et perdent le cuir dans l’axe aux 20 mètres. Le ballon arrive aux six mètres à Aubameyang qui a tout le temps de contrôler à deux à l’heure et de se retourner pour mettre un piqué qu’esquivent Silistrie comme Aït-Boudlal, qui préfère reculer vers la ligne plutôt que de serrer le buteur gabonais. 3-0, l’affaire est pliée !

L’entrée d’Arnaud Nordin apporte du mieux sur la dernière demi-heure mais Rennes n’a pas plus de précision dans la surface marseillaise que dans sa surface. Alors oui, Mahdi Camara trouve le poteau (82′) puis Esteban Lepaul, de la tête sur un délice de centre d’Arnaud Nordin, récompense enfin la meilleure fin de match rennaise (84′) en inscrivant son 21ème but de la saison. Mais il est trop tard…

Geronimo Rulli s’impose sur les tentatives de la tête de Breel Embolo et voit la superbe demi-volée de Nagida filer juste au-dessus. Les Bretons ne s’offrent pas le 3-2 pour des ultimes secondes de folie et s’inclinent, logiquement (3-1).

Des regrets cultivés bien avant le Vélodrome

A la connaissance, dans la foulée, des autres résultats de la soirée, les regrets, forcément s’imposent… mais doivent aussi laisser place, d’emblée à la lucidité. Ce n’est pas au Vélodrome que le Stade Rennais a raté la troisième place non. A deux petits points de Lille, tout aussi inconstant que les Bretons cette saison, les coéquipiers de Valentin Rongier ont forcément pensé aux quatre points laissés aux Havrais, au nul lâché à la maison face à Metz ou encore aux points partis en fumée face à Lorient (0 sur 6) ou face à Nantes et Toulouse, malgré deux buts d’avance.

Non, perdre au Vélodrome face à un OM ayant réussi son match couperet n’est en rien déshonorant ou honteux loin de là mais c’est surtout la défaillance mentale dans les attitudes rennaises qui interpelle et déçoit. Car oui, il y avait mieux à faire et par miracle, un exploit invraisemblable était encore possible.

Tous derrière Lens !

Il n’en est au final rien et Rennes termine à sa place, sixième. Incapable de battre Lille, Marseille ou Lyon sur le Money-Time, le Stade Rennais a aussi montré ses limites, tout en assurant un retour sur la scène européenne, un moindre mal.

Reste désormais à suivre la finale de la coupe de France, sorte de « Haisico » entre Lens et Nice drapé de « Sang et Or » pour rêver à une qualification directe pour l’Europa League en cas de victoire lensoise. Une compétition bien connue du club et paraissant plus jouable à ce jour pour un Stade Rennais qui sera obligé d’y faire bonne figure.

Si Nice, bien malade et barragiste, venait en revanche à l’emporter, place aux redoutables barrages de la Ligue Europa Conférence et ses voyages en Islande ou en Bulgarie au mois d’août et par la même occasion, à une reprise anticipée et tout ce qui va avec…

Parce que le début de la saison prochaine ce jouait peut-être ce 17 mai…

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.