Pour la première fois de son histoire, le REC Rugby a prolongé son bail en Nationale pour une deuxième saison consécutive. Si celui-ci fut validé dans des conditions particulières, Kévin Courties ne cache pas sa satisfaction et peut déjà se projeter sur la suite.
Après 17 heures de bus pour rallier Nice puis 17 autres pour revenir en Bretagne, le REC Rugby a bouclé son exercice 2025-26. Un trajet, ou plutôt un périple, rappelant la résilience dont ont fait preuve les rugbymen bretons tout au long de la saison, luttant avec leurs armes et méritant plus que jamais de prolonger le plaisir dans l’antichambre de la Pro D2.
Dans une saison ayant vu Niort et Tarbes déposer le bilan, Kévin Courties ne peut omettre de mentionner le maintien administratif, tout autant que le sportif : « L’objectif est atteint, sur ces deux plans. Au vu des déboires d’autres équipes, nous sommes obligés d’allier les deux. Il faut souligner le travail administratif du club. Nous n’avons pas débordé sur nos moyens, tout en existant à un certain niveau de performance.
Cela nous a protégés des tristesses de certains clubs. La réussite passe aussi par là. Même si nous avons perdu un petit peu de saveur sur les derniers matchs, nous avons fait des choses intéressantes ». Si le contexte de la Nationale force à regarder dans les bureaux, sur le terrain, le REC n’est pas en reste.

Du jeu et encore du jeu
En considérant un maintien sportif suite à sa victoire à domicile contre Marcq-en-Barœul, le manager général du REC a aussi pu s’appuyer sur certaines certitudes dans le rectangle vert, ne reniant jamais son projet de jeu : « Sportivement, nous sommes restés droit dans nos idées et nous ne nous sommes pas dénaturés. Nous avons cru en nous et les joueurs sont acteurs de ça, notamment dans le travail du quotidien.
Nous pouvons nous réjouir d’être dans le sujet et à notre image. On a aussi pu exister sur certains points spécifiques comme la conquête, la conquête aérienne ou encore le secteur courant. Nous avons su tenir le ballon et nous sommes l’une des équipes avec le plus de possessions mais aussi l’une des plus disciplinées du championnat. »
Côté bémol, le technicien précise :« Ce fut moins satisfaisant sur la ligne d’avantage ou sur la ligne de collisions. Également, malgré notre production, nous n’avons pas su nous récompenser dans les points. Nous avons parfois manqué de justesse et ça crée un petit peu de frustration par rapport aux occasions. »
« Nous perdons des cadres avec l’expérience du club et d’autres garçons devront prendre ce rôle »
Pour tenter de confirmer le « jamais deux sans trois » en Nationale, le REC Rugby devra faire sans Ryan Dubois, Alexis François, Alexandre Fau, Lucas Ollion, Clément Cavalière et Kévin Yameogo, arrêtant ou partant vers d’autres horizons. Ollion rejoint ainsi le Servette de Genève, en Nationale 2.
Si d’autres départs suivront, l’entraîneur rennais commence à y voir plus clair sur son effectif pour la saison prochaine : « Nous avons encore deux dossiers à gérer mais nous ne sommes pas dans l’urgence. Nous connaissons l’ossature du collectif pour l’année prochaine. Ça va encore avancer dans les semaines à venir. Nous avons une douzaine de départs, arrêts ou joueurs non conservés, pour autant d’arrivées.
Certes, nous perdons des cadres avec l’expérience du club et de son projet mais d’autres garçons devront prendre ce rôle. Le recrutement se concentre sur les carences entrevues mais aussi sur l’état d’esprit, c’est le plus important. Il faudra aussi laisser de la place pour les jeunes talents ».

« Le REC, c’est un investissement humain et sportif pour s’ouvrir les portes du dessus »
Prenant en exemple les joueurs cités précédemment, Kévin Courties rappelle que rejoindre ou rester au REC Rugby doit rester un choix du « cœur » : « Ce sont des exemples pour la jeunesse. Signer au REC Rugby, c’est aimer ce sport, pouvoir jouer et performer à haut niveau mais également fournir du travail. C’est aussi l’idée de pouvoir construire sa carrière avec un maximum d’humilité. C’est toujours attirant d’aller au-dessus mais il y a aussi plus de concurrence, moins de places. Il faut être prêt pour ça… »
Avant d’appuyer sur la dimension d’un club pas comme les autres : « Le REC, c’est un investissement humain et sportif mais en respectant ces étapes, ces détails, c’est aussi plus facile de s’ouvrir les portes du dessus. Après, ce sont des choix de vie mais autant chérir et glorifier un endroit qu’on connaît. Tous les joueurs peuvent marquer un club et on ne sait pas toujours ce que nous trouvons ailleurs ».
Si le championnat est désormais terminé, une grande partie des 3/4 partira sur le rugby à 7 et le reste du groupe travaillera « sur la prévention de risques de blessures, les points faibles physiques, le développement rugby mais aussi la pratique d’autres sports ». La reprise, elle, est prévue fin juin et côté staff, une personne devrait intégrer l’équipe technique. Mais avant de penser à la reprise, place à une dernière « petite fête pour finaliser tout ça », clairement méritée.





