Coupable d’avoir perdu deux points contre Metz, le Stade Rennais se retrouve condamné au sans-faute, ou presque, pour retrouver sa place dans le TOP 5 et donc l’Europe, à l’issue de la saison. Cela commence en avril, avec trois « derbies » au programme et un déplacement ardu à Strasbourg. Le temps est désormais compté, le Stade Rennais n’a plus le choix.
« Nous avons un peu gâché la fête… » Les mots d’Anthony Rouault, à la sortie du piteux 0-0 concédé face à la lanterne rouge Metz, lors des festivités des 125 ans du Stade Rennais en mars dernier, ne peuvent pas rester ainsi, non suivis d’actes. Des actes fondateurs, forts, comme une vraie révolte, une vraie réaction sur le terrain, à Brest, début avril, dans un derby qui s’annonce crucial pour la fin de saison. Face aux Finistériens, seule la victoire sera belle, qu’importe la manière, pour continuer à espérer, à vivre dans une fin de championnat haletante…
Depuis son arrivée, Franck Haise l’a constaté, la qualité est là, incontestablement. La complémentarité, peut-être moins, malgré les ajustements du mercato d’hiver et les renforts de Sebatian Szymanski et Arnaud Nordin, devenus titulaires dans le onze du nouveau coach rennais. Si l’apport technique et la finesse du Polonais apparaissent de plus en plus évidentes au fil des matchs, tout comme sa complémentarité avec Valentin Rongier et Mahdi Camara, Arnaud Nordin, lui, peine beaucoup plus à faire les différences.

Une défense stabilisée
De l’autre côté, Mousa Al-Tamari – comme Ludovic Blas, quand il est titulaire – a des qualités mais pas celles qui en font l’incontournable titulaire ou le facteur X. Ainsi, Rennes est dépeuplé de ses ailes, ce depuis août dernier et le recrutement orchestré pour ce fameux 3-5-2 dont on a vu les résultats… Le constat fait, il faut composer avec les armes à disposition pour réussir le sprint final.
Depuis son arrivée, l’ancien coach de l’OGC Nice et du RC Lens a redonné la stabilité défensive à son équipe, et ce en dépit de l’absence de Jérémy Jacquet, très probablement jusqu’à la fin de saison. Une vraie performance avec le retour au premier plan pour Lilian Brassier et Anthony Rouault notamment. Et surtout, plus de simplicité avec un système à quatre défenseurs, bien plus sécure dans les couloirs. C’est donc sur le front de l’attaque que le Stade Rennais va devoir aller chercher les points pour retrouver sa place sur la scène continentale.
La victoire sinon rien, contre Angers et Nantes
La Ligue des Champions paraît loin, et Marseille armé pour y accéder directement, à moins que Monaco, lancé, ne lui grille la politesse. Derrière, en revanche, rien n’est perdu malgré les points abandonnés ces dernières semaines à domicile. Le Stade Rennais a les moyens, dès avril, de se mettre en position pour bien conclure en mai. Il faudra donc récolter à Francis Le Blé mais aussi ne pas se louper sur les deux derbies à la maison à jouer, face à Angers, sans enjeu sur cette fin de saison puis Nantes, très mal parti pour se maintenir avec déjà au moins quatre orteils en Ligue 2.
Tout autre résultat que la victoire sur ces deux réceptions sonnerait probablement le glas des ambitions européennes. En déplacement, la petite visite en Alsace, face à des Strasbourgeois brillants européens n’ayant pas encore tout à fait renoncé à venir gratter quelques places au classement (8e à 4 points de Rennes), pèsera très lourd et sera aussi un indicateur de la solidité et fiabilité de la formation bretonne.

Gravir les « Olympes » pour retrouver les cimes européennes
Sortir de ce bloc avec dix points serait une très grosse performance mais presque indispensable, Valentin Rongier et ses coéquipiers jouant ensuite le final de la saison à Lyon, contre le Paris FC au Roazhon Park et à Marseille pour conclure. Autant dire avec deux sacrées ascensions des « Olympes » à venir pour lesquelles il faudra être armés, de points si possible. La concurrence faisant rage à l’heure de décerner les accessits de fin d’année pour l’Europe, le Stade Rennais doit prendre son destin en mains et ne plus trembler au moment du sprint final.
Que ce soit lors des sommets à Strasbourg, à Lyon ou à Marseille, où il espérera être toujours en course au moment d’entrer au Stade Vélodrome, il se doit d’avoir le moins de regrets possible et de rattraper les sept points laissés à domicile face au Havre, Lorient et Metz. C’est à ce prix que la nouvelle ère voulue avec Franck Haise à la tête de l’équipe pourra prendre forme, avec une saison prochaine qui devrait voir l’effectif sans doute chamboulé, une nouvelle fois, même si une base solide devrait être conservée.
L’avenir du Stade Rennais ne tient donc plus qu’à un fil, à maintenir encore tendu sur les sept matchs restants, quoi qu’il en coûte. La seule « satisfaction » pour les supporters d’envoyer éventuellement le rival nantais en Ligue 2 ne suffira clairement pas : cette année, l’Europe sera le seul juge de paix d’une saison réussie, ou pas.






