Foot- SRFC : Camavinga, ce qu’il manquait à nos Bleus ?

Crédit photo : football.fr

Dans un match totalement lunaire, où l’équipe de France fut en dessous de tout pendant une heure et devant au score, 2-1, avec un seul tir cadré (!!!!) à la pause, un homme est sorti de l’ornière. Tel un cavalier, qui surgit hors de la nuit, Eduardo Camavinga a honoré sa première sélection avec tout ce que l’on sait déjà de lui.

Aisance technique, zéro complexe, justesse et intelligence dans chacune de ses prises de décision, le plus jeune international de l’après guerre, encore mineur, a déjà prouvé qu’il sera un élément majeur des Bleus de demain qui manquent tant de ce panache, de cette fraîcheur mais aussi de cette qualité. Sans faire injure à ses coéquipiers, le contraste fut terrible et l’équipe de France championne du monde de foot mais aussi du pragmatisme en 2018 ne devrait plus avoir grand chose à voir avec celle qui jouera l’Euro dans moins d’un an. A un « détail » près.

L’intouchable Didier Deschamps est toujours là. Lui qui a pour lui un palmarès et une culture de la victoire a tout prix incontestables, sera là mais osera-t-il libérer les talents qui émergent de partout en France ? Non. Comment peut-il encore appeler le sympathique Momo Sissoko ? Comment démarrer un match à cinq défenseurs et deux milieux défensif à domicile sans envoyer un signal terrible de soumission et de refus d’initiatives ? A son entrée hier, le milieu de terrain rennais a été cantonné à la récupération en 6 devant la défense, laissant Steven N’Zonzi 20 mètres devant lui, alors que Julien Stéphan fait briller les hommes en proposant l’inverse depuis la reprise. Les remontées de balle, la frappe et les dribbles ont du inquiéter un sélectionneur qui aurait probablement préféré ne pas le voir dépasser le rond central ou vraiment sans mettre en danger le fameux « bloc »… Le talent d’Eduardo ne peut, M.Deschamps, être mis sous l’éteignoir de la sorte et le jeune milieu de terrain s’est affranchi avec brio et perfection des probables consignes prudentes qui devaient être les siennes, au regard de ses dix premières minutes sur la pelouse. On ne demande pas au talent de se taire, M.Deschamps. L’insouciance et la maîtrise technique d’Eduardo Camavinga sont un peu ce que n’a plus cette sélection et son entraîneur, à l’image d’Antoine Griezmann, véritable « beau footballeur » en perdition malgré son très beau but hier, perdu dans ce foot défensif qui lui allait si bien à l’Atlético Madrid mais beaucoup moins chez les Bleus, dont on attend du panache et du plaisir.

Camavinga en six, donc, bas, devant la défense : voilà ce que Didier Deschamps avait choisi, l’inverse eut été trop « fou-fou », surtout à 3-2 pour son équipe… Le sélectionneur français prouve sortie après sortie que bien jouer, et si possible avec panache et ambition, n’est pas nécessaire pour gagner. Pourquoi se forcer alors ? Comment gagner 4-2 contre les vices-champions en jouant aussi mal pendant près d’une heure est-il possible ? Avec sept joueurs défensifs au démarrage mon capitaine ! En Suède, la bouillie de football servie par l’EDF n’a toujours pas été digérée par les amoureux des Bleus, en droit d’attendre, au delà des résultats, quelques ingrédients savoureux au menu.

Pour continuer à gagner, jouer en bloc devant Hugo Lloris ne suffira pas et il faudra des idées, des systèmes consistant en autre chose que de s’appuyer sur la vitesse de Kylian Mbappé et les pénalties d’Olivier Giroud ou la sérénité de Raphael Varanne. Une nouvelle génération arrive, portée par Houssem Aouar et Eduardo Camavinga notamment, de vrais beaux footballeurs, en attendant d’autres petits nouveaux comme William Saliba, Odsonne Edouard, Mickaël Cuisance et autres Maxence Caqueret ou Amine Gouiri. Ratisser des ballons, ok, organiser le jeu, aller de l’avant, conserver le ballon dans le camp adverse et jouer la tête levée, c’est autre chose. C’est tout ce que sait déjà parfaitement faire Eduardo Camavinga, qui a l’avenir pour lui. L’équipe de France doit aussi comprendre qu’elle aura bientôt, d’ici quelques mois probablement, de vrais beaux joueurs de foot techniques, physiques et enthousiastes à l’idée de jouer pour elle. Le potentiel est là, beau, plein de promesses. S’il sait déjà gagner, au sélectionneur d’apprendre désormais, pour clore définitivement le débat, d’y mettre la manière, quitte à perdre parfois, mais à entrer dans le coeur des amoureux du foot.

Et pour cela, sûr qu’Eduardo en sera…

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