Saïd Ben Driss : « Vivre une quatrième montée serait incroyable »

Pilier de l’Union Rennes Basket, Saïd Ben Driss a vécu les plus belles heures du club mais aussi ses plus belles émotions de basketteur. Le « grand frère  » de la jeune team rennaise a tout vécu : Bercy, les blessures, la paternité, mais ne s’interdit pas un dernier petit plaisir avec une montée supplémentaire.

Déjà 20 ans passés dans le basket pour toi. Te souviens-tu du début de l’histoire ?

J’ai intégré le centre de formation de Cholet en 2000. Malgré mon jeune âge, tout s’est très bien passé, car dans le basket, il y a cette tradition d’intégrer les jeunes progressivement. J’ai fait mes débuts en Pro A et participé à l’Euro U20 où j’ai côtoyé des joueurs comme Nando De Colo et Ian Mahinmi (joueur des Washington Wizards en NBA). Une expérience très riche à mon âge.

Ta progression est stoppée net à l’époque par une grosse blessure. Comment as-tu réagi ?

A 21 ans, je me romps les ligaments croisés. C’est alors ma première blessure, qui fait forcément mal au moral. Quand on est jeune, on a tout à prouver et pas vraiment le droit à l’erreur. Le fait d’être éloigné des parquets aussi longtemps a été dur à vivre. Comme un malheur n’arrive jamais seul, juste après ma reprise, une blessure au ménisque puis une entorse s’ajoutent à la liste. En tout, je reste un an et demi sans jouer, un enfer. Pendant ma rééducation, je me pose pas mal de questions sur la suite et notamment l’idée de changer de club. Dans une structure aussi prestigieuse que Cholet, le turn-over est rapide, je n’avais malheureusement plus ma place. J’ai alors décidé de faire une pige à Saint-Vallier en Pro B. En trois ans, se blesser autant, ce n’est pas anodin.

« J’ai pris mon temps pour revenir »

As-tu retrouvé le plaisir et le goût du jeu en arrivant à l’URB ?

Après toutes ces blessures, j’ai changé ma façon de voir le basket. Je voulais recommencer doucement et être plus réaliste sur mes objectifs et mes capacités. C’est pourquoi j’ai rejoint l’URB en milieu de saison 2009. Le but était de retrouver des sensations, les entraînements et la compétition. Les deux premières saisons ont été incroyables, j’ai participé à la montée en Nationale Deux puis en Nationale Une. J’ai retrouvé un certain confort dans mon jeu, peut-être mes meilleures saisons en seniors.

Quels souvenirs marquants te reviennent directement à l’esprit ?

Quand nous sommes allés gagner au Mans en 2011, par exemple. A l’époque, les duels entre Le Mans et Rennes étaient toujours disputés, et là, c’était le match pour la montée en N2. Le match retour se jouait dans la petite salle de la Jalt, deux cars de supporters avaient fait le déplacement pour donner de la voix. Et ils ont eu raison, puisque nous nous sommes imposés 81-72, une victoire synonyme de montée. Je me souviens aussi de la finale du trophée Coupe de France à Bercy. La saison 2016 nous a pleinement réussit, nous jouons les premières places et en parallèle, notre aventure en coupe nationale va au bout, ou presque. En battant Maubeuge puis Cognac, nous validions notre billet pour Bercy. Le cadre, l’ambiance, le parquet, c’était une première pour beaucoup de jouer un tel match. Enormément de supporters sont déplacés pour nous, hélas nous avons perdu. Difficile de blâmer quelqu’un, nous étions tous responsables, la marche était trop haute. La saison s’est bien terminée malgré cela avec la montée en Nationale Une.

Tu enchaînes ensuite de bonnes saisons mais tu te blesses à nouveau. Cette rechute arrive dans un contexte différent mais fait tout aussi mal. Comment as-tu réagi ?

Elle intervient en début de saison 2017. Un temps d’arrêt qui coïncidait avec la naissance de mon fils. J’ai mieux digéré cette blessure car je me mettais moins de pression, je prenais mon temps pour revenir, en m’occupant à côté de mes projets. C’est pendant cette période que j’ai commencé le label « Sports-Compétences ». Ce partenariat avec l’URB a pour but d’aider le sportif à repérer ses compétences et qualités, dans le but de les transposer dans le milieu de l’entreprise. J’ai fait la formation, puis je suis passé devant un jury pur valider les acquis. Par la suite, je me suis initié à l’immobilier, une expérience enrichissante mais le milieu commercial n’était pas fait pour moi.

« Nous avons les armes pour passer à l’échelon supérieur »

Depuis ton retour, tu es en concurrence avec Brieuc Belloir et Roger Zaki sur le même poste. Comment le vis-tu ?

Il est clair que ce n’est pas évident de faire une rotation à trois, mais ça, c’est plus le problème du coach. Je le vis bien, on s’entend très bien tous les trois et puis on peut discuter des performances de chacun. Tout le monde en tire du positif !

Envisages-tu une quatrième montée avec l’URB ?

Une quatrième montée, ce serait incroyable. Objectivement nous avons les armes pour l’échelon supérieur. On le voit cette année, nous arrivons à serrer le jeu en fin de rencontre, ne pas laisser revenir l’adversaire et les déplacements les plus compliqués, nous les gérons plutôt bien. De plus, c’est un niveau que l’on a déjà côtoyé, on sait à quoi s’attendre. Il reste une dizaine de matchs à jouer, il faudra être forts jusqu’au bout. Sans oublier la Coupe de France, dans laquelle nous sommes encore en lice. Le plateau fin février peut nous faire accéder aux quarts de finale et donc rapporter un point au classement, ce qui ne sera pas sans importance en fin de saison.

Tu es le plus ancien au club. Constates-tu une progression de la notoriété du club sur l’ensemble de la ville ?

Oui, l’attractivité du club augmente progressivement. Nous atteignons les 1000 spectateurs de moyenne, ce qui est une très bonne affluence pour un club de Nationale Deux. Le public apporte des bonnes ondes, ce n’est que du plaisir pour nous. A chaque fin de match, l’équipe reste communier avec les supporters, c’est une ambiance familiale. Nous attirons sans cesse du monde, le club travaille pour cela et j’espère que ça va durer.

Un mot sur la disparition de Kobe Bryant il y a une dizaine de jours de cela. Que représentait-il pour toi ?

C’est une disparition tragique … Kobe c’était un modèle de travail et d’abnégation. Je commençais le basket pendant que lui arrivait en NBA. C’est assez abstrait de se dire qu’il n’est plus là. En tant que père, je ne peux m’empêcher de penser au reste de la famille, leur vie ne sera plus la même, c’est un événement horrible.

Recueilli par Matthieu Giboire

Quiz décalé au cœur du vestiaire

Qui est le plus timide : Parce que vraiment je dois en choisir un, Philippe Gauthier. Disons que c’est plutôt le plus raisonné.  

Qui est le mauvais perdant de l’équipe : Nous le sommes tous ! Mais celui qui est le plus impacté, je pense qu’il s’agit de Nemanja Marinkovic. Il a horreur de perdre.

Qui est le plus sur son 31 : Sans hésiter Mourad El Khir ! C’est la Fashion Week à chaque match avec lui.

Qui est le plus dragueur : Roger Zaki !

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