La saison terminée, l’heure est aux bilans, collectifs, comme individuels. La saison achevée sur une moyenne de points élevée dans un championnat à 18, les évaluations demeurent assez contrastées, entre déceptions, révélations et goût d’inachevé. Petit tour d’effectif d’une équipe qui aura tout de même fait vibrer ses supporters.
Les tops : Valentin Rongier, Esteban Lepaul, Jérémy Jacquet.



Si le recrutement 2024-2025 avait eu tout de la catastrophe industrielle, la session estivale 2025 est en revanche un beau succès. Arrivé dans la controverse eu égard à son passé nantais et ses déclarations de l’époque, Valentin Rongier a mis tout le monde d’accord. Intronisé capitaine par Habib Beye, un choix presque provocateur au premier regard, le milieu de terrain passé par l’OM a été indispensable tout au long de la saison.
Excellent ratisseur de ballon, joueur de collectif intelligent et toujours dans le bon sens, il a de plus constitué un très bon duo avec Mahdi Camara, bonifié à ses côtés. Deux buts décisifs contre Metz et Nantes, une influence incontestable, des responsabilités assumées, il est le grand monsieur de la saison rennaise avec …
Esteban Lepaul, lui aussi recruté cet été. D’abord dubitatif autour du prix dépensé pour lui (13M€), le public rennais a vite compris… Chasseur de but comme il en reste peu, capable de transformer le moindre ballon qui traîne dans la surface en but, il a ainsi empilé 21 réalisations en Ligue 1, terminant meilleur buteur du championnat.
Le premier, avec le maillot rennais depuis 2004 et Alexander Frei. Respect, et confirmation attendue l’an prochain sur la scène européenne, et peut-être bientôt en Bleu. Mais surtout, espérons-le, en « Rouge et Noir ».
Un cran en-dessous de ces deux-là, Jérémy Jacquet entre aussi dans les tops de la saison, même si la sienne a été interrompue trop tôt, en février. Celui qui revêtira le maillot des Reds de Liverpool début juillet a confirmé tout le bien que l’on pense de lui et va écrire son destin international, à n’en pas douter, du côté de la Mersey. Un seul regret, de ne l’avoir vu que trop peu à Rennes, où son potentiel évident de très « grand » n’a échappé à personne…

Les tauliers : Brice Samba, Mahdi Camara, Breel Embolo.



S’ils ont eu quelques ratés à titre individuel, quelques matchs en deçà, ces trois-là ont tout de même bien plus apporté que déçu tout au long de la saison. Brice Samba, toujours aussi solide et impressionnant sur sa ligne et sur les penalties, a ainsi préservé de nombreux points, notamment face à Angers en fin de match avec un pénalty stoppé décisif.
A 32 ans, la doublure de Mike Maignan chez les Bleus est à maturité, solide, serein et ce n’est pas la mise à l’écart décidée par Habib Beye qui a pu déstabiliser un garçon qui, s’il est coûteux sur la ligne des salaires, reste décisif sur sa ligne de but.
Au milieu de terrain, Mahdi Camara avait mal démarré l’aventure avec un rouge à Lorient mais a, ensuite, trouvé sa vitesse de croisière. Epanoui sous Franck Haise, déjà intéressant en première partie de saison, son volume de jeu est parfaitement complémentaire de Valentin Rongier et sa marge de progression encore importante.
En attaque, Breel Embolo a inscrit huit buts en championnat, souvent décisif, mais surtout pesé dans la vie du groupe et ce, positivement. Grand frère pour certains, leader pour d’autres, son expérience internationale est précieuse et ses qualités sur le terrain, malgré des débats souvent à charge, ont été largement démontrées.
S’il n’est l’attaquant le plus spectaculaire ou adroit du championnat, il est un combattant précieux et un joueur de devoir sur lequel tout entraîneur aime et surtout, peut s’appuyer. Précieux.
A confirmer : Abdelhamid Aït-Boudlal, Mousa Al-Tamari, Quentin Merlin, Sebastian Szymanski, Lilian Brassier.





Dans la rotation des centraux, Abdelhamid Aït-Boudlal et Lilian Brassier ont alterné le très bon et le moins convaincant, montrant à coup sûr qu’ils sont des titulaires en puissance mais pas tout à fait des tauliers. Les avoir l’an prochain au sein de l’effectif serait une bonne nouvelle mais ces deux-là devront passer un cap pour devenir incontournables.
Sur le côté gauche, peu en concurrence, Quentin Merlin a fait le job, plutôt correctement, même si défensivement, trop d’approximations empêchent une place parmi les tauliers. Intéressant offensivement, il doit franchir un palier l’an prochain.
Offensivement, Sebastian Szymanski, arrivé au mercato d’hiver, a mis un bon mois avant de trouver la cadence et ses coéquipiers. Mais quand cela arrive, c’est du haut niveau ! Avec une préparation complète et une adaptation renforcée, l’international polonais a tout pour être un rouage essentiel de l’équipe l’an prochain.
Mousa Al-Tamari, enfin, a tout du facteur X. L’homme peut passer au travers, rater beaucoup de choses dans un match, techniquement comme tactiquement, comme marquer le but de l’année à Lyon ou débloquer un match comme face à Angers, Toulouse ou le PSG. Un vrai atout offensivement, certes inconstant, mais capable de faire vibrer un public ayant appris à l’apprécier avec ses qualités et ses défauts.
Les interrogations : Alidu Seidu, Przemyslaw Frankowski, Arnaud Nordin, Anthony Rouault, Ludovic Blas, Nordan Mukiélé.






L’un des postes à améliorer l’an prochain, celui d’arrière droit, a vu les candidats défiler cette saison, au gré des défenses à trois ou quatre. L’un comme l’autre, Alidu Seidu et Przemyslaw Frankowksi n’ont ainsi convaincu pleinement ni l’un ni l’autre. Un apport offensif trop inégal et imprécis, des performances défensives souvent contestées, ils laissent un goût d’inachevé dans leur saison et seront forcément mis en concurrence l’an prochain.
Arnaud Nordin, lui, arrivé aux dernières heures du mercato, a apporté un très bon état d’esprit, un but et deux passes décisives mais ne s’est pas pour autant imposé comme incontournable ou titulaire en puissance. Son statut de joueur de rotation apparaît, pour le moment, le plus adapté à un profil cependant appréciable dans un effectif. Joueur confirmé, souvent annoncé comme l’un des plus talentueux de l’effectif, Ludovic Blas a certes des statistiques cette saison, avec six buts et cinq passes décisives, mais n’a pas convaincu non plus au point d’être un titulaire indiscutable. Coupable de passer trop souvent à côté dans des matchs dits « moindres », il fait partie des joueurs à l’avenir incertain.
Même chose pour Anthony Rouault, arrivé comme patron en puissance de Stuttgart et plus souvent qu’à son tour sur le banc cette saison, sans être irréprochable quand il fut aligné. Là aussi les questions se posent sur la suite… Nordan Mukiélé, enfin, est une interrogation du fait de son temps de jeu pour l’instant trop restreint pour réellement évaluer un potentiel entrevu par à-coup, avec tout de même un très beau but inscrit en février à Nice.
Doit mieux faire : Mathys Silistrie, Mahamadou Nagida, Glen Kamara, Djaoui Cissé, Yassir Zabiri et Elias Quinonez






Des déceptions, par faute de temps de jeu ou des prestations proposées mais rien de définitif, de jeunes joueurs garnissant quasi-intégralement cette catégorie.
Elias Quinonez est ainsi tout jeune et a tout à apprendre, comme l’ont montré ces entrées en jeu sous Habib Beye. Le potentiel est évidemment là mais le label « Pépite » doit encore rester au chaud et permettre ainsi au garçon de grandir tranquillement.
Pour Yassir Zabiri, arrivé au mercato, un prêt la saison prochaine devrait permettre de grandir tranquillement et d’assurer pleinement la transition entre le milieu de tableau portugais et la Ligue 1.
Mathys Silistrie, lancé par Habib Beye à Lens dans un contexte très difficile, n’a pas été plus en réussite à Marseille. Deux matchs, six buts encaissés dont une grosse faute de relance, on peut rêver à de meilleurs débuts et il faudra rebondir.
Mahamadou Nagida et Djaoui Cissé, en revanche, ont beaucoup plus d’expérience et n’ont pour autant pas apporté ce que l’on attendait d’eux cette saison. Beaucoup trop inconstants et parfois inconsistants dans leurs entrées, ils vont devoir nettement faire mieux pour reprendre une progression prometteuse stoppée nette cette saison.
Glen Kamara, enfin, n’a que très peu joué. Par la faute des choix, de la concurrence ou de ses prestations en semaine ? Toujours est-il qu’il est difficilement imaginable de le retrouver l’an prochain sous les couleurs « rouge et noir ».
Article à retrouver dans le JRS de juin, disponible ici.





