Football- Ligue 1 : L’heure de vérité est venue pour le Stade Rennais

C’est une soirée totalement dingue qui s’annonce pour les amoureux du Stade Rennais. Dingue comme une saison qui aura offert des montagnes russes d’émotions, avec des soirées euphoriques comme d’autres au fond du fait-tout.

De prestations affligeantes comme les défaites sans appel à Lorient, Monaco ou Lens ou ces nuls atterrants face au Havre, deux fois, ou contre Metz à des moments bien plus heureux comme les succès arrachés contre l’OM et l’OL ou ceux plus probants face à Strasbourg, Monaco ou le PSG, ce Stade Rennais n’a pas été toujours où on l’attendaient mais se trouve, au bout du compte, à sa place.

La Ligue des Champions, impensable il y a deux mois

L’équipe est désormais bien ancré dans le Top 7, sa place naturelle qui n’aurait jamais dû être contestée au vu des moyens mis sur la table et aux capacités d’un effectif aux prestations inégales tout au long de la saison. Ce dimanche, son destin entre les mains et à l’affût d’une énième contre-performance de ses adversaires directs, Lille et Lyon, la formation bretillienne pour s’offrir l’impensable il y a encore deux mois à peine.

Un petit dernier pour la route avec la C1 au bout pour Esteban Lepaul @Crédit Photo JRS

L’impensable, c’est le retour de la fameuse petite musique, cet instant de grâce à la table des plus grands. En 2020, Krasnodar, Chelsea et Séville étaient ainsi venus au Roazhon Park pour le compte de la plus grande des compétitions européennes. Dans un stade vide et aseptisé pour les deux derniers matchs, en plein COVID comme un symbole.

Oui Rennes a pu goûter à l’épreuve reine mais sans son public, même si une petite jauge avait été autorisée à l’époque face à Krasnodar. Ironie, quand tu nous tiens.

Cette fois-ci, le public sera au rendez-vous, si jamais… Si jamais, déjà, Esteban Lepaul, révélation fracassante de la saison et probable meilleur buteur de Ligue 1, et ses coéquipiers, parviennent à faire tomber au Vélodrome l’OM d’Habib Beye. Ce coach remercié en février à raison par Arnaud Pouille qui a depuis, fait étalage de sa science du jeu sur la Cannebière, s’offrant le record (après celui d’avoir été le seul coach sorti deux fois de la coupe de France la même saison avec deux clubs différents) du pire début de carrière pour un coach à l’OM.

S’imposer puis jeter un œil à Lille et Lyon…

Face à un club en panique totale à tous les étages et à l’avenir financier incertain, Rennes sera privé de Brice Samba, qui ne recroisera pas celui qui l’avait sorti des buts à Lens, en février. Néanmoins, en s’imposant ou même en faisant match nul, le club de la capitale bretonne conservera sa cinquième place, qualificative pour les poules d’Europa Ligue.

En s’imposant, Valentin Rongier, ancien de l’OM non conservé l’été dernier, et ses coéquipiers pourront même surveiller les résultats de Lyon face à Lens et Lille face à Auxerre et croiser les doigts. Si ces derniers s’inclinent à la maison face à Auxerre et Lens (ou même un nul pour l’OL), Rennes les doublerait s’adjugeant la troisième place et l’accès direct aux huit matchs de Ligue des Champions. Un nul de Lyon conjugué à un succès Rennais permettrait aussi aux « Rouge et Noir » de gagner un rang.

Une quatrième place à éviter ?

La quatrième place, aux allures de cadeau empoisonné, offrirait un tour préliminaire pour accéder à la C1. Pas forcément un cadeau au regard des dernières saisons, où le barragiste français a terminé 4 fois sur 5 en Europa Ligue et démarré sa saison plus tôt. Une année de coupe du monde, pas sûr que le cadeau soit réellement chouette…

Dans le cas d’un revers dans le Sud, le Stade Rennais glisserait à la sixième place, direction un barrage de Ligue Europa Conférence… sauf si le RC Lens remporte la coupe de France face à Nice, envoyant directement alors le Stade Rennais en Ligue Europa.

Des enjeux à tous les étages, une récompense dépendante des 90 minutes et plus disputées ce soir mais un bilan qui restera malgré tout positif avec le retour sur la scène européenne, quoi qu’il en soit assuré.

Des histoires personnelles au cœur du collectif

Au moment où les voisins nantais diront aurevoir pour un an au moins à la Ligue 1, le Stade Rennais lui, va savoir quelle coupe d’Europe il retrouvera la saison prochaine et ainsi, booker ses mardi, mercredi ou jeudi soir à venir. Avec autant d’histoires personnelles sur le pré et d’anciens entre les deux clubs qui, quoi qu’ils puissent en dire, auront un petit esprit revanchard.

Valentin Rongier
Homme de la saison rennaise, Valentin Rongier voudra réussir son retour au Vélodrome @Crédit Photo JRS

Côté rennais avec Lilian Brassier, jamais mis dans les bonnes conditions à l’OM, Quentin Merlin, très vite revendu et Valentin Rongier, véritable taulier non conservé par le tandem De Zerbi-Benatia, pour les résultats que l’on sait.

Moins connu, Mahdi Camara, né à Martigues, à quelques kilomètres de là et ignoré par le club phocéen malgré un passage au centre de formation d’Aix-en-Provence à 11 ans avant de rejoindre l’AS Saint-Etienne par la suite. Des histoires « personnelles » au cœur d’un défi collectif comme pour mettre un supplément d’âme qui pourrait peser lourd dans la balance, en faisant de ces rendez-vous un argument de plus positif et non une crispation.

Habib Beye, touché-coulé ?

Côté marseillais, seul Habib Beye, plus seul que jamais à la tête d’une équipe au bord de l’implosion, aura l’esprit revanchard quoi qu’il en dise. Imperméable à la pression, selon ses dires, il n’a de cesse de mettre en avant tout ce qui est dit ou écrit sur lui et prouve par cela qu’il le regarde constamment.

Actu SRFC.
Habib Beye sur un fil … @Crédit photo : JRS

L’autoproclamé « intouchable » est touché et sûrement coulé ce soir en cas d’énième contre-performance, contrairement à Amine Gouri ou Nayef Aguerd, passés par Rennes mais partis sans polémique ni amertume. Guère assurés non plus d’être toujours marseillais l’an prochain, et probablement sous d’autres couleurs dans quelques mois après un passage sans saveur dans un club l’étant devenu tout autant.

Au Stade Rennais ce soir, d’en profiter et de poser le point final à une saison qui restera dans les mémoires, quoi qu’il arrive.