A 31 ans et après une saison passée en Bretagne, avec la première place de D2 en prime, Perrine Petiot va tourner la page à l’issue de la saison. Alors que son avenir s’écrira loin de la petite pégueuse, la Stéphanoise revient sur les moments forts d’une carrière où les souvenirs ne manquent pas !
La montée avec son club de cœur
« Saint-Etienne (Handball Club Saint Étienne Andrézieux), c’est mon club formateur et c’est là où mon papa m’a entrainée, où ma sœur a également joué, ainsi que mes deux frères. D’ailleurs, je suis toujours en contact avec ce club. A 17 ans, alors que nous étions en Nationale 2, j’ai vécu le match de la montée, le tout avec une équipe plutôt jeune. C’était incroyable. Nous étions à l’extérieur et le retour avait été très long. Nous nous arrêtions à toutes les aires d’autoroute pour faire la fête (rires). Le seul truc regrettable, c’est de ne pas avoir vécu la saison d’après en N1.
Trois minutes de jeu et premier but au Parnasse
Je suis ensuite allée en centre de formation à Nîmes (au Handball Cercle Nîmes, depuis disparu, ndlr). Forcément, je me souviens de mon premier match avec l’équipe professionnelle. J’avais fait toute la préparation avec les pros jusqu’à ce premier match où j’ai joué trois minutes, au Parnasse, dans une ambiance folle. Je pense que j’étais très stressée car je me vois encore sur le banc à attendre mon moment. J’ai dû rentrer vers la 57e minute, c’était trop court, mais je crois que j’avais marqué. Un coup de chance car je m’étais retrouvée seule face à la cage (rires) !
« Je suis contente d’avoir fait mentir ce spécialiste qui disait que je ne pourrais pas rejouer »
Une fin de carrière précoce ?
Vaulx-en-Velin a été une période charnière. J’arrivais de Nîmes où le club venait de déposer le bilan et, de mon côté, je sortais d’une opération du tendon. Il fallait trouver un club pour me remettre sur pied. Avant de signer, on m’avait dit d’aller voir un spécialiste pour avoir un avis médical et ça n’a pas du tout été rassurant.
Il m’avait dit que je ne pourrai pas rejouer ou, en tout cas, qu’il ne prendrait pas le risque de me faire rejouer. Malgré ça, ils ont voulu essayer et ça a fonctionné. Je suis contente d’avoir fait mentir ce spécialiste et je remercie surtout le club d’avoir eu confiance en moi. Dès la deuxième année, après une première en tant que service civique, ils m’ont fait signer professionnelle.

Coupe de France, titre et Lacanau
Celles-sur-Belle… D’abord, la demi-finale de coupe de France à Brest. C’est le petit contre l’ogre et c’est fou de se retrouver là alors que nous sommes en D2 à l’époque. Il y a même un bus de supporters venu jusqu’à Brest. Le pire, c’est que nous faisons un match de fou et nous menons à la mi-temps. Malheureusement, nous nous faisons rattraper et ça termine à +3.
Pablo Morel est un tacticien hors pair et il avait très bien préparé le match. Avant ça, nous avions aussi fait un vrai parcours en éliminant notamment Toulon (D1). Ensuite, la montée en D1. C’est l’un de mes plus beaux souvenirs, celui qui vient en premier. Cela faisait quatre ans que j’étais à Celles-sur-Belle et, dès la première année, l’objectif était de monter. C’était l’aboutissement de beaucoup de travail et le jour J, il y avait beaucoup de familles et d’amis.
Nous sommes ensuite parties en « caisse noire » avec les filles, pendant trois jours à côté de Lacanau. Dès qu’on croisait quelqu’un, on criait : « On est championnes de France ! ». J’avais l’impression d’avoir gagné la coupe du monde. C’était vraiment hors du temps. Celles, c’est aussi le club où j’ai rencontré mes meilleures amies. Forcément, dès que tu partages des choses comme ça…
L’équipe de France, un autre monde
Mon deuxième plus beau souvenir, totalement inattendu. Je me le souhaitais en soufflant mes bougies à 10 et 15 ans mais après, tu n’y crois plus vraiment. C’était dingue… J’étais sur un nuage mais du coup, je n’étais pas trop stressée. Je découvrais juste un autre monde. C’est un souvenir mémorable d’avoir chanté la Marseillaise et d’avoir joué quatre minutes en Bleu. À ce moment-là, j’étais en D1 depuis seulement deux mois et je n’étais pas du tout connue au haut niveau. Même les filles avec qui j’étais ne me connaissaient pas. Je savais qu’il fallait juste profiter.

« J’espère bientôt pouvoir parler du meilleur souvenir de ma carrière, avec les plays-offs à venir… »
Blessures et copines
J’ai eu beaucoup de blessures dans ma carrière et à chaque fois que je revenais à la compétition, suite à des convalescences d’au moins six mois, c’était toujours spécial. La dernière fois, c’était à Celles-sur-Belle, où j’avais repris avec l’équipe réserve. Les filles de l’équipe première étaient venues me voir avec des pancartes « welcome back ».
Ce sont des moments très émouvants et très particuliers car avant ça, tu passes par des moments très difficiles. C’est aussi là que tu te rends compte que c’est le truc le plus important de ta vie et où tu te dis que tu ne râleras plus jamais quand tu es fatiguée ou qu’il faut faire un long déplacement.
L’apothéose avec Saint-Grégoire ?
Ici, c’est encore complètement différent de ce que j’ai connu avant car je suis la plus ancienne. Nous avons un groupe très jeune et c’est la première fois que je tiens ce rôle, où j’aide et conseille et j’ai adoré ça. Il y a aussi eu des superbes rencontres ici et des amies à vie. Niveau jeu, le dernier match à domicile contre Clermont m’a vraiment fait vibrer. Nous étions au rendez-vous et c’était fluide. Je me souviens aussi d’une victoire à la Roche-sur-Yon.
Nous gagnons de très peu et nous n’étions pas beaucoup dans le groupe. J’étais épuisée à la fin du match. Je pense même que nous étions un petit peu étonnées de gagner dans ce contexte-là. Maintenant, j’espère bientôt pouvoir parler du meilleur souvenir de ma carrière, avec les plays-offs à venir… En tout cas, nous nous sommes mis dans des conditions favorables. Je n’ose même pas imaginer ce que cela pourrait être en guise de fin de carrière. »





