Alors que la saison des filles s’est terminée fin avril et que celle des garçons touche prochainement enfin à son terme, la présidente du REC Volley dresse le bilan de l’exercice 2025-26, sur le terrain comme en dehors, et n’élude aucun sujet.
Quel bilan sportif tirez-vous pour le REC Volley ?
Il est plutôt positif. Concernant les garçons, nous voyons bien que c’est un peu dur mais il y a aussi eu beaucoup d’avaries au départ, entre la blessure de Peter Jack ou le problème de visa de Mustafa Alashlem. Avec deux joueurs majeurs absents, ça a forcément été compliqué en début de saison et ça joue aussi sur le moral des joueurs.
Ces absences ont permis à des jeunes du centre de formation d’avoir du temps de jeu mais il faut aussi du temps pour performer. Même si ça reste difficile du point de vue des résultats, nous sentons du mieux sur cette fin de saison et, au moins, ils peuvent jouer à armes égales. Bien sûr, nous aurions aimé gagner plus de matchs, pour les supporters et pour les partenaires, mais ils n’ont jamais baissé les bras.
Les filles ont en revanche été plus à la fête…
C’est une très belle surprise que de figurer parmi les meilleures équipes d’Elite Haute. Il a peut-être manqué quelques points pendant la saison régulière pour arriver mieux placées en play-offs mais les filles ont vraiment été tenaces et elles ont réussi à grignoter leur retard. Elles ont plus que rivalisé avec Nantes et Quimper.
Nous sommes très contents du spectacle proposé. Mais, pour les filles comme pour les garçons, ce ne sont pas que les joueurs-joueuses, il faut aussi féliciter les entraîneurs et leurs staffs. Nous n’oublions personne car le REC Volley reste un double projet. Sur le plan plus institutionnel, 2026 est l’année des 80 ans du club, que nous fêterons en début de saison prochaine.
Début avril, le REC Volley a publié un communiqué pour interpeller la Ville de Rennes sur l’absence de réponses sur ses intentions de financement. Où en êtes-vous aujourd’hui des discussions avec la Ville ?
Les discussions avec la Ville ont toujours existé et nous tenons à remercier les élus et les services pour cela. Elles sont aussi exigeantes de part et d’autre, ce qui explique parfois des incompréhensions, notamment du fait que nos agendas ne soient pas les mêmes. De notre côté, nous avons soulevé certains points spécifiques au sport de haut niveau et, plus particulièrement à notre club. Nous espérons avoir été entendu par le nouvel adjoint au sport, Yannick Nadesan comme nous avons entendu les attentes de la Ville de Rennes. Le dialogue se poursuit. Dans l’immédiat, cela ne résout pas notre problématique malgré l’attention de la mairie.

« La question d’une wild-card se pose pour les filles en Ligue A »
Le communiqué évoquait également des échéances à venir auprès des instances de contrôle DNACG (CACCP et CACCF). Avez-vous pu apporter des garanties ?
Nous avons demandé à reporter ces échéances début mai et cela a été accepté. Comme nous avons une équipe en Ligue B (CACCP) et une en Elite (CACCF), les deux instances ne demandent pas vraiment les mêmes tableaux. Il y a pas mal de travail pour passer de l’un à l’autre et il ne suffit pas juste de changer quelques lignes.
Nous connaissons désormais les sommes exactes pour la saison qui vient de se terminer. Concernant l’équipe masculine, la mairie n’a pas fait évoluer son soutien. Nous allons voir si le dossier passe et nous permet un maintien en Ligue B. L’autre sujet est celui de la saison 2026-27, puisque la question d’une wild-card se pose pour les filles en Ligue A.
Qu’en est-il exactement de cette possibilité ?
Nous avons un club qui est capable d’évoluer en Ligue B chez les garçons donc il n’y a pas de raison que les filles ne puissent pas prétendre à la Ligue A. La Ligue A féminine se jouait à 13 clubs. Marcq-en-Barœul descend et ne souhaite pas présenter de dossier. Il y a donc deux places, une pour le vainqueur d’Elite et une seconde sur dossier, pour laquelle le REC peut postuler. Selon les résultats de la DNACG, il est possible qu’un autre club soit sanctionné et descende administrativement en Elite, ce qui libérerait une 3ème place, donc une seconde wild-card potentielle.
À l’heure actuelle, pouvez-vous repartir avec les deux équipes au deuxième échelon et avez-vous pu commencer votre recrutement ?
Cela dépend de nos instances, si elles acceptent que nous repartions à ce niveau-là avec les budgets présentés. Pour l’instant, nous essayons de maintenir les deux équipes mais à quel prix ? Celui d’une équipe masculine qui reste en bas de tableau et une équipe féminine qui ne peut pas espérer monter en Ligue A malgré ses résultats sportifs ? Et à terme, se joue le maintien au niveau pro dont dépend le centre de formation agréé par le ministère des Sports.
Le REC Volley est le deuxième club à statut professionnel de Rennes après le Stade Rennais (à l’échelle de Rennes Métropole, il faut ajouter le Cesson RM Handball, ndlr). Concernant le recrutement, c’est davantage la commission sportive qui s’en occupe mais oui, c’est en cours, avec toutes ces interrogations. L’objectif reste celui du maintien, à minima en deuxième division, des deux équipes.
« Il ne faut pas oublier que notre budget comprend les deux équipes mais aussi le centre de formation et le secteur amateur »
Durant la conférence de presse suivant votre communiqué, vous avez également pointé du doigt un problème d’équité dans l’attribution des subventions. Quel est votre grief ?
Vu de l’extérieur, nous avons une grosse subvention mais le fait d’avoir deux équipes dans le même club nous pénalise. Malgré les économies d’échelle réalisées par cette mutualisation d’activées de l’amateur au haut niveau, nous pensons que nos deux équipes professionnelles fonctionnent avec des budgets très limités.
Cependant, il faut aussi le souligner, la Ville soutient à parts égales l’équipe masculine et féminine du REC Volley. L’effort qui a été fait pour les filles est vraiment à noter et il y a à peine 10 000€ d’écart. Ensuite, concernant le problème d’équité dans les attributions, nous parlons là du niveau de jeu. Le but n’est pas là de se comparer, car nous savons que c’est difficile pour tout le monde, mais plutôt de savoir si la Ville veut aider le sport de haut niveau. Par exemple, Rennes Métropole se base sur le niveau de pratique.
De plus, l’autre complexité réside dans les votes des budgets. Concernant la Ville, cela se passe en début d’année civile, pour l’année, alors que de notre côté, nous arrivons sur la fin de la saison sportive. Surtout, cette subvention est prise en compte sur la saison en cours et non sur la prochaine. Ça complique les choses pour définir notre budget et encore plus pour se projeter.

Fin décembre, vous avez également lancé un appel aux dons. Avez-vous atteint les 150.000€ espérés et quel était le but exact de cet appel ?
Nous avons eu des donateurs, mais très loin des 150.000€. Nous remercions tous ceux qui nous ont soutenus. Concernant la raison, nous avons un vrai problème de trésorerie qui implique que certains mois, nous devons jongler pour payer les charges en temps et en heure. L’autre sujet est de proposer un spectacle de qualité au public d’un point de vue sportif mais aussi festif.
Aujourd’hui, malgré l’engagement de nos bénévoles et nos liens avec le secteur économique et associatif, notre volonté se heurte aux enjeux du sport spectacle et en particulier aux attentes d’un public qui veut vivre une « expérience » au-delà d’un simple match. De plus, dans les années à venir, pour rester au niveau professionnel, le REC Volley aura l’obligation d’avoir 10% de son budget en fonds propres. C’est l’objectif pour les saisons futures et il ne faut pas oublier que notre budget comprend les deux équipes mais aussi le centre de formation et le secteur amateur.
Le club connaît également des difficultés sur les partenariats privés, les aides publiques représentant 74% du budget du club. Comment expliquez-vous ces difficultés ?
Il y a plusieurs raisons. Je pense qu’il y a encore la confusion avec le Rennes Volley 35 alors que nous étions vraiment deux entités différentes. Il y a aussi beaucoup de clubs sur le bassin rennais. Certains clubs ont la chance d’avoir à leur tête des chefs d’entreprises, et pourtant je sais que ce n’est pas simple pour eux non plus, mais ils ont un réseau que nous n’avons pas.
De plus, le volley fait partie des sports collectifs pour lesquels le soutien public est nécessaire afin de garantir son modèle économique. Dans notre cas, moins nous sommes aidés, moins nous pouvons nous structurer. Je pense qu’il faut aussi aller vers le sport spectacle. Cela amène plus de monde dans nos salles et ça permet également de financer une partie du club. Mais pour ça, il faut aussi de l’argent.
Encore une fois, l’objectif n’est pas de dire que la Ville ne nous soutient pas mais plutôt de savoir vers où nous allons. Enfin, les partenariats restent compliqués sur le sport féminin, d’où l’importance des aides publiques. Dans le cas de notre équipe féminine, elle existe grâce à la mutualisation des moyens au sein du club et au soutien des collectivités, en particulier la Ville de Rennes, qui représente effectivement plus de 80% du budget de cette équipe.





