Les scénaristes les plus tordus, vicieux, cruels ou un peu des trois l’auraient écrit. D’autres y pensaient secrètement, en Ille-et-Vilaine comme en Loire-Atlantique. S’il en fallait un pour faire basculer ce derby à gros enjeu, ça ne pourrait être que lui. Comme pour définitivement être adopté par un public qu’il n’a jamais déçu tout au long de la saison, étant sans contestation possible la meilleure recrue de l’été dernier avec Esteban Lepaul, Valentin Rongier a donc marqué LE but !
Il n’était alors évidemment pas question d’une célébration exubérante, à courir partout en tirant la langue. L’homme a trop de respect pour cela, de la mémoire aussi, lui qui part son but, son second de la saison, a probablement envoyé son club formateur en Ligue 2. La joie, contenue, est pourtant bien réelle et le symbole fort. Le respect aussi.
Celui qui n’a jamais déçu cette saison est aussi celui qui permet de continuer à espérer, jusqu’au bout, un classement qui pourrait désormais aller haut, et même très haut. Et valide surtout une victoire qui rapproche le Stade Rennais de l’Europe. Avec encore à ce jour trois compétitions possibles, un luxe que n’ont pas les Marseillais du grand tacticien Habib Beye.

Un début de match intense puis des frayeurs
Un derby s’est donc joué, donc, avant ce dénouement épique. Sans supporter nantais hélas, triste habitude désormais de notre championnat, et sans nantais lors des dix premières minutes, nettement rennaises. L’intensité dans le pressing, des récupérations permanentes, des accélérations et rapidement, un pénalty logique sifflé pour une sortie non maîtrisée d’Anthony Lopes sur Mousa Al-Tamari. Sans trembler, Esteban Lepaul transforme et tous imaginent Rennes parti pour offrir un festival à son public. Il n’en sera rien !
Sans son « Coach Vahid », suspendu, le FC Nantes choisit de ne pas renoncer, de ne pas sombrer et se refait la cerise au fil des minutes. Au quart d’heure, Nicolas Cozza d’une tête au second poteau oblige Brice Samba à s’employer avant de rater l’immanquable à la demi-heure de jeu, seul devant la ligne de bu au second poteau suite à une tête de Frédéric Guilbert. Le drame est évité de peu avec un pigeon passant par là…
Rennes a eu chaud mais réplique d’abord sur corner avec une tête d’Abdelhamid Aït-Boudlal, difficilement stoppée par Anthony Lopes puis avec une frappe lointaine d’Esteban Lepaul, juste à côté (39′).

Nantes égalise avant la pause
Logiquement, Nantes finit par punir les « Rouge et Noir ». Le long ballon de Cozza est mal jugé par Aït-Boudlal, battu dans son duel avec Igantius Ganago, qui parvient tout en puissance à enchaîner avec un lob parfait qui prend à revers Brice Samba, mal placé et pas inoubliable sur ce coup-là. Egalisation et coup de froid sur le Roazhon Park, tout près d’être climatisé 60 secondes plus tard, avec une énorme occasion visiteuse.
Sur le côté gauche de la surface, Mathis Abline, en position idéale, allume Brice Samba, qui détourne. Seul au second poteau, Ganago ne parvient pas à conclure. Le pigeon est cette fois-ci touché mais va bien, heureusement… Le coup est passé près et la dernière frappe lointaine du premier acte de Lilian Brassier n’y change rien, les deux équipes rentrent aux vestiaires dos à dos.
Seule la victoire est belle…
Le second acte repart fort pour Rennes. D’abord avec un carton rouge oublié pour Dever Machado auteur d’une grosse semelle sur Alidu Seidu, juste sanctionnée d’un jaune. Dans la foulée, Breel Embolo est tout près de reprendre un centre de Mousa Al-Tamari mais glisse (54′). Quelques minutes plus tard, celui-ci, bien lancé par Valentin Rongier, vient butter sur Anthony Lopes en face à face.
Esteban Lepaul a suivi et marque mais ne célèbre pas vraiment son doublé. Le meilleur buteur de Ligue 1 connaît le foot et l’a déjà fait cette année : il sait que le but va être annulé et cela ne loupe pas, l’international jordanien étant hors-jeu au début de l’action (60′). Dans les minutes suivantes, Nantes, maladroit mais volontaire, est proche à son tour du grand bonheur mais Quentin Merlin repousse sur sa ligne la tentative de Kaba.

Peu en vue, Ludovic Blas sort et laisse sa place à Sebastian Szymanski, tout proche d’un grand bonheur en venant battre Anthony Lopes mais une nouvelle fois, la VAR annule le second but rennais pour hors-jeu de l’international polonais (81′).
Valentin Rongier porte le coup de grâce
Entré en jeu, Yassir Zabiri s’essaie à son tour d’une frappe instantanée de loin mais Lopes est efficace. Il fallait donc ce dénouement fou, à la 90’+3′ et cette frappe anodine mais placée de Valentin Rongier pour enfin basculer du bon côté, malgré six minutes d’arrêts de jeu derrière ultra-crispante (2-1). Dans un derby, peu importe la manière, seule la victoire est belle.

Alors que Nantes voit son avenir quasiment scellé en Ligue, le Stade Rennais, lui fait une grosse opération en vue de l’Europe. Les hommes de Franck Haise, loué par Valentin Rongier après la rencontre (voir ci-dessous) chez le diffuseur, sont à un petit point de la troisième place, occupée par Lyon…prochain adversaire des Bretons.
Un point derrière Lille également, le SRFC a en revanche mis à distance Monaco, à cinq points et Marseille, à trois points, et dessine les contours d’un avenir qui doit désormais être européen, coute que coute.
Si certains voient dans le calendrier rennais ce qu’il y a de plus difficile, avec deux déplacements à Lyon et Marseille lors de la dernière journée et la réception du Paris FC entre deux, celui-ci présente au moins l’avantage d’avoir son destin en mains. S’ils remportent leurs trois matchs, les « Rouge et Noir » seront à minima quatrièmes.
Et plus si affinités, dans une fin de saison totalement passionnante !






