Derrière les expérimentées Eden Dumoulin et Milica Trifunovic, les jeunes ailières « Rose et Noir » poussent à la porte. C’est le cas de Candie Le Gonidec, arrivée l’été dernier de Taulé-Carantec et auteure d’une première saison prometteuse à tout juste 18 ans avec pour moteur le plaisir de jouer et de progresser.
« J’ai toujours joué pour m’amuser, prendre du plaisir et j’aime apprendre et progresser ». Ces quelques mots de Candie Le Gonidec définissent déjà assez bien la personne et sa vision du handball. Pourtant, dans la famille Le Gonidec, patronyme garanti 100 % breton, « personne ne fait de handball » et les premiers pas se font par hasard lors d’une initiation en primaire.
Si sa carrière n’est encore qu’à ses prémices du haut de ses 18 ans, le chemin l’amenant jusqu’à Saint-Grégoire est déjà gage de maturité et d’une tête bien faite. Formée à Baie d’Armor Plérin Saint-Brieuc, elle rejoint le Pôle Espoirs de Brest à 14 ans où elle est notamment entraînée par un certain Mikaël Danigo, important dans son parcours : « Le plaisir guide ma carrière mais Mikaël m’a quand même transmis sa passion du haut niveau et le fait d’aimer l’exigence et la rigueur ».
Mikaël Danigo : « Elle avait des résultats cardio exceptionnels »
Médaillé d’argent avec l’ailière grégorienne lors des derniers Interpôles, l’entraîneur de la sélection Bretagne nous parle de son ancienne protégée et de ses prédispositions pour le haut niveau : « Il y a trois éléments qui ont été déterminants pour sa sélection et qui laissaient entrevoir un potentiel important. D’abord sa morphologie. Candie est une grande ailière, longiligne et qui offre des amplitudes importantes pouvant perturber les repères des gardiennes de but.
Ensuite ses qualités physiques. Elle avait des résultats cardio exceptionnels et des qualités d’explosivité au-dessus de la moyenne des autres joueuses de son profil. Enfin, elle affichait une grande détermination et un fort engagement dans la pratique, visible en particulier dans le secteur défensif ».
Mettant également en avant les qualités humaines de la jeune ailière avec « de belles valeurs », il nous décrit une personnalité « solaire, s’intéressant aux autres et souvent une joueuse majeure dans la vie de groupe et dans la relation avec les staffs ».

Zoé Auriac : « Son énergie et sa combativité insufflent une vraie dynamique à ses coéquipières »
Des traits de caractère prenant encore un petit plus forme en questionnant Zoé Auriac, son amie depuis l’internat au Pôle Espoirs : « Candie est une fille très souriante et pétillante, toujours prête à rire et à profiter de chaque moment. Elle est gentille et attentionnée, toujours à l’écoute des autres. Son énergie et sa combativité insufflent une vraie dynamique à ses coéquipières. Son mental et son envie de gagner font d’elle un exemple ».
Si ses bases sont solides au moment d’arriver au Pôle Espoirs de Brest et à Taulé-Carantec, la joueuse d’1m74 le doit aussi à l’un de ses éducateurs précédents à Baie d‘Armor, Vitali Pelechenko : « Il nous apprenait déjà des choses très techniques et je me suis rendue compte que j’avais déjà des bases intéressantes ».
Des années où elle avait croisé le chemin de son futur club Taulé-Carantec, avec une petite anecdote au passage : « Nous avions pris une « ratatouille » et je ne pensais jamais jouer là-bas (rires) ». Mais mieux que ça, son passage dans le Finistère Nord est une réussite et elle grille les étapes : « J’aurais dû être davantage avec la N3 mais j’ai rapidement joué en N2 car il y avait des blessées. J’avais 15-16 ans et j’ai notamment pu jouer avec Amandine Lagattu. C’était un petit rêve et j’ai beaucoup appris avec elle ».
« J’ai fait un entraînement de reprise avec Cléopâtre Darleux »
N3, N2 puis… N1, la logique est implacable et la réserve de Brest lui propose de venir : « Ça monte d’un cran en exigence et c’était aussi la possibilité de côtoyer un club professionnel. Avec la réserve, nous avons même pu faire un entraînement avec l’équipe première. J’ai également fait un entraînement de reprise avec Cléopâtre Darleux ».
Pourtant, si les noms font rêver et que les infrastructures sont impressionnantes, ce n’est pas ce que recherche Candie Le Gonidec : « En fin de Terminale, Mikaël nous aidait à trouver un centre de formation et il collaborait avec Romain (Corre). Romain m’a appelé après les Interpôles pour me proposer la formation à Saint-Grégoire. Je n’ai même pas réfléchi.
Le fait d’avoir joué à Brest ne m’a pas forcément donné envie de jouer dans une équipe réserve. C’est un petit peu plus concurrentiel et individuel car l’objectif est de monter en équipe première. J’ai moins eu l’impression de me battre pour un club. De plus, je suis très proche de ma famille et je n’avais pas envie de partir loin pour le handball. Je ne pouvais pas imaginer mieux que Saint-Grégoire ».

« J’aimerais beaucoup découvrir la première division mais avec Saint-Grégoire »
La famille, à Saint-Brieuc, se retrouve même plus proche en s’installant à Rennes. Tous les éléments sont réunis et le crush validé, avec la première division en mire d’ici quelques années ? « J’aimerais beaucoup découvrir la première division mais avec Saint-Grégoire ». Une arrivée dans la capitale bretonne qui s’accompagne également de ses premiers pas dans le monde du travail.
Le reste du temps, ou plutôt le peu de temps restant, Candie Le Gonidec en profite pour retourner voir sa famille dès que possible, tout en restant curieuse sur ce qui l’entoure, avec un attrait particulier pour le sport : « Je suis vraiment une fan de sport, de tous les sports. J’aime bien également la guitare et je pense que j’y reviendrai. Je fais un petit peu de couture et j’écoute de la musique, en ce moment Mandyspie et Jaymee. J’aime bien cuisiner aussi ».
Mikaël Danigo : « Je ne suis pas surpris qu’elle réussisse au SGRMH »
De quoi régaler, donc, y compris sur le terrain où sa première saison est prometteuse : « J’apprends et je progresse depuis le début, c’est constant. Plus ça va, plus je prends confiance ainsi que des responsabilités. De toute façon, c’est tout bénéfique d’essayer.
J’étais un petit peu sur la réserve au départ car il a aussi fallu s’adapter au niveau de jeu mais je suis avec des joueuses expérimentées et il y a beaucoup de bienveillance. C’est le cas sur toute la structure, les bénévoles. C’est vraiment une famille. Il y a beaucoup d’ambition et c’est aussi agréable d’avoir un entraîneur qui compte sur les jeunes. Ça donne envie de continuer ».
Avec un œil évidemment attentif sur son évolution mais aussi celles des coéquipières venues du Pôle Espoirs, le mot de la fin revient à Mikaël Danigo : « Je ne suis pas surpris qu’elle réussisse au SGRMH et dans le secteur professionnel. Son parcours, comme celui de Justine Boucheur-Le Roy ou Azizliz Vidie, sont une fierté pour le Pôle Espoirs de Bretagne et pour le handball breton. Elles montrent qu’on peut être une jeune joueuse sortant du Pôle et être déjà une joueuse majeure d’un très beau projet de club du secteur professionnel ». A Candie Le Gonidec de poursuivre son envol au sein d’un club qui épouse la même ambition.






