REC Volley – Elite : Yann Chubilleau : « On prouve qu’il y a une vraie équipe de haut niveau à Rennes »

Entretien avec Yann Chubilleau.
Place aux play-offs pour Yann Chubilleau et les Hermines. @Crédit photo : JRS

Au terme d’une première phase convaincante, les filles du REC Volley ont brillamment décroché leur ticket pour les play-offs d’Elite. Si la montée n’est pas à l’ordre du jour, l’entraîneur des Hermines Yann Chubilleau confirme les progrès de son groupe depuis maintenant deux saisons et aborde ces play-offs sans pression, si ce n’est celle de continuer sur la lancée.

Quel est ton premier ressenti après cette qualification en play-offs ?

C’est extrêmement gratifiant et c’est une satisfaction pour l’ensemble des acteurs contribuant à la performance de cette équipe. J’inclus tout le monde dans cette satisfaction collective, que ce soient les joueuses, les dirigeants ou le staff, dont le médical. Je ne suis pas sûr qu’on nous imaginait pouvoir aboutir à ce résultat-là.

Avant d’entamer cette saison, tu avais évoqué l’importance des quatre premiers matchs face à des grosses écuries. Avec le recul, quel a été l’impact de ce début de saison sur la suite ?

Je pense que le premier match à l’extérieur, à Sens, a été le déclencheur d’une prise de conscience sur notre collectif et notre capacité à performer. Ça nous a mis directement dans le vif du sujet et surtout dans une dynamique positive, qui a ensuite été confirmée par le résultat à domicile contre Vienne. Ça nous a permis d’avoir des perspectives mais nous n’avons jamais eu de démarche prétentieuse, d’autant plus après une préparation difficile.

C’est-à-dire ?

Nous avions plutôt des facteurs défavorables avant le début de la saison. Si nous avons réussi à performer rapidement, c’est aussi car nous partions avec un collectif fortement installé et un noyau dur de joueuses. Cela a compensé les petits éléments chaotiques. Nous faisons ensuite un match assez solide à Quimper et contre Nantes à domicile. Nous sommes battues mais pas loin de la vérité. Cela nous a permis d’avoir un regard assez clairvoyant sur nos capacités et cela nous a mis un curseur.

« La coupe de France était un objectif secret inscrit sur le tableau noir »

Comme l’an passé, il y a eu une vraie montée en puissance durant la saison, comment l’expliques-tu ?

Il est vrai qu’il y a une concordance assez étonnante dans le scénario et sur le profil de la saison. Nous perdons à l’aller contre les formations de haut de tableau mais nous parvenons à gagner au retour contre ces équipes. Il y a une similitude mais nous avons encore réduit l’écart entre les deux saisons, notamment sur les défaites. Je ne me l’explique pas trop.

Peut-être une question d’approche de ma part. Il aurait peut-être fallu être plus ambitieux dans le discours. En tout cas, ce n’est pas le fruit du hasard si nous tutoyons le haut du tableau et la montée. Ça correspond à une réalité et peu de clubs peuvent y prétendre sportivement. Quand nous regardons l’évolution du groupe, c’est une vraie satisfaction. C’est une construction lente mais solide sportivement.

As-tu des regrets concernant la coupe de France ?

Il y a de la déception car c’était un objectif secret inscrit sur le tableau noir mais aussi parce que nous avions le match en main. C’est un petit peu le même scénario qu’à Valenciennes en championnat. Nous avons lâché sur la gestion des émotions. Nous avons encore de l’expérience à prendre là-dessus. Derrière, ça nous ouvrait quelques portes pour aller vers le top 4 mais j’utiliserais plutôt le terme d’opportunité. Il y avait moyen de faire un coup. Nous ne pouvons pas réaliser une saison parfaite et c’est un apprentissage collectif.

Comment juges-tu l’intégration des nouvelles joueuses ?

Dans l’état d’esprit, leur plus grande qualité a été de se mettre au diapason du groupe. Elles sont arrivées dans un groupe construit et avec un relationnel déjà important. Avec intelligence, elles ont réussi à s’inscrire dans le collectif en amenant leur patte et en respectant ce qui avait déjà été construit. Elles se sont modelées dans une organisation collective et ce n’est pas que stratégique, c’est aussi humain. Le QI volley de ces joueuses est un élément supplémentaire, mais le plan humain construit également la performance.

Lisa Jaunet (changement de poste) et Juliette Villette (blessure) arrivaient avec deux projets sur le long terme. Où en sont-elles ?

Juliette a des challenges difficiles à relever. Il faut reconstruire une épaule pour performer et c’est une reconstruction lente. Il faut beaucoup de temps pour retrouver de la puissance, de la vitesse d’exécution et son intégrité physique. L’enjeu de Lisa est de trouver de la stabilité en réception. Là aussi, ça prend beaucoup de temps.

C’est un élément qui s’additionne à une attaquante et il faut une préparation mentale, de la lecture de jeu ou encore savoir apprécier les trajectoires. Pour les deux, nous sommes dans la même idée avec un processus long. L’important est d’être patient et d’y croire. Si on n’y croit pas, ça ne fonctionnera pas. Il y a toujours des périodes plus difficiles mais il ne faut pas abandonner. Cela ne se fait pas sur une saison.

« Notre seule pression est de bien jouer et de se faire plaisir »

Qu’en est-il pour Adriel Goodman sur le poste de pointue ?

C’est sa deuxième saison sur ce poste et elle est aussi dans un processus d’apprentissage. D’ailleurs, c’est peut-être la marque de fabrique de Rennes. Techniquement, il y a forcément des choses à travailler mais elle est très volontaire et elle éprouve beaucoup de plaisir à jouer sur ce poste-là. Elle a envie de gagner et c’est un poste de rupture où il faut mettre le ballon à terre. Cette construction de joueuses et de groupe est très intéressante. Il y a une vraie mixité entre celles en apprentissage et celles qui maîtrisent leur poste comme Emma Le Roux. Cela rend la chose attractive au quotidien.

Quelles sont les ambitions pour ces play-offs ?

Je pense que nous avons montré que nous pouvions être performantes contre toutes les équipes. Le plus gros défi est peut-être celui d’être capable de tenir quatre matchs à très haute intensité. C’est le tourment du staff médical (rires) mais ils ont fait un travail extraordinaire cette année et c’est aussi pour ça que nous avons réussi.

Avec cinq journées dont une exempte, nous aurons aussi forcément une coupure. L’autre élément jouant en notre faveur, c’est que nous pouvons jouer libérées. Nous n’avons pas d’objectif d’accession. Notre seule pression est de bien jouer, se faire plaisir et prouver qu’il y a une vraie équipe de haut niveau sur Rennes.

Signature du journaliste.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *