Handball – Saint-Grégoire : Aziliz Vidie, déjà tout d’une grande

Portrait Aziliz Vidie.
Aziliz Vidie lors du match disputé à la Glaz Arena. @Crédit photo : JRS

Nommée meilleure joueuse du mois de novembre en D2F et encore auteure d’une prestation XXL lors de la victoire grégorienne à la Glaz Arena, Aziliz Vidie, tout juste débarquée de N2 cet été, signe une arrivée tonitruante au SGRMH. Elle est venue, a vu et déjà vaincu pas mal d’obstacles, avec un grand avenir s’offrant à elle, peut-être au plus haut niveau dans les années à venir.

« C’est vrai que je ne m’attendais pas forcément à la saison que je suis en train de faire. Je pensais que ça allait être beaucoup plus compliqué », admet Aziliz Vidie, sans pression ou presque, le tout à seulement 18 ans. En arrivant de son Finistère natal et du club de Taulé-Carantec, en N2, la marche vers Saint-Grégoire et la D2F pouvait légitimement poser une question de niveau.

Celle-ci a vite été balayée, la pivot originaire de Saint-Pol-de-Léon s’affirmant déjà comme un pilier de l’effectif « Rose et Noir ». Une première partie de saison plus que réussie et récompensée par une convocation en stage avec l’équipe de France U20 en fin d’année civile. « Elle le mérite complètement », nous confiait récemment Romain Corre, son entraîneur, très satisfait de sa jeune joueuse.

Un contexte favorable à Saint-Grégoire

Un moment aussi marquant qu’intimidant pour la néo-Grégorienne : « J’étais un petit peu stressée car je ne connaissais personne mais les filles ont été très sympas. C’était une belle expérience. » De nouveau convoquée fin février, Aziliz a cette fois-ci dû passer son tour, blessée au doigt. Si tout passe au mieux, et donc au-delà même des espérances, c’est aussi car la pivot arrive dans un contexte favorable lui permettant d’exploiter tout son potentiel, tout en continuant de progresser.

Quelqu'un sur le toit

Un point ciblé dès le départ avec son coach : « Romain m’a appelée fin d’année dernière. J’avais déjà eu quelques échos et le projet m’a immédiatement plu, surtout concernant ma progression. L’envie commune était de me focaliser sur mon travail et les choses que je peux améliorer. En plus, j’arrivais de N2, contrairement aux filles du Pôle de Brest qui avaient déjà pu jouer en N1, donc c’était une marche énorme. Je voulais d’abord progresser avant de jouer plus haut et là, il y avait les deux. » La suite est connue : « Je me suis vite adaptée. »

Si le contexte terrain est propice à sa progression, le facteur humain l’est tout autant, arrivant certes dans un nouveau groupe mais également avec certaines tête déjà connues : « Le groupe m’a aussi aidée car quand je ne sens pas bien dans une équipe, ça impacte mon niveau. Même s’il y avait beaucoup de nouvelles, je suis arrivée avec plusieurs joueuses que je connaissais déjà et cela a permis de créer un groupe ».

Maxine Casamajou : « Un pilier en défense »

Dans les joueuses déjà connues par Aziliz, Justine Boucheur-Le Roy et Maxine Casamajou, toutes les deux côtoyées à Taulé-Carantec. Cette dernière nous en dit plus : « Aziliz est une fille très sympa et une joueuse investie. Cela fait maintenant trois ans que nous évoluons ensemble et elle a toujours été quelqu’un sur qui on peut compter, performante et un pilier en défense. Niveau caractère, c’est une belle personne, elle est marrante, assez joueuse et très souriante ».

Si ce début de saison a tout de l’idylle parfaite, Aziliz Vidie reconnaissant même une préférence pour Rennes à Brest, la jeune femme n’oublie pas ses racines, où elle a découvert la balle pégueuse : « J’essaie de rentrer très régulièrement pour passer du temps avec ma famille et mes amis. J’ai trois frères et une sœur. Ma mère faisait du handball, ainsi que mes deux grands frères. L’un des deux joue encore en N3 à Chantepie et ma petite sœur a intégré le pôle de Brest.

Pour ma part, hormis un petit peu d’athlétisme, j’ai globalement pratiqué uniquement du handball. J’ai commencé à Plouvorn avant d’aller à Hermine Kernic. En -15 ans, j’ai rejoint Taulé-Carantec jusqu’à l’année dernière. En parallèle, j’avais intégré le pôle de Brest lors de ma première année à Taulé. J’étais alors en 3e et j’ai fait quatre ans à Brest ».

Sa troisième année au pôle marque d’ailleurs un déclic : « À la fin de mon année en Seconde, je ne suis pas reprise dans le groupe d’excellence. Tu es toujours au pôle mais tu ne fais pas de compétition… Ça m’a remotivée et j’ai réintégré le groupe à la fin de ma Première ».

« J’arrive facilement à relativiser »

Dans la foulée, en Terminale, tout devient encore plus concret avec les interpoles : « C’est là que tu vois que ça peut mener à quelque chose ». Le quelque chose en question s’appelle donc le Saint-Grégoire Rennes Métropole Handball, où elle rejoint le centre de formation et jongle avec ses études à l’Université Rennes 2, en Licence AES (Administration Économique et Sociale) : « Je suis en N1 et pour l’instant ça se passe bien, j’arrive à jumeler les deux. J’étais déjà habituée au rythme. C’était juste un petit peu dur les premiers mois mais maintenant ça va ».

Il faut bien l’admettre, pas grand-chose ne semble impressionner la pivot « Rose et Noir », pas même la Glaz Arena, découverte récemment lors du match de championnat contre l’USAM Nîmes : « Je ne suis pas trop stressée avant les matchs, en tout cas de moins en moins. J’écoute simplement un petit peu de musique. Sur le match à la Glaz Arena, j’étais surtout impressionnée de jouer devant autant de personnes mais sinon j’arrive facilement à relativiser. Je ne suis pas toute seule dans l’équipe et nous pouvons tourner. Il n’y a pas de raison de se mettre beaucoup de pression ».

La double marche N2-D2 déjà franchie avec brio, Aziliz Vidie continue d’apprendre et ne se fixe pas de limites : « J’avais quelques craintes mais maintenant j’adore, c’est trop bien ! Je suis contente de la première partie de saison et tout se passe super bien. Je ne suis pas encore prête mais si je peux, un jour, j’aimerais bien tenter de passer le cap pour jouer plus haut ». Au vu d’un triomphe, restant modeste, aussi rapide qu’inattendu ; l’empire d’Aziliz Vidie n’en est peut-être qu’à ses prémices, au plus grand bonheur des desseins du Saint-Grégoire RMH.

Signature du journaliste.

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