Il n’y aura pas que des soirées de feu comme face au PSG ou des buts incroyables comme ceux inscrits à Auxerre sur le chemin menant à l’Europe. Il y aura aussi des victoires étriquées, à l’arrachée et au mental et celle de ce dimanche face à Toulouse, la troisième de rang, fait assurément partie du genre et surtout, vaut autant, sinon plus, que les deux précédentes.
Pour sa première au Roazhon Park, Franck Haise ne change pas une équipe qui performe et gagne en solidité (un seul but encaissé lors des trois derniers matchs). En automatismes aussi, avec un 4-3-3 plus solide et impactant, où Anthony Rouault et Lilian Brassier sont de nouveau titulaires dans l’axe avec Mahamadou Nagida à droite et Quentin Merlin à gauche.
Au milieu, même trio avec Valentin Rongier- Mahdi Camara- Sebastian Szymanski et une attaque toujours aussi tonique, avec Arnaud Nordin et Mousa Al-Tamari dans les couloirs et Esteban Lepaul, meilleur buteur des « Rouge et Noir », en pointe.

Arnaud Nordin ouvre son compteur
Face à un TFC toujours compliqué à jouer, contre lequel le Stade Rennais est en échec depuis six rencontres (2 nuls, 4 défaites), l’entrée en matière est timide. Si la maîtrise du ballon est là et les récupérations de balles, grosse satisfaction du premier acte, déjà au point, les occasions tardent à venir. La première est pour Esteban Lepaul, d’une tête lobée au point de pénalty, qui est toute proche de lober Guillaume Restes (13′).
Lentement mais sûrement, Rennes se montre de plus en plus dangereux, et domine des Toulousains parfaitement muselés. Quentin Merlin, sur coup-franc, est proche de tromper le portier toulousain (21′) et la récompense se profile de plus en plus. Logiquement, l’agressivité au pressing des Rennais est récompensée. Quentin Merlin s’arrache à gauche pour récupérer un long centre de Mousa Al-Tamari n’ayant pas trouvé preneur.
Guillaume Restes parvient à devier le centre en retrait de l’ancien marseillais mais le ballon monte en chandelle aux neuf mètres, où Arnaud Nordin domine Charlie Cresswell pour marquer son premier but en « Rouge et Noir » de l’arrière du crâne (28′). Rennes passe devant, logiquement.

Non satisfait d’avoir pris l’avantage, le Stade Rennais ne relâche pas son étreinte et appuie ! D’une frappe enroulée pied gauche, Musa Al-Tamari est tout près d’un grand bonheur mais sa frappe flirte avec l’arrière de la transversale de Guillaume Restes, battu sur ce coup-là (31′). Etouffée, la formation occitane ne parvient pas à sortir de l’étau et Rennes gâche une nouvelle occasion de break par Mahdi Camara, parti en profondeur sur une merveille d’ouverture de Valentin Rongier.

Le double buteur à Auxerre manque de peu son lob devant le portier toulousain, pourtant en position idéale et met le ballon juste à côté (40′). Pas payé, malgré 74 % de possession et pas la moindre occasion concédée, le Stade Rennais n’est pas à l’abri au repos. Franck Haise, lui, a apprécié : « En première période, j’ai apprécié la maîtrise technique, le mouvement et le jeu entre les lignes.
Le contre pressing a aussi été de qualité, la récupération et nous n’avons presque rien laissé à l’adversaire. Avec le second avant la pause, cela aurait été presque une mi-temps parfaite. »

Une seconde période en mode résilience
Sans doute excité après une première période vraiment intéressante, le public du Roazhon Park, venu en nombre, comme d’habitude, va déchanter en seconde. La faute à une intensité compliquée à garder au même niveau mais aussi à un adversaire piqué, et décidé à offrir un autre visage.
Jouant plus haut, Yann Gboho, ancien rennais, et ses coéquipiers sont bien plus entreprenants et ne se font plus autant prendre par le pressing rennaise. L’entrée d’Emersonn change la donne et Rennes doit être très attentif pour ne pas être en danger.
Exigeant, et peut-être un peu aussi avec la mémoire courte, le public se prend même à siffler par moment une équipe pourtant en mode résilience, qui fait au mieux face à un bloc plus compliqué à bouger mais en échec lui aussi au moment de mettre Brice Samba en difficulté. Dommage, car cette équipe met du coeur et de l’intelligence pour défendre et cela peut autant s’apprécier qu’un joli but.

Moins sexy, certes, mais tout aussi efficace, la formation bretonne ne mérite pas ces sifflets, malgré un second acte justement décrypté par Franck Haise : « Nous sommes restés plutôt structurés et organisés, surtout quand la fatigue intervient. Toulouse est très fort dans la verticalité mais c’est une satisfaction d’avoir concédé peu de choses.
Bien sûr qu’avec la première période, on a envie de marquer le deuxième, et le match aurait été plus abouti mais je sais aussi très bien que dans le football, quand on reste à 1-0, ce n’est jamais facile…Il y a de la retenue et ce n’est jamais bon dans l’expression collective. Dans un monde idéal, on aurait aimé gagner 3-0 mais Toulouse nous a fortement gêné. Alors je ne vais pas faire la fine bouche, ces trois points, nous les prenons avec beaucoup de plaisir. »
Pas d’occasion ou presque lors du second acte au final, si ce n’est une frappe vicieuse d’Emersonn difficilement repoussée par Brice Samba (57′) puis une autre trop enlevée aux six mètres d’Esteban Lepaul.
Pas de quoi bouger ce 1-0 qui fait néanmoins le grand bonheur du Stade Rennais, désormais cinquième à égalité de points avec l’OM, quatrième et en danger ce dimanche contre Lyon : » C’est bien de regarder les autres jouer dans cette position, c’est sûr » souriait Franck Haise sur BeinSport, à l’issue de la rencontre, conscient que le 9 sur 9 réussit par le Stade Rennais efface tout ou presque du catastrophique passage à vide précédent entre janvier et février.
Tout va si vite en football, y compris pour le nouveau coach rennais, qui retrouvera déjà son ancien club le week-end prochain, trois mois après avoir été remercié. Un quatrième succès de rang installerait un peu plus le Stade Rennais dans le Top 6 et renforcerait le rebond mental évident d’un groupe qui fonçait droit dans le mur sous Habib Beye. Oui, tout va très vite en football, définitivement.
Vos réactions en commentaires ci-dessous




