Solidement ancré dans le Top 8 français depuis quelques années, le Haute Bretagne Athlétisme (HBA) entame 2026 avec une ambition intacte. Avec la formation des jeunes pousses et l’exigence du haut niveau, le technicien Marc Reuzé mise sur l’alchimie d’un club qui refuse de choisir entre performance et esprit de famille.
Dans le paysage sportif bretillien, le HBA fait figure de colosse, qui a su garder son âme. Alors que le club s’apprête à célébrer ses 45 ans, il s’est installé avec une régularité impressionnante parmi les huit meilleures structures de l’Hexagone lors des Interclubs. Désormais, le regard se tourne vers le haut de l’affiche : « L’idée maintenant, c’est d’aller taquiner les clubs parisiens qui squattent souvent le podium », annonce d’emblée Marc Reuzé. Un défi de taille, tant la concurrence est féroce au sommet de la pyramide.
Pour franchir ce dernier palier d’ici deux à trois ans, le HBA connaît sa feuille de route. Si le secteur des courses (vitesse, haies, demi-fond) est une valeur refuge, le club travaille d’arrache-pied sur ses quelques lacunes techniques : « En saut et en lancer, nous avons encore du travail pour combler nos faiblesses. Nous sommes avant tout un club formateur : notre cœur de métier, c’est d’amener les gamins des collèges jusqu’à l’élite », rappelle le coach.
« Nous imposons une rigueur à l’entraînement, mais nous voulons que le plaisir reste le moteur »
Cette élite, incarnée par les internationales Léna Kandissounon ou Clara Liberman, ne vit pas en vase clos. C’est là l’une des signatures du HBA : la transmission. Lors des stages de Noël ou de Pâques, les minimes côtoient les champions : « Ils voient l’exigence du très haut niveau, les paramètres à maîtriser. Cela se fait progressivement, sans isolement. » Réparti sur huit sections locales à travers l’Ille-et-Vilaine, le HBA réussit le tour de force de maintenir une identité commune.
La recette ? Une culture du collectif chevillée au corps. Le titre de champion de France U16 et U20 décroché en octobre dernier à Grenoble en est la preuve éclatante. Pour Marc Reuzé, la performance individuelle n’est que la conséquence d’un groupe sain : « Nous ne donnons pas d’objectifs de chronos, nous préférons que l’athlète se surprenne. Nous imposons une rigueur à l’entraînement, mais nous voulons que le plaisir reste le moteur. »
À l’aube des grandes échéances hivernales de 2026, le HBA affiche une sérénité studieuse. Le cap est clair : transformer la densité de qualifiés aux championnats de France en médailles sonnantes et trébuchantes, tout en préservant cet « esprit de famille » qui fait la fierté du bassin rennais.
Article extrait du JRS de février.
Alexis Andouard



