Football – Ligue 1 : Crise de « Nord » pour le Stade Rennais à Lens (3-1)

La fin de l'histoire à l'horizon pour Habib Beye ? @Crédit Photo JRS
La fin de l'histoire à l'horizon pour Habib Beye ? @Crédit Photo JRS

Cette fois-ci, elle est là, impossible à ne pas constater avec désolation. Oui, la crise est là pour le Stade Rennais, plus profonde qu’en octobre, tant l’absence de réaction et les productions offertes sur le terrain sont sidérantes et les zones explosives multiples, dans tous les sens. Quand s’ajoutent une ambiance délétère autour du club entre désinformation et manipulations en tous genres sur les réseaux sociaux, des courants internes contraires et un manque d’unité flagrant malgré les déclarations de façade, voilà un tableau peu engageant.

Oui, tout cela bout à bout dit beaucoup d’un malaise beaucoup trop important et évident pour être minimisé ou rangé au rang de rumeur. Le Stade Rennais est en crise, bien que sixième avant les matchs du dimanche.

Un seul tir cadré sur 14 tentatives…

Pour ce déplacement dans l’Artois, l’événement était aussi l’absence de Brice Samba, écarté par son coach, avec des explications données sur BeinSport en avant-match : « Un coach ne se pose pas la question de savoir si ses joueurs sont avec lui. Il est garant de la performance de son équipe à travers le choix des joueurs. Il est aussi garant du respect de l’institution, dont je fais partie. À partir du moment où ces deux choses ne sont pas réunies, vous ne pouvez pas être dans l’équipe. Pour Brice Samba ? Ça a été le cas, exactement, je n’ai pas à vous dire ce qu’il a fait.« . Dommage, nous aimerions pourtant bien savoir…

Cadeau, donc, fait au jeune Mathys Silvestrie, jeté dans le grand bain pour sa première en Ligue 1 dans la pire des configurations possibles et logiquement fébrile. Le jeune portier n’aura pas été le seul à ne pas sortir le match de sa vie à Bollaert. Trop nombreux sont les joueurs ayant la tête à l’envers et ne mettant plus un pied devant l’autre et comme à Marseille, pas grand-chose à sauver ou à retenir question football dans un match où les Rennais n’auront cadré qu’un tir sur 14 « tentatives », si on peut les appeler ainsi…

Si l’ouverture du score d’Esteban Lepaul, sur une merveille de passe du dernier arrivé au club Arnaud Nordin, a donné un peu d’espoir, dans un début de match pourtant ultra compliqué pour les Rennais, ce fut la seule éclaircie d’une fin d’après-midi catastrophique pour les Bretons, dominés en large et en travers, et ce même en supériorité numérique, par une équipe lensois forte d’un collectif portant les individualités, et non l’inverse.

Lens renverse Rennes, même à dix…

Logiquement, les Lensois ont renversé une trop faible équipe « Rouge et Noir », d’abord en égalisant avant le repos par Odsonne Edouard, trop puissant pour Alidu Seidu, puis en se détachant en seconde période par Ruben Aguilar de la tête sur une offrande de Florian Thauvin au bout de dix minutes en seconde période.

Le second buteur lensois est expulsé dans la foulée ou presque pour une vilaine semelle (56′) mais Lens garde totalement la maîtrise, et se montre même plus entreprenant. Le Racing vient même coller un troisième pion par Allan Saint-Maximin, auteur d’un enchaînement épatant contrôle-provocation-drible-frappe, en solo à 25 mètres, suite à un dégagement de son gardien.

Mathys Silvestrie, fautif ce coup-là, ne peut que constater les dégâts, l’ancien niçois s’étant baladé tranquillement au milieu de trois coéquipiers… (78′). A son sujet, le coach tentait à défendre une première compliquée : « Quand on décide que Mathys est numéro 2, c’est normal qu’il joue. Comme tous les jeunes garçons du club, il se développera en vivant de tels moments, de tels matchs. Je l’ai trouvé intéressant pour sortir le ballon. C’est évidemment difficile face à une très belle équipe. » 

« Ponpon » de la soirée, comme si cela ne suffisait pas, deux blessures très préjudiciables pour la suite s’ajoutent au tableau, avec les sorties prématurées de Jérémy Jacquet et Abdelhamid Ait-Boudlal touchés respectivement à l’épaule et à la cuisse. Des pépins dits « sérieux » par le coach après la rencontre qui amènent à se demander quelle défense pourra présenter le Stade Rennais vendredi soir pour la venue du PSG, ni plus ni moins.

Et avec quel entraîneur sur le banc ?

Mousa Al-Tamari, en très grosses difficultés à Lens, symbole d’une semaine sous tension @Crédit Photo JRS

Bye-Beye ?

Car c’est bien sur le coach que toutes les attentions se portent. Au classement, rien n’est perdu pour le Stade Rennais mais celui-ci a magistralement, en trois semaines à peine, effacé tout le crédit de sa belle série de novembre décembre.Les distensions avec les prétendus « cadres » sont là, confirmées, donc, par un souci avec Brice Samba mais également démontrées par l’envoi en prêt de Seko Fofana à Porto ou encore la mise au banc, permanente ou presque, de Ludovic Blas. Trois « leaders » annoncés en début de saison tous aujourd’hui en disgrâce ou tout comme avec leur coach…

Celui-ci, après la rencontre, n’a cette fois-ci pas parlé de fierté ou d’une production de ses joueurs et a fait court : « Je trouve que l’on est cohérents avant la mi-temps mais qu’il y a eu trop de déchet technique. On a montré de belles choses en défense. Sur leur but, c’est d’abord une touche pour nous, jouée deux mètres trop loin puis on est sanctionné dans la gestion de profondeur.  Il faut s’accrocher, montrer du caractère, avoir de la force. Nous avons essayé de montrer tout cela ce soir, dans une situation difficile. »

Difficile au point d’abandonner ?  » Il ne faut pas baisser les bras. Je suis très conscient de ce qu’il faut faire, sur le travail, l’investissement pour sortir le club de cette passe. Ce sont des difficultés ponctuelles depuis 4 matchs. Je n’en démordrai pas. Je veux montrer que ma passion, mon envie sont intactes malgré les difficultés.» Mais cette envie est-elle encore partagée par les décideurs ? Rien ne le dit…

Une réponse attendue sous 48 heures…

Pire pour le technicien franco-sénégalais, selon nos confrères de Ouest France, une prochaine réunion avec la direction pour discuter et s’accorder sur une décision comme toujours, validée par l’actionnaire in fine, est à venir dans la journée de dimanche, au plus tard lundi. Celle-ci pourrait bien ne pas être au goût d’Habib Beye, dont l’aventure avec le Stade Rennais semble arrivée au point de non-retour selon plusieurs sources et dont la thématique pourrait être les modalités d’une séparation, à défaut d’une démission du principal intéressé.

Rescapé en novembre après un coup de poker gagnant en misant sur la fraîcheur de ses jeunes joueurs et un retrait des « cadres », celui-ci n’a pas connu le même succès cette fois-ci et en s’entêtant dans un 3-5-2 définitivement décevant, ne montrant pas vraiment une propension à une remise en question côté terrain, malgré de nombreux échecs.

Le tryptique Monaco-Marseille-Lens était annoncé bouillant voire décisif, et fut rendu encore plus explosif par le double loupé face au Havre et Lorient juste avant, il risque d’être fatal à un coach qui ne sera cette fois-ci probablement pas rattrapé sur le fil, ayant probablement abattu sa dernière carte cette semaine, avec l’issue que l’on sait.

Quatre défaites de rang, 1 but marqué, 12 encaissés et surtout, aucun signe positif à l’horizon, l’électrochoc paraît indispensable même si les responsabilités, à tous les étages, méritent d’être partagées. Non, se séparer d’Habib Beye ne refera pas du Stade Rennais une équipe digne du top 4 de Ligue 1 en un claquement de doigts

Beaucoup au club, du terrain au bureau en passant par le banc, portent une grosse responsabilité dans la période actuelle mais il parait difficile de poursuivre ainsi, tête baissée, droit vers le mur… Alors que le PSG se profile, le Stade Rennais doit sortir de sa crise, et vite, au risque de rater une troisième saison de rang. Faites vos jeux, rien ne va plus.

Signature de l'auteur, Julien Bouguerra.