C’est l’un des bastions du sport rennais, en difficulté ces dernières années, qui revit. A mi-saison, les filles de l’Avenir se sont invitées en haut de tableau de N2 après 12 journées de championnat (13 journées dont une exempte, ndlr). Un premier bilan qui en dit long sur la dynamique enclenchée et les fondations posées pour la suite, très encourageantes.
Relégué administrativement à l’issue de la saison 2023-2024, l’Avenir Rennes Basket a su transformer une situation vécue comme une injustice en véritable motivation. Immédiatement remonté en Nationale 2, le club rennais réalise aujourd’hui une première moitié de saison convaincante, porté par un groupe jeune et un projet de jeu affirmé.
Arrivé sur le banc breton il y a deux ans, Pierrick Le Corre a donc d’abord dû composer avec une relégation hors parquet : « Le club aurait dû se maintenir. Il y avait beaucoup de déception et un sentiment d’injustice ». Mais cette frustration a rapidement été canalisée : « Nous avons réussi à créer un état d’esprit revanchard. Les joueuses restées voulaient montrer qu’elles méritaient leur place en N2, et des jeunes venues du groupe U18 et même U15 découvraient le monde senior avec beaucoup d’envie. »
En N3, les filles survolent leur championnat, concluant la phase régulière avec seulement trois défaites. Promu, l’Avenir de Rennes sait que la marche est plus haute : « D’une saison à l’autre, il y a toujours une adaptation à faire. Nous l’avions vu l’an dernier en Coupe de France, où nous avions pris 40 points contre une équipe de N2. » Pourtant, après deux défaites inaugurales, les Rennaises ont rapidement trouvé leur rythme.
Un retour en N2 maîtrisé
À mi-saison, le bilan est solide (7 victoires pour 5 défaites) dans une poule particulièrement homogène : « Nous sommes plusieurs équipes avec le même bilan. Le classement peut basculer très vite », souligne le technicien. Le recrutement ciblé de deux intérieures, Alexia Ivala-Mendome et Lyséa Péchard, a permis de combler certaines lacunes, notamment dans la raquette et au rebond, sans dénaturer l’identité de jeu. Avec une moyenne d’âge d’environ 22 ans, l’Avenir de Rennes mise sur un basket énergique et collectif : « Notre ADN n’a pas changé : un jeu rythmé, agressif, plaisant à voir et à pratiquer. »
Une philosophie qui repose sur la densité du groupe : « Tout le monde peut apporter au scoring et dans le jeu. Nous ne sommes pas dépendants d’une ou deux joueuses. » En mettant le zoom sur les individualités, plusieurs jeunes joueuses se distinguent déjà à ce niveau. Marion Gaudin s’est installée dans un rôle majeur à la mène, tandis que Sarah Lépine s’affirme comme une pièce essentielle de la création offensive. Amandine Lebrun gagne en régularité, et la capitaine Alissa Barthélémy reste un repère précieux par son expérience.
« Le plus dur, ce n’est pas d’atteindre un bon niveau, c’est de s’y maintenir »
Malgré une place dans le haut du classement, le discours reste volontairement prudent : « Le plus dur, ce n’est pas d’atteindre un bon niveau, c’est de s’y maintenir », insiste Pierrick Le Core. L’objectif est clair : réussir une phase retour au moins équivalente à l’aller, en continuant à progresser. Sur les ambitions à plus long terme, elles se veulent construites : « Annoncer une montée trop tôt serait présomptueux. Il faut d’abord s’installer durablement en N2, continuer à former et à gagner en expérience. » Avec un noyau jeune qui grandit ensemble, les Rennaises semblent avoir posé de solides bases pour l’avenir.
Mathieu Crouigneau



