Originaire de Colmar, Lou Meyer a trouvé son bonheur à l’Ouest et s’épanouit pleinement au REC Volley depuis maintenant un an et demi. Si le volley fut très rapidement une évidence pour la réceptionneuse-attaquante, atteignant même la N3 à 14 ans, son arrivée en Bretagne prend des airs de second souffle dans sa carrière.
Le patronyme « Meyer » n’est pas inconnu en Bretagne. Bien avant Lou, sous l’égide du Rennes Volley 35, un certain Léo Meyer, le grand frère, foulait lui aussi le parquet de Colette-Besson. Pour en savoir un petit peu plus sur la réceptionneuse-attaquante du REC, un petit coup de fil s’impose, au Koweït, là où évolue désormais le grand frère : « Lou est très loyale et profondément gentille, elle fait toujours passer les autres avant elle, parfois même un peu trop à mon goût. Elle est plutôt calme, mais avec une vraie force intérieure.
Pour s’en rendre compte, il suffit de faire un jeu de société avec elle : c’est souvent là qu’on découvre son vrai tempérament (rires) », avant d’ajouter : « Quand je suis parti pour le volley, à cause de la distance, on a commencé à moins se voir mais ces dernières années, on s’est énormément rapprochés. Aujourd’hui, on est très proches et on s’appelle régulièrement, que ce soit pour parler de volley quand je peux l’aider, mais surtout pour échanger sur la vie de tous les jours. Honnêtement, c’est cette dimension-là qui compte le plus pour moi maintenant. »
Léo Meyer : « Avec deux grands frères, je pense que ça lui a forgé un sacré caractère »
Chez les Meyer, le volley est une véritable institution : « C’est vraiment de famille. Mes parents en faisaient et mes frères s’y sont mis assez jeunes. Je passais tous mes week-ends au gymnase et forcément, j’ai voulu essayer », enchaîne la benjamine. En plus de Léo, le deuxième frère Maxime a lui aussi pratiqué, notamment à Strasbourg et à Lyon : « Avec deux grands frères, je pense que ça lui a forgé un sacré caractère », ajoute Léo.
Quelques années plus tard, notamment après le double sur-classement de Lou, intégrant en parallèle le Pôle Espoirs de Mulhouse, l’histoire va encore plus loin : « Quand j’ai commencé à jouer en régional, ma maman était dans l’équipe et mon papa était coach. Nous étions deux jeunes du Pôle et nous avions nos deux mamans dans l’équipe. Cette année-là, nous réalisons une très bonne saison avec une montée en Pré-nationale », se remémore l’Alsacienne.
Le talent n’attend pas toujours le nombre des années. Alors qu’elle n’est âgée que de 14 ans, elle fait déjà son apparition avec l’équipe première de Colmar, en N3. Lors de sa dernière année au Pôle Espoirs, le rythme s’accélère encore un petit peu plus puisqu’elle rejoint le Strasbourg Université Club.
La découverte du monde professionnel à Nantes
La première ruée vers l’Ouest l’emmène dans la Cité des Ducs, à Nantes. Habituée très jeune à quitter le cocon familial mais aussi « passionnée de voyages », Lou Meyer n’est pas déstabilisée par ce premier grand départ. L’arrivée au centre de formation nantais signe surtout la découverte du monde professionnel, les Neptunes étant alors en Ligue AF : « Tu passes un cap. J’ai commencé à intégrer les entraînements et les matchs à domicile.
La deuxième année, j’étais en permanence avec le groupe pro et, quand c’était possible, avec le centre de formation. J’ai même eu la chance de faire un match complet au poste de libéro. En plus, nous gagnons le match ». Pour l’anecdote, la libéro des Neptunes de l’époque se nomme Emma Le Roux, aujourd’hui coéquipière à Rennes : « Je l’ai remplacée car elle avait attrapé le covid », précise-t-elle.
Nantes, nid des amitiés de Lou Meyer : « Je suis très proche d’Emma et c’est une personne importante dans ma carrière et dans ma vie. Au centre de formation, j’étais aussi en colocation avec Juliette Villette. Sans oublier Anaïs (Robert), Emelda (Piata-Zessi), Lisa (Lecouls), toutes les trois passées par Nantes, mais aussi Sarah (Lecrosnier), notre passeuse l’année dernière. Nous sommes vraiment une équipe de copines ».

« Une semaine avant la reprise, nous apprenons que le club est relégué »
Après deux ans à Nantes et « pensant y rester », la réceptionneuse-attaquante est pourtant contrainte de changer d’air et prend la direction de Saint-Dié-des-Vosges. Son retour dans l’Est se faisant tardivement, elle n’arrive que quatrième dans la hiérarchie à son poste : « Tout le monde avait déjà signé et il ne manquait qu’une onzième joueuse. Finalement, une titulaire se blesse et j’arrive à trouver ma place au fur et à mesure. La deuxième année est plus compliquée. Je commence la saison libéro car la titulaire est blessée mais après, quand je reviens à mon poste, j’ai moins de temps de jeu ».
Une dernière saison dans l’Est qui se conclut tout de même par un titre en coupe de France Fédérale. Une belle récompense pour le club mais aussi et surtout un magnifique hommage à Pierre Mercier, ancien président du club décédé brusquement quelques mois auparavant : « Il a fait énormément pour le club et il avait vraiment envie de gagner cette coupe de France. C’était vraiment un beau moment, le tout à domicile ».
En recherche de temps de jeu, Lou Meyer s’engage alors avec Romans-sur-Isère. Un club dans lequel elle ne jouera pas, une (très) mauvaise surprise arrivant pendant l’été : « Une semaine avant la reprise, nous apprenons que le club est relégué et donc que les contrats sont annulés. À ce moment-là, je suis à un tournoi de beach-volley avec des joueuses du REC Volley et elles me disent que le club cherche des renforts. C’est comme ça que cela s’est fait ».
Un bonheur retrouvé en Bretagne
Une signature en Bretagne synonyme de renouveau pour la joueuse de 23 ans, songeant même à arrêter le volley à cette période : « Rennes m’a fait énormément de bien. J’ai retrouvé un coach très humain et ça m’a redonné confiance en moi en tant que joueuse. C’est un petit déclic dans ma carrière. J’ai aussi retrouvé une ville dynamique. Enfin, le club aide vraiment les joueuses dans leur double projet. À côté, cela me permet de faire un Master en contrôle de gestion. »
Un contexte qui lui permet également de s’adonner aux plaisirs de la pâtisserie. Au REC Volley, les gâteaux remplacent les amendes : « Ici, à la place des amendes pour des oublis ou des retards par exemple, nous faisons des gâteaux que nous amenons le premier mercredi du mois ». Légèrement tête en l’air, la réceptionneuse-attaquante n’a pas besoin de forcer pour confectionner des pâtisseries : « Je fais souvent des gâteaux pour les filles car j’oublie régulièrement des choses (rires) ». En attendant d’envoyer encore quelques « pralines » sur le terrain, Lou Meyer profite simplement d’un bonheur retrouvé en Bretagne. Celui-ci ne tient parfois qu’à un fil.





