Président du Saint-Grégoire RMH depuis cinq ans, Jean-Luc Bosse vit la plus belle saison du club à ce niveau, avec une équipe troisième du championnat au moment de reprendre les choses sérieuses et de continuer de préparer les ambitions de demain. L’heure de faire le point sur une situation positive n’excluant néanmoins pas la prudence et la patience.
Troisième à mi-parcours, le SGRMH épate cette saison. Vous attendiez-vous à être à pareille fête ?
Franchement, l’été dernier, nous savions que nous étions au démarrage d’un nouveau cycle, avec un groupe fortement renouvelé, un nouveau coach, un nouveau projet de jeu. Je suis bluffé par ce que produisent les filles sur le terrain, sur leurs capacités à apprendre à l’entraînement et par la cohésion qui se dégage du groupe comme du staff.
Il y a trois catégories plus ou moins distinctes de joueuses, avec un tiers de l’effectif de 18 à 22 ans, un autre de 22 à 25 et un troisième de 25 à 30. Entre chacun d’eux, tout parait fluide, avec des jeunes très à l’écoute et des anciennes désireuses de transmettre et ravies d’être écoutées et sollicitées. C’est autour de cela que s’est construit ce groupe, autant que sur l’homogénéité du groupe.
Un effectif où tout le monde a eu du temps de jeu et sa carte à jouer depuis le début de saison…
C’est exactement cela. Chacune des filles arrive à prendre son temps de jeu, à apporter au collectif et à tenir un rôle dans la belle saison que nous vivons. Il n’y a pas une joueuse au-dessus des autres mais un vrai collectif et des joueuses très motivées qui se remplacent les unes et les autres, sans statuts définis. C’est très intéressant pour travailler et faire progresser un groupe qui ne demande que cela. Ce que je vois à l’entraînement dès que j’y passe me plait et va dans ce sens-là, et c’est plutôt encourageant pour la suite.
« Le haut du tableau ? Les filles en parlent entre elles… »
L’arrivée de Romain Corre en juillet dernier, était scrutée après 20 ans passés sous Olivier Mantès. Comment jugez-vous ses débuts ?
Il s’est parfaitement adapté à son nouvel environnement, avec beaucoup d’enthousiasme et de simplicité, mais surtout du travail, et encore du travail. Je remercie encore Olivier de nous l’avoir recommandé, c’est une bonne pioche à l’évidence et aussi l’homme de la situation. Humainement, c’est un vrai coup de cœur, un mec adorable, à l’écoute et très exigent avec lui-même et avec ses joueuses.
Il vit avec son groupe, est capable d’écoute mais avance et a su gagner la confiance de toutes. S’il y a un problème, c’est rapidement réglé. Nous nous sommes fixés comme objectif de progresser, tous ensemble, chacun dans son domaine et cela rend le projet passionnant.

On le sait, au handball, une saison se construit à l’automne, avec la gestion des transferts de joueuses. Où en êtes-vous et des choses sont-elles déjà statuées ?
Romain et Malo ont reçu toutes les filles, avec qui ils ont pu échanger des ressentis, des ambitions et pour le moment, tout le monde veut continuer ici, ensemble. Il y aura sans doute quelques choix et mouvements mais l’idée est de conserver la saison prochaine un effectif stable et de permettre une progression de ce groupe qui devra confirmer. Déjà en seconde partie de saison puis l’an prochain.
Quel va être l’objectif sportif dans une saison où il n’y aura pas de montée possible ni de descente ?
Nous nous sommes fixés l’objectif de progresser, d’avancer et de se stabiliser dans cette partie du classement. Après, je sais qu’entre les filles, l’ambition vient avec les victoires, dont celle, pourquoi pas d’aller chercher le haut de tableau. Le déroulement à venir du Final Four, qui réunira les quatre premiers du championnat sur une demi-finale aller-retour et une finale aller-retour autorise à y penser, surtout si Clermont, qui est VAP et donc prétendant au barrage face à une D1, doit jouer quelques jours plus tard son accession.
« Tout le monde veut continuer ici, ensemble »
L’idée est forcément de préparer l’avenir et des ambitions d’élite, et donc de statut VAP ?
Nous y pensons, bien sûr, mais de façon raisonnée et raisonnable. Monter pour redescendre immédiatement, avec un club qui se retrouverait en grande difficulté financière et sportive, non merci ! D’abord il va falloir confirmer sportivement notre place dans la première partie de tableau, jouer les premières places et batailler à ce niveau-là. C’est le premier étage de la fusée. Ensuite, côté structuration, nous travaillons dur avec toutes les équipes pour augmenter le budget, condition indispensable pour prétendre à aller plus haut et déposer un statut VAP.
Nous avons la chance à ce jour d’avoir conservé 97 % de nos partenariats privés et même d’avoir augmenté 80 % d’entre eux, avec, en plus, de nouveaux arrivants. C’est très positif, surtout par les temps qui courent, et ce même si nous avons été sanctionnés d’une pénalité de deux points due aux pertes des exercices précédents où des dépenses étaient nécessaires mais importantes pour préparer demain. Cette sanction a d’ailleurs pour effet de motiver encore plus les filles pour rester sur le podium.
Vous confirmez donc que le statut VAP pourrait être déposé pour la saison 2027-2028 ?
C’est l’idée, oui, si nous sommes de nouveau à la lutte en haut de tableau la saison prochaine, jusqu’au bout. Il faudra aussi bien sûr compter sur nos partenaires actuels, des nouveaux et des augmentations des aides publiques. Ceci concernera aussi, évidemment, les infrastructures, sujet prioritaire pour faire grandir notre club.
Demain, nous devons disposer d’une salle pour nous entraîner avec des bureaux pour regrouper l’ensemble du club dans un même endroit la semaine. Nous avons évalué ce projet autour des 2 M€, hors achat du terrain. Nous sommes bien sûr à l’écoute de tout investisseur privé ou public souhaitant nous rejoindre dans ce projet et étudierons toutes les solutions possibles pour pouvoir, si nous le méritions sportivement, arriver en D1 avec les meilleures conditions possibles.

Peut-on vous imaginer migrer vers une autre ville ou une autre salle ? Un rapprochement avec le club de Cesson, comme cela s’est fait ailleurs dans le handball à Nîmes ou Montpellier, par exemple, est-il une option à terme ?
Tout est imaginable. Ma seule priorité, c’est d’offrir du handball de haut niveau à Rennes. Après, l’histoire nous dira ce qui est possible, ou non. Aucune piste n’est fermée dès lors qu’il s’agit de faire progresser le club et cela passe par une salle d’entraînement digne du haut niveau, par une salle pour les matchs capable de nous accueillir avec un tracé et à sol unique, avec 40 mètres de panneaux LED. C’est le cahier des charges et il faudra le respecter.
« Offrir le handball féminin du meilleur niveau possible au territoire rennais »
Dans votre fonction de président, ou même depuis que vous êtes au club, vivez-vous votre meilleure saison ?
En 20 ans d’accompagnement du club, j’ai vécu de très bons moments, et de très belles saisons, au-delà des résultats, y compris dans les divisions inférieures en N2 ou en N1, où l’on a eu de sacrées équipes aussi. C’est souvent le résultat qui définit le plaisir mais nous en avons quand même pris très souvent !
Après, en termes de qualité, forcément, nous n’avons jamais été aussi bien classé en D2 donc cette entame de saison est très satisfaisante et réjouissante, c’est certain. Nous prenons tous beaucoup de plaisir à regarder l’équipe jouer, avec en plus, des victoires. Cela donne encore plus envie d’avancer et de faire progresser le club et je remercie pour cela nos salariés bien sûr mais aussi nos bénévoles, également en augmentation.
Estimez-vous encore progresser et apprendre à la présidence, et l’envie de continuer est-elle toujours là ?
Bien sûr, on progresse tous, tous les jours. On apprend, dans la défaite comme dans la victoire et la construction prend du temps. C’est comme être chef d’entreprise, il y a des moments plus difficiles que d’autres mais c’est le travail en équipe qui donne ce plaisir de se retrouver, de gagner. Depuis cette année, je suis aussi représentant des présidents à l’UCPHF pour la D2 et en apprend toujours plus sur le fonctionnement de notre sport. Ça me plait toujours autant et nous avons avec l’ensemble du club, je le répète, cette ambition d’offrir le meilleur handball féminin possible au territoire rennais.





