Tous les mois, Kévin Pinel, psychologue et coach mental passionné de sport, répond à nos interrogations autour du sportif et de sa spécificité mentale comme psychologique. La tête et les jambes, et un œil expert avisé pour aller plus loin. Ce mois-ci, petit tour du côté de l’arbitrage…
Un arbitre doit-il avoir une posture, quel que soit le sport, ou peut-il rester lui-même en match ?
La posture est indispensable, mais elle ne doit pas effacer la personne. Un arbitre qui “joue un rôle” se rigidifie, et cette rigidité se ressent immédiatement. Rester soi-même, ce n’est pas manquer d’autorité, c’est incarner une cohérence entre ce que l’on est et ce que l’on représente. L’autorité naît de l’alignement, pas du masque.
La gestion de l’agressivité des joueurs peut-elle être reçue et digérée sans préparation mentale ?
Difficilement. Sans préparation mentale, l’agressivité est souvent vécue comme une attaque personnelle. Elle s’accumule, fatigue, et finit par altérer la lucidité. La préparation permet de faire la différence entre ce qui appartient au joueur et ce qui nous appartient. Sans ce filtre, l’arbitre encaisse plus qu’il ne régule.
La pédagogie est-elle obligatoire pour se faire respecter ou une approche psychologique permet-elle de ne pas avoir à se justifier ?
On associe souvent le respect à la pédagogie.
Expliquer, justifier, argumenter, calmer.
Comme si un arbitre devait sans cesse prouver qu’il a raison pour être légitime.
Mais sur un terrain, trop expliquer peut parfois produire l’effet inverse.
Le respect ne vient pas toujours de ce qu’on dit, mais de ce qu’on dégage. Un arbitre qui se sent obligé de se justifier en permanence envoie, sans le vouloir, un message de doute.
Or le joueur, dans un contexte de tension, ne cherche pas une démonstration logique : il cherche un repère, un cadre, une stabilité émotionnelle.
C’est là que l’approche psychologique change tout.
Un arbitre qui a travaillé sur lui, sur ses émotions, sur sa gestion du stress et de la confrontation, n’a pas besoin d’élever la voix ni d’entrer dans des débats interminables.
Sa posture parle pour lui. Le calme, la cohérence et la constance deviennent des signaux de sécurité – même dans l’intensité.
Un cadre clair, ferme et humain à la fois
La pédagogie reste utile, bien sûr.
Mais elle est efficace uniquement lorsqu’elle est choisie, pas subie.
Quand l’arbitre explique parce qu’il le décide, et non parce qu’il se sent attaqué ou déstabilisé.
Sinon, expliquer devient se défendre. Et se défendre, c’est déjà perdre un peu de terrain psychologique.
Un joueur respecte rarement un arbitre parce qu’il comprend tout.
Il le respecte parce qu’il sent que la situation est tenue.
Que l’émotion est régulée. Que le cadre est clair, ferme et humain à la fois.
Au fond, l’objectif n’est pas de convaincre, mais de poser une présence. Et cette présence ne s’improvise pas : elle se construit intérieurement.
Parce que sur un terrain, comme dans la vie, on respecte moins les discours…que les personnes qui n’ont pas besoin de se justifier pour exister.
- En parallèle des sportifs et des sportives, Kévin Pinel accompagne également les particuliers et les professionnels avec un programme permettant de surpasser certaines barrières fixées par l’esprit : « Le Club Phoenix et l’accompagnement Mindset Phoenix t’aident à hacker ton cerveau, libérer tes émotions et reprogrammer ton mental pour réussir sans t’épuiser »






