Football – Ligue Europa. Match nul insipide pour le Stade Rennais mais invincibilité préservée en Europe contre l’Olympiakos

Mousa Al-Tamari
Mousa Al-Tamari, meilleur rennais sur le plan offensif, pas récompensé @Crédit Photo JRS

Un temps grisâtre, un air humide, et tristoune, et un horaire inhabituel. Un ciel bas, et gris… Puis un triple silence. D’abord, l’hommage pour Jésus de Miguel, joueur du CD Tenerife tragiquement décédé le 3 novembre 2026 lors d’un match de seconde division espagnole. Celui du RCK, ensuite, durant les quinze premières minutes de la rencontre, pour protester contre l’heure et le jour choisi pour le report du match (en raison des mouvements sociaux prévus ce jeudi).

Public
Le RCK a manifesté son mécontentement sans violence mais avec fermeté @Crédit Photo JRS

Le silence technique et tactique, enfin, sur le terrain : les 27 500 spectateurs présents ne retiendront pas grand-chose de ce match, si ce n’est les fautes à répétition des deux côtés et le laxisme de l’arbitre.

Ceci est le logo de Pigeault immo


Solidité défensive, stérilité offensive

Toujours alignés en 3-5-2, se muant en 5-3-2 en phase défensive, les Rennais ont fait preuve d’une belle solidarité. Appliqués et désireux de fermer les espaces dans l’axe, leur bloc compact a posé des soucis aux Grecs, alignés en 4-2-3-1, qui se présentaient avec une équipe remaniée (cinq des titulaires habituels étaient sur le banc au coup d’envoi), ceci sûrement en prévision du choc face au PAOK Salonique, dans quatre jours.

La première occasion du match est pour l’Olympiakos. Gustavo Puerta, excentré dans la surface, mettait à contribution Brice Samba, de retour de blessure (9’). Les Rouge et Noir, qui n’ont jamais dominé dans la possession, acceptent de laisser le ballon aux grecs, essayant de faire mal sur contre-attaque.

Oliveira
Une première réussie pour Gonçalo Oliveira @Crédit Photo JRS

Défensivement, on notera les très bonnes performances des 3 centraux (Rouault, Cresswell, et surtout Oliveira, titularisé pour la première fois ce soir) et de Mahamadou Nagida. Il faut attendre la 23′ et une tête pas assez appuyée de Cresswell pour frissonner un peu côté rennais. Mousa Al-Tamari, pas avare d’efforts, trouve ensuite le poteau après un magnifique contrôle de la poitrine (30’).

A deux minutes du repos, le Stade Rennais pense avoir fait le plus dur : sur un centre vicieux de Mahamadou Nagida, le latéral nigérian de l’Olympiakos Onyemaechi lobe son gardien, pressé par l’infatigable Al-Tamari mais le Jordanien est signalé hors-jeu. Repos et score nul et vierge…

Des changements sans effet

Au retour des vestiaires, le Stade Rennais met un peu plus d’envie et d’allant. Mais le verrou grec ne saute pas. Il en aurait fallu beaucoup plus pour marquer face à la deuxième meilleure défense d’Europa League (un but encaissé en trois matchs). Franck Haise opère quatre changements, sans effet : Rongier pour Szymanski, invisible (60’), avant de sortir Al-Tamari, Dia et Thomasson pour Ludovic Blas, Djaoui Cissé et Eliezer Mayenda (80’).

Ces remplacements impliquent un changement tactique avec un schéma avec une seule pointe mais ce n’est pas mieux, voire pire. La fin du match est encore plus hachée, et, à l’image du match, les 22 acteurs manquent de précision, de qualité technique et d’idées dans les derniers gestes pour espérer renverser le match ou amener un soupçon de frisson… A l’image du temps, un triste 0-0 boucle une soirée loin de ce que l’on peut attendre d’un rendez-vous européen, la faute aux deux équipes…

OMODA JAECOO

« Un bon point de pris… »

« Franchement, ce n’était pas un match plaisant à jouer, ni à regarder », confie ainsi Anthony Rouault après le match en zone mixte. Tout est dit, sans fioriture, avant plus de détails et de satisfaction côté coach, dans la foulée, en conférence de presse :  » Bien sûr que je préfère gagner les matchs, mais on s’est montrés très solides face à une équipe qui est plutôt habituée à jouer la Ligue des Champions. Je trouve que c’est un bon point de pris ce soir, face à un gros
morceau et après en avoir pris cinq face à Nice « 
.

Sur la copie rendue, peu au goût d’un public reparti bredouille en termes d’émotions, le coach ajoute :  » Ce n’était pas le match le plus plaisant, mais je préfère ça qu’un match plus ouvert où on en prend cinq »… Un entre deux pourrait tout de même être imaginé…

Ce match nul permet aux Rennais cependant, satisfaction de la soirée, de rester invaincu en Europa League. Lors de leur prochain match européen, les Rennais défieront Nec Nimègue, aux Pays-Bas, fin novembre, avec l’ambition d’enchaîner, enfin, un second succès.

Avant cela, dimanche, les « Rouge et Noir » vont tenter de garder cette solidité défensive, mais devront faire beaucoup mieux offensivement pour mordre les Dogues du LOSC, peu séduisants mais redoutablement efficaces cette saison, avec la probable intention de poser le bus et de piquer en contre, la marque Ancelotti. Au Stade Rennais, avant la trêve, de se faire du bien par le jeu et les points.

Andy NGuyen