Il est le gardien des buts cessonnais mais aussi celui d’un certain état d’esprit et d’une manière d’être irréprochable, inspirante. A 39 ans, Mate Sunjic en a vu d’autres et refuse de céder à une quelconque panique, sans nier la situation compliquée des siens. Entretien avec un capitaine bien décidé à redresser la barre ! (entretien réalisé avant la mise à l’écart de Sébastien Leriche, ndlr)
Alors que le club annonçait cet été vouloir se mêler à la lutte pour les Play-Offs, le classement indique aujourd’hui un tout autre bilan et une urgence de points pas vraiment attendue…
Le regard comptable sur notre situation actuelle, c’est vrai, impose un constat négatif. Il nous manque des points et nous ne sommes pas du tout à la place où nous voulons être. C’est indéniable.
Pour autant, je suis convaincu que nous avons encore tout à fait les moyens de redresser la barre et d’aller chercher ce milieu de tableau, la saison est encore longue. Il est hors de question de dramatiser, de tout jeter d’autant plus qu’il y a beaucoup de choses à garder de ce début de saison, une fois les résultats finaux des matchs mis de côté.
Comme lesquelles ?
Dans la quasi-totalité de nos rencontres, nous avons mené au score, été devant, que ce soit en première période comme à Saint-Raphaël, face à Sélestat et Chartres ou en seconde, comme face à Nîmes, Paris ou Limoges. Jamais nous n’avons été largués mais il nous a souvent manqué la maîtrise et la lucidité pour fermer la boutique et plier l’affaire quand nous le pouvions, excepté à Paris où le PSG a fait valoir sa supériorité sur la fin de rencontre.
Dans le jeu, il y a de très bonnes choses, des garçons qui se révèlent et performent et l’envie de bien jouer, de progresser. La continuité, aussi, avec l’an passé, avec un groupe qui a très peu changé.

« Mon métier, c’est d’arrêter les tirs, quoi qu’il en coûte ! »
Un groupe qui l’an passé, n’a jamais eu ou presque à évoquer le maintien. Comment expliquer cette inversion de dynamique ?
Déjà, le championnat est très relevé et plus homogène que jamais. En plus de dix ans, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu de tels résultats, des surprises à chaque journée ou presque. Tout le monde peut battre tout le monde et chaque match est ultra-disputé.
Pour le moment, nous ne sommes pas parvenus à faire basculer les choses pour nous. L’an passé, tout roulait, les victoires appelaient la confiance, les sourires, nous avions peu de blessures mais cette année, à l’inverse, nous n’avons jamais pu aligner deux matchs de suite la même défense.
Il n’y a pas de ligaments croisés ou blessure du genre mais plein de pépins, d’un match à l’autre…
Notre effectif est serré et chaque absence s’est ressentie. Ce n’est pas une excuse, toutes les équipes connaissent cela mais nous sommes obligés de considérer cela dans le bilan actuel.
L’efficacité semble également moins au rendez-vous défensivement et notamment pour toi et Jean-Emmanuel. Comment l’expliques-tu ?
Si l’on regarde les stats, oui, c’est incontestable. L’an passé, nous étions quasiment la meilleure paire de gardiens de la phase aller et cette année, ce n’est pas vraiment le cas. Je reste persuadé que nous pouvons redevenir les meilleurs, nous ne sommes pas devenus mauvais, du jour au lendemain. Ni nous, ni le reste de l’équipe.
Il faut juste travailler, intelligemment car attention, plus ne veut pas dire mieux. Si la défense est une affaire de collectif, je m’estime en revanche responsable de chaque but que j’encaisse. Mon métier, c’est d’arrêter les tirs, quoi qu’il en coûte. J’assume et pour le moment, je ne fais pas assez d’arrêts. J’entends cependant changer cela très vite.
On le sait, avec la victoire, la confiance et les arrêts, comme les buts marqués, reviennent. On gagne ensemble mais on perd aussi ensemble. Le sport est ainsi, une saison ne ressemble pas toujours à l’autre mais il s’agit de rester unis, encore plus quand les choses sont difficiles.
« La retraite ? Pour le moment, ce n’est pas un sujet… »
Comment le groupe vit-il au quotidien cette entame compliquée ?
Forcément, quand tu perds autant, ça rigole moins car nous sommes des compétiteurs, nous savons de plus que nous sommes souvent tout proches, sans réussir à nous récompenser. Pour autant, comme je l’ai dit, il faut être tous ensemble pour sortir de là, et c’est le cas. Nous avons un groupe de joueurs qui bossent et nous voulons faire tourner les choses. Tout le monde est embarqué sur le même bateau mais je suis optimiste, nous allons réussir.
Le calendrier de novembre ne s’annonce pas des plus simples…
Dans notre situation, peu importe qui est en face, on ne choisit pas de battre telle ou telle équipe. Que ce soit Toulouse, Dunkerque ou Montpellier, il va falloir prendre des points et sortir de ces matchs-là sans regret.
Il y en a un peu trop pour le moment et à nous de corriger le tir, de réduire nos temps faibles et d’être plus impactants encore dans nos temps forts. Je suis certain que ce groupe en est capable.
Tu es sous contrat jusqu’en 2028, où tu auras 41 ans. Et encore l’envie de jouer, de performer ? Sincèrement, je me sens en pleine forme. Je ne dirais pas que je suis au meilleur niveau physique de ma carrière mais vraiment, je suis très bien sur ce plan, j’ai la chance que mon corps suive et me permette de m’épanouir encore pleinement.
J’ai toujours la volonté de performer, d’être meilleur chaque jour et tant que je serai animé par cela, et disposant de toutes mes capacités pour cela, hors de question de penser à la retraite. Ce n’est pour le moment pas un sujet (rires) !






