Football – Europa Ligue : Rennes s’est fait peur mais s’impose contre Crète

Nagida buteur
Homme du match, Mahamadou Nagida a remis Rennes sur les rails @Crédit Photo JRS

Le coup n’est pas passé loin, du tout. Le coup de bambou, en l’occurrence, tant le Stade Rennais a flirté ce jeudi avec la correctionnelle, face aux anonymes de l’OFI Crète, 165ème au Ranking européen et illustre inconnu sur la scène des joutes continentales, tout proche de s’imposer en Bretagne…

Même si la prudence est toujours de mise en coupe d’Europe, tout autre résultat qu’une victoire aurait eu des allures de camouflet pour un club au moyen et désormais à l’expérience européenne ne permettant plus ce genre de loupés, surtout à domicile.

Avec son équipe quasi inchangée, si l’on excepte l’entrée d’Abdelhamid Aït-Boudlal à la place d’Anthony Rouault et celle de Ludovic Blas pour Issa Soumaré, tandis qu’Adrien Thomasson soufflait un peu sur le banc laissant Sebastian Szymanski démarrer, le Stade Rennais attaque plutôt bien sa partie.

Le RCK joue aussi sa meilleure partition avec un sublime tifo pour fêter le retour de l’Europe dans la capitale bretonne et une ambiance des grands soirs. Pour le match, c’est autre chose…

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Coup de froid sur le Roazhon Park…

Jouant haut dans le camp grec sans pour autant avoir de réelles opportunité, les « Rouge et Noir » ratent toujours autant les occasions d’être dangereux sur coups de pieds arrêtés et se font punir sur la première, et seule, sortie grecque dans le camp adverse.

Après une perte de balle d’Abdelhamid Aït-Boudlal, le jeu bascule à droite avec un centre de Nuss pour Fountas, seul face à Brice Samba, qui ajuste de la tête (10′, 0-1).

Ce fâcheux contre-temps n’empêche pas les Rennais de continuer à jouer haut, mais les prises d’intervalles ne sont pas bonnes et les dédoublements inexistants, ou presque. Seul Mahamadou Nagida, qui trouve la barre sur une frappe des 20 mètres (18′), semble capable d’impacter le mur grec dressé devant les buts de Christogeorgos.

Retourné de Mahdi Camara
Le retourné de Mahdi Camara, spectaculaire mais inefficace @Crédit photo JRS

Une frappe de Valentin Rongier à côté (21′) ou Esteban Lepaul au-dessus (38′) s’essaient mais cela demeure insuffisant et l’OFI Crète tient son braquage au repos.

La défense d’attaque !

Bien décidé à ne pas lâcher l’affaire, le Stade Rennais, qui compta jusqu’à 80 % de possession de balle en première période, 28 tirs pour un seul cadré, insiste lors de la seconde période.

Charlie Cresswell, de loin, s’essaie d’entrée (48′), Mahamadou Nagida (55′), Musa Al-Tamari lancé en profondeur ou encore Esteban Lepaul, une nouvelle fois hors cadre (70′) y vont aussi mais l’ensemble souffre de trop d’approximation et de mollesse pour trouver la récompense.

Celle-ci survient pourtant, finalement, à un quart d’heure de la fin. Joueur le plus remuant de la partie, Mahamadou Nagida profite d’une percussion et d’un ballon bien amené par Mousa Al-Tamari et remisé dans la surface par une petite talonnade d’Esteban Lepaul pour réussir un délice d’extérieur du pied gauche qui va se figer dans la lucarne. Un but magnifique, une récompense pour le joueur et surtout pour un public énorme, malgré le spectacle (76′, 1-1).

Les rotations d’effectifs effectuées par Franck Haise finissent par user le bloc grec, un peu perdu. La balle de match est pour Issa Soumaré, entré en jeu dix minutes plus tôt, parfaitement servi de la droite par Eliezer Mayenda. « Hellas », Christogerorgos sort un arrêt incroyable à sur la tête à bout portant et repousse l’échéance.

Celle-ci survient 120 secondes plus tard. Mahamadou Nagida, encore lui, perce dans l’axe et frappe fort. Le gardien grec repousse sur Abdelhamid Aït-Boudlal, qui du point de penalty, transperce tout pour le 2-1 !

But Ait Boudlal
Le gardien grec battu dans les arrêts de jeu, Rennes respire @Crédit Photo JRS

Fin de série et soulagement pour Franck Haise

Sur un fil, le Stade Rennais arrache trois points, précieux, surtout avant de se déplacer à Turin pour défier le leader de la compétition, la Juventus. Soulagement, aussi, du côté de Franck Haise, qui stoppe enfin une terrible série personnelle de 18 matchs sans victoire en Europa League : « Je me disais qu’il fallait que je joue seulement la Ligue des Champions, car c’est la seule que je pouvais gagner. Maintenant, je peux dire que j’ai gagné aussi en Ligue Europa (rires).

J’ai dit « Merci » aux gars. Quand j’ai vu la tête d’Issa sortie par le gardien à la 89e, je me suis dit : « Je vais laisser à mon staff les matchs de coupes d’Europe et je vais rester chez moi » s’amusait le coach rennais au micro de Canal+.Je suis compétiteur, donc oui, ça pèse forcément, ce n’est pas très drôle. Mais bon, je savais que je gagnais des matchs, sinon on ne se qualifierait pas en coupes d’Europe avec mes équipes.« 

Sur le match, le coach pose un regard pragmatique, conscient des limites une nouvelle fois montrées : « Cette victoire est venue tard mais on a gagné, je prends. Cela signifie que l’équipe est généreuse, persévérante. À part une erreur qu’on a vite payée qui a renforcé ce scénario prévisible… on a mis beaucoup de bonne volonté.

La présence dans la surface adverse était meilleure en seconde mi-temps. Leur projet était clair, donc il fallait en faire plus. Les gars l’ont fait jusqu’au bout avec Abde’ qui a commis une erreur, et qui nous offre la victoire. On a fait entrer du monde pour finir les occasions. On aurait pu finir avant avec la tête d’Issa. Ça a quand même compté de les user et on n’avait pas le choix.

BDO

Paris et Turin au programme

On a parfois manqué de justesse mais ce n’est pas facile de trouver les espaces. Je pense que je les verrai en regardant à nouveau le match. L’idée est qu’il faut tout faire un peu mieux pour mettre en difficulté ces blocs. Toutefois, nous mettons beaucoup de cœur.

Vous ne pouvez pas trouver de la verticalité face à une équipe qui défend à dix dans ses trente mètres. On a eu des occasions, des situations, beaucoup de tirs. Treize corners aussi je crois, vingt-cinq centres. On doit encore améliorer plein de choses, on le sait.« 

Une condition incontournable pour espérer un résultat positif à Turin jeudi prochain et avant, dimanche soir, à Paris face au PFC. Avec le même contenu, les résultats risquent fort d’être très différents même si l’essentiel est finalement assuré, comme en Ligue 1. Jusqu’à quand…?